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Le chat, son maître et ses deux maîtresses de Tanizaki

Le chat, son maître et ses deux maîtresses de Tanizaki
Le chat, son maître et ses deux maîtresses de Tanizaki

Cet ouvrage contient quatre récits : « Le chat, son maître et ses deux maîtresses », « le petit royaume », « le professeur Rado », « le professeur Rado revisité ».

Ce premier récit « Le chat, son maître et ses deux maîtresses » est Une comédie ou est présente La ruse et la manipulation des femmes. L objet de toutes les convoitises et les haines est une chatte nommée lily. Autour de cet animal, les passions se déchaînent : un maître faible et sans ambition plus passionné par Lily que par les femmes qui l entourent. Sa première épouse qui veut se venger du complot qui l a exilé de la maison, sa nouvelle femme par contre est jalouse de la chatte et craint la fourberie de première femme. Et par dessus la mère du maître qui essaye de tirer les ficelles. Continuer la lecture de Le chat, son maître et ses deux maîtresses de Tanizaki

Eloge de l’ombre de Junichirô Tanizaki


eloge de l ombre cd audio

Eloge de l ombre

Je remercie vivement Babelio Masse critique et les éditions Naive, collection « L’oreille des mots » pour m’avoir permis de découvrir ce livre audio, son interprète et son auteur. 

Un amateur de littérature, qui de nos jours veut lire un essai sur l’esthétique Japonais  se prépare à plein de déboire avec le livre audio…. (Aurait surement dit un célèbre écrivain japonais). 

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Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Le goût des orties de Tanizaki
Le goût des orties de Tanizaki

Dès l’incipit du roman, le ton est donné, Misako demande à son mari « Quelles sont vos intentions ? Irez-vous quand même ? » sans en obtenir une réponse tant soit peu précise. Misako et Kaname ne s’aiment plus, ils souhaitent divorcer, mais le courage manque à Kaname, il a un caractère inerte et passif. Il ne veut faire de la peine ni à son fils (qui se doute de quelque chose) ni à son épouse. Cette situation lui convenant, il se laisse flotter au gré du courant acceptant la liaison de sa femme avec son amant Aso. L’arrivée de son cousin Takanatsu va peut-être l’aider à avancer dans cette séparation, car il a déjà l’expérience du divorce. Continuer la lecture de Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki

Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki
Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki

Quatrième de couverture :

Ce recueil comprend deux nouvelles, deux histoires d’amour atteignant des profondeurs de tendresse et de cruauté rarement abordées par la littérature occidentale.
 » L’histoire de Shunkin  » relate la vie de Koto Mozuya, dite Shunkin, fille d’une riche famille d’apothicaires d’Osaka, et son histoire d’amour avec Sasuke, qui fut son serviteur, son élève et son amant durant toute sa vie.
« Ashikari  » est l’histoire de Oyu, jeune veuve ayant l’interdiction de se remarier afin d’élever son fils, et de Serizawa, épris l’un de l’autre mais contraints de ne partager qu’un amour platonique. Oyu persuade sa jeune sœur Oshizu d’épouser Serizawa, qu’elle aura au moins comme frère, et, devinant ses sentiments, celle-ci accepte volontiers pour rendre sa sœur heureuse.

Thème : amour, domination, infirmité, aveugle, jalousie

L’histoire nous est contée par une personne qui se rend dans un cimetière à la recherche de la tombe de Koto Mozuya, elle ne se trouve pas avec les autres stèles de la famille Mozuya. Et pour cause : ce narrateur va nous raconter l’histoire de Koto et de Sasuke: Une histoire d’amour cruelle.

A neuf ans, suite à une maladie Shunkin (Koto)  perd la vue. Elle abandonne la danse pour se consacrer aux instruments à corde. Fille préférée de ses parents, elle est particulièrement doué au Shamisen. Un jeune apprenti Sasuke devient son guide attitré. Il deviendra bien plus que son guide. Une relation multiple va s’initier entre ses deux personnes : Domestique/Maître, Elève/Professeur, Amants…. Sasuke supportera toutes les caprices de sa maîtresse par amour.

La seconde nouvelle est « Ashikari : une coupe dans les roseaux », qui se trouve également sous le nom « Le coupeur de roseaux, le traducteur est Daniel Struve, et dans la première édition Kikou Yamata. Ce qui nous donne deux traductions complètement différentes.

C’est en plus avec un grand plaisir que l’on peut lire une préface de Henry Miller qui a un faible pour la littérature japonaise. Je le cite : » Nous suivons ces récits tragiques avec notre coeur, plus qu’avec nos entrailles, car par la conduite des amants elles atteignent à des profondeurs de tendresse et de cruauté que la littérature occidentale n’a presque jamais atteintes ».

  • L’étrange spiritualité de Shunkin aveugle charme Sasuke, un apprenti. Il devient à 14 ans il devient son guide attitré. Plus que son guide : il se plie à une servitude amoureuse.
  • Sasuke est en apprentissage chez les Mozuya, à l’écoute des leçons de Koto ou de Shamisen il se prend à aimer la musique . Il apprend secrètement le shamisen dans un placard (dans l’obscurité pareil à Shunkin).
  • Shinge entend un soir d’hiver le bruit du shamisen, mais ne sait qu’y joue. Sasuke (15 ans)  est finalement découvert et doit jouer devant la famille Mozuya. Shunkin (11 ans) se propose de lui donner des cours contre l’avis de son père. L’apprentissage de Sasuke était sur le commerce et non sur le Shamisen. Des mois puis des années passent. Shunkin qui se montre d’une grande sévérité envers son élève y prend de la satisfaction (un plaisir inavoué).
  • Gratitude, dette de reconnaissance , il supporte la sévérité de Shunkin.
  • Les parents sont témoin de la méchanceté de Shunkin. Elle a maintenant 17 ans, et ils envisagent de la marier à Sasuke ( à cause de sa cécité). Elle refuse tout d’abord puis …. elle tombe enceinte mais ne dévoile pas le nom du père. On interroge Sasuke qui ne sait rien (mais les parents ont des doutes). Ils re questionnent de nouveau Shunkin : »Votre compassion me touche, je n’accepte pas l’humiliation de prendre pour mari un homme de basse condition ».  Shunkin accouche, l’enfant ressemble à Sasuke mais tout le monde nie. Les parents veulent faire adopter l’enfant .
  • Le bébé est adopté. La relation équivoque se poursuit serviteur/maîtresse, condisciple, amants.  Son professeur de musique meurt, elle ouvre alors son école accompagné par son serviteur Sasuke.
  • On insiste sur la propreté, le gout du luxe, de la beauté. Elle ne présente ni honte ni pudeur devant Sasuke qui pourvoit à ses soins.
  • Shinkun le traite comme un esclave , elle a une passion pour les oiseaux, un rossignol. Elle dépense sans compter pour ses plaisirs.
  • Shunkin pu vivre avec abondance grâce à l’affection et l’argent que lui donnait ses parents, mais ceux-ci viennent à mourir. On la trouve plutôt sadique, elle perd ses élèves. ceux qui restent sont surtout là pour sa beauté.
  • Elle se met alors un élève à dos, Ritaro. Etant de nature orgueilleuse et arrogante, elle finit par s’attirer des problèmes.
  • Elle se fait ébouillanter par un voleur, puis Sasuke devient aveugle suite à une cataracte. Maintenant défigurée, elle souhaite que plus personne ne puisse voir sa beauté disparut, même Sasuke.

Personnages :

  • Shunkin : Koto Mozuya, fille d’un apothicaire d’Osaka. Décédée le 14 Octobre 1887 à 58 ans, très belle, très doué dans les arts de la danse
  • Shinyo Kindai Shinshi, Nukui Sasuke dit Kindai décédé le 14 Octobre 1887 à 83 ans. Musicien aveugle
  • Vieille femme de Haginochaya : se rend sur la tombe de Shunkin 1 à 2 fois dans l’année
  • Yasuzaemon : chef de la famille Shunkin, père de Shunkin
  • Shigé sa mère eut 2 fils et 4 filles; Shunkin est la cadette
  • Shunsho : le professeur de musique, meurt l’orsque Shunkin à vingt ans
  • Ritaro : fils d’un marchand, libertin

Citations :

  • En plus de leurs rapports de maîtresse à serviteur, se nouèrent les liens qui unissent l’élève à son professeur.(42)
  • Autrefois, pour former les jeunes artistes, les professeurs se montraient d’une sévérité inimaginable, allant jusqu’au châtiments corporels.
  • « Notre maîtresse prétend que les alouettes et les rossignols lui sont plus dévoués que nous, disaient-ils. Ce n’est pas étonnant : ne les traite-t-elle pas mieux que nous ? « 
  • On assure même que sa méchanceté était intentionnelle et tendait à décourager ceux qui ne songeaient pas à travailler vraiment et que seul poussait chez elle le désir qu’elle leur inspirait… Les coups de la belle aveugle leur procuraient sans doute une étrange volupté ; il devait y avoir du Jean-Jacques Rousseau chez certains….

Divers :

Publié en 1933. Edition Stock, préface de Henry Miller

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Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Le meurtre d'O-Tsuya de Junichorô Tanizaki
Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Thème : amour, manipulation, perfidie féminine

Résumé :

  1. L’histoire débute dans la maison d’un prêteur sur gage, Shinsuke tient la maison alors que les patrons sont absents. Il est amoureux de leur fille, mais  la différence de milieux rend la liaison ou un mariage impossible. O-Tsuya le charme, lui propose de fuir ensemble. Shinsuke tente de résister, sachant qu’il doit tout à la famille de O-Tsu. Seiji ami de la famille d’O-Tsuya, qui côtoie les quartiers des plaisirs connaît la très grande beauté O-Tsu, il découvre leur amour et leur propose de jouer l’entremetteur. Le couple se réfugie alors chez Senji  qui leur promet de veiller sur eux jusqu’à ce que leurs familles respectives acceptent de consentir à leur mariage.
  2. Hébergé chez Seiji, Les jours passent bientôt une année, rien ne se passe concernant les prémisses des négociations en vue d’un mariage. O-tsu change auprès des geishas qu’elle côtoie, elle se plait dans ce milieu. Seiji annonce un entretien entre Shin et son père, O-Tsu veut être présente, mais Santa refuse ne voulant pas désobéir aux ordres Seiji. Santa et Sshinsu arrivent en retard au rendez vous. Seiji le saoule puis s’en va prétextant un rendez vous. En rentrant Santa tente de le tuer sur ordre de Seiji, mais il se fait occire par Shinsuke.  Il part à la recherche de O-Tsu, mais il ne trouve que la maîtresse de Seiji, tente d’obtenir des informations, mais celle-ci se moque. Il l’étrangle.
  3. Kinzo héberge Shin celui-ci lui narre ses péripéties, il promet de se livrer aux autorités une fois qu’il aura retrouvé et sauvé O-Tsu.Kinzo fait recherché O-tsu, il la retrouve, elle se fait appeler  Somekichi et travaille comme geisha. Shin parvient à la rencontrer, ils se racontent leurs mésaventures : kidnappé par Seiji, qui la courtise sans succès, puis racheté par Tokubei elle devient Geisha. Shin lui explique qu’il a tué deux personnes. Il souhaite expier ses crimes et que O-Tsu rentre auprès de sa famille, voir son père souffrant. O-Tsu ne désire pas quitter sa vie actuelle, ils se donnent trois jours ensemble avant de se quitter, puis O-Tsu embrouille Shin avec un rendez vous qu’elle doit honorer.
  4. O-Tsu et Tobukei font prévoient d’extorquer une personnalité de haut rang, Shin doit les retrouver déguisé. Il a encore des remords. Le plan ne fonctionne pas, Shin arrive à les sauver. On s’aperçoit alors de la vraie nature de O-Tsu.
  5. Scène finale : Kinzo vient rappeler sa promesse à Shin, Seiji se rapproche de O-Tsu …

Critique

J’ai lu avec plaisir ce petit roman de Tanizaki, qui traîne du désir, de l’amour et de la perfidie féminine. Cet amour porté par le jeune  Shinsuke le mène à commettre les pire méfaits afin de se rapprocher de l’être aimé O-Tsu. Ici l’amour rend bien aveugle, et fait oublier à Shinsuke toutes ses promesses, ses principes, ses valeurs. Naïf et aveuglé par son amour pour celle-ci. Shinsuke multiplie les méfaits, le rythme s’accélère au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture : « Il ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre ».

je m’interrogeais pour savoir jusqu’à quelle ruse peut aller la nature de O-Tsu pour sauvegarder ses intérêts, et manipuler Shinsuke… Bref une histoire d’amour tragique, de trahison et de jalousie, la fin évidemment n’a pas énormément de suspens.

Personnages

  • Harugorô : poissonier
  • Suruga-ya : prêteur sur gage à Tachibana
    • O-Tsuya : (O-Tsu) fille de la maison, très jolie, capricieuse
    • Shinsuke : (Shin) Garçon en apprentissage,
    • O-tami : servante
    • Shôta : commis, s’occupe des clients du magasin

    Seiji : chef d’une entreprise de batellerie, adepte du quartier des plaisirs

    • Santa : homme de main de Seiji (second couteau)
    • O-Ichi : sa troisième femme
  • Tokubei : Tenancier d’un établissement de Geisha
  • Kinzô : Relation du père de Shin, joueur professionnel
  • Serizawa : Guerrier de haut-rang
  • Sunamura : Relation de Tokubei

Citation :

  • Le corps de Santa, qui, à peine quelques instants plus tôt, riait, se fâchait, se démenait, était bizarrement silencieux, échoué là comme un débris de bois, et quand il se mit à tâter le bout des orteils, ce fut à la fois effrayant et ridicule. Ainsi, se dit-il, ce qu’on appelle un être humain peut être aussi pensé comme une ingénieuse machine aux curieux ressorts.
  • Non, il n’y avait rien qui surpassât l’état de geisha! Quoi de plus rafraichissant que de mener en bateau quelque jobard qui se laissaient plumer ! (77)
  • Shinsuke ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre.(112)

Le pont flottant des songes de Junichirô Tanizaki

Tanizaki
Tanizaki

Résumé

Le Pont flottant des songes est le cinquante-quatrième et dernier livre du Genji Monogatari. Le début de ce court roman raconte avec de nombreuses xxx à la poésie la vie calme de la maison. Le narrateur raconte sa petite enfance qui se superpose entre sa première mère, sa nourrice et sa seconde mère ( vers l’âge de huit ans), et jusqu’à l’âge de 12 ou 13 ans dort avec sa femme.La bonne retourne chez elle, elle apprend à Tadasu l’histoire controversée de sa mère. A l’âge de vingt-ans il aura un petit frère. Tadasu l’accepte mais sa mère n’est pas ’emballé’ d’avoir un enfant. Les parents font adopter Takeshi par le Shizu.ichino . Il apprend que son père est gravement malade, (tuberculose des reins), ce qui ne lui laisse que peu de temps à vivre. Tadasu comprend alors pourquoi Takeshi a été placé à sa naissance. Son père souhaite que Tadasu prenne un soin particulier au bien être de sa mère et se marie avec O-Sawa  (Sawako) (fille de Kajikawa, jardinier de la famille). il reste une condition à ce mariage est la suivante : si un enfant nait il devra également être placé. Le jour de la cérémonie avant mariage les membres de la famille semblent étrangement distant, froids et partent presque immédiatement. L’ancienne nourrice de Tadasu vient lui raconter les rumeurs : une liaison probable  de Tadasu avec Tsuneko, la possibilité que Takeshi soit le fils de Tadasu et de Tsuneko ( sachant que le mari était malade), que le mariage avec était arrangé et rendait service à tous car Sawako était née sous un signe néfaste. Le mariage a néanmoins lieu, Tsuneko décède après la piqûre d’un scolopendre (…) quelques années plus tard Tadasu divorce, déménage. Il reprend avec lui Takeshi et sa vieille bonne.

Critique: 

Pour moi, un ouvrage magnifique. Tanizaki est un écrivain qui traite sans détours le problème du désir sexuel. Dans le « Pont flottant des songes » en particulier on retrouve  les relations mère/fils et marâtre/ »fils » décrites de façon ambiguës, et je pense notamment à la scène dans laquelle Tadasu, jeune homme, tête les seins de sa marâtre. Ainsi que le rôle du père peut-être énigmatique. Mais tout est décrit de façon poétique, ou n’apparaît aucun signe qui pourrait paraître malsain, on ressent l’innocence de ce jeune adolescent, de sa culpabilité à un moment mais bien faible par rapport aux rumeurs qui l’entoure. Il s’en défend mais gardera quand même quelques doutes sur des agissements possible de la marâtre.

Personnages

La Maisonnée est composée :

  • Des parents (la mère « Chinu » meurt à l’âge de 22 ans, deux ans plus tard son père se remarie à Tsuneko, mais son père souhaite qu’elle prenne le nom de  Chinu)
  • Takeshi : petit frère, fils de Tsuneko.
  • le narrateur Tadasu ( âgé environ de 4 ans au début de l’histoire)
  • De la Nourrice : O-Kane
  • Trois bonnes

Citations/Extraits

  • Le milan plane, le poisson plonge.
  • Le parfum de ses cheveux, qu’elle nouait en chignon, effleurait mes narines. Je cherchais de mes lèvres le bout de son sein le prenait dans la bouche, le roulait sous ma langue. Sans rien dire, maman me laissait téter aussi longtemps que je voulais. (…). Tout en jouant sur son mamelon de la pointe de la langue, je tétais de mon mieux, et alors, ô bonheur ! j’en tirais du lait. Des effluves où cette odeur lactée se mêlait au parfum de sa chevelure
  • Je prenais ses tétons dans ma bouche, passant de l’un à l’autre, et j’essayais de les téter d’une langue appliquée, mais malgré cela, le lait ne venait toujours pas (47)
  • Graduellement, l’image de « maman d’avant » se confondit avec celle de « maman de maintenant ».(49)
  • Est ce que tu sais encore téter ? si tu crois que oui, tu peux essayer (70)

Lexique

  • fusuma :Porte à glissière de la maison japonaise traditionnelle, en papier opaque tendu sur un châssis de bois
  • scolopendre : Animal arthropode (Myriapodes chilopodes), au corps formé de 21 anneaux portant chacun une paire de pattes, plus couramment appelé mille-pattes.
  • ingambe: Qui se meut avec agilité.
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Svastika de Junichirô Tanizaki

Image

À l’image du svastika – une croix qui tourne – les quatre protagonistes de cette histoire tirent tour à tour les ficelles d’une véritable machination amoureuse et diabolique. Sonoko est follement éprise de Mitsuko, jeune bourgeoise ravissante, et entraîne dans cette passion son mari, Mister Husband, et Watanuki, pâle prétendant de Mitsuko. Sonoko rapporte ici tous les détails du complot à un grand écrivain, dans un immense monologue qui constitue le roman lui-même. Svastika, d’une extraordinaire perfection formelle, a paru pour la première fois au Japon en 1928.

Personnages :

  • M Kôtaro Kakiuchi : chercheur ou professeur , guère sociable (Mister Husband)
  • Mme Sonoko Kakiuchi (Epouse : suit des cours de Nihonga ( peinture), puis veuve , se fait appelé grande sœur, Sono par Mitsuko
  • Mlle Y : beauté qui pose comme modèle nue pour les cours de Nihonga.
  • Mitsuko Totkumitsu : publié dans les journaux (suit des cours de peinture occidental ), fille d’un grossiste en draps ( Mitsu, Claire)
  • Shunkô Tsutsui : Professeur de nihonga
  • Umé : la bonne de chez Mitsuko
  • Eijirô Watanuki : amant de Mitsuko ( surnommé  Gigolo-sans-aucun-risque )

Résumé :

1. Mme Kakiuchi raconte à son mari, ses cours de peinture. Son directeur qui remarque que le dessin de nu qui devait être celui de Mlle Y correspond à une autre personne, à Mitsuko en fait (élève d’un autre cours), qui semble encore plus belle.

2. Le directeur reproche encore à Kakiuchi que son dessin semble bizarrement éloigné du modèle. le directeur sohaite savoir sur qui s’est elle inspirée pour le visage qui est un canon de beauté, la disucssion mène à une dispute. Une rumeur apparait comme quoi elle aurait fait des avances homsexuelles à Mitsuko. Elles se rencontrent finalement et Mitsuko lui explique que c’est uun complot du directeur. Jaloux et cupide.

3. Elles se proposent d’assumer au grand jour leur intimité au grand jour en se rendant à Nara prochainement, mais pour terminer la journée elles vont au cinéma. Le mari vient comme d’habitude la raccompagner et la voit bien heureuse. Kakiuchi lui raconte sa journée,   la journée avec Mitsuko ainsi que les ragots qui les concernent. Son mari souhaite la rencontrer lors de leur déplacement à Nara. Le lendemain à l’école tout le monde est au courant de leur rendez-vous. Mitsuko remercie Kakiuchi, grâce à ces ragots elle échappe à un homme désagréable qui voulait l’épouser

4.La mère de Mitsuko a une conversation avec sa fille concernant des calomnies entendues.Elles passent la journée ensemble et dînent également, rentrent tard. Son mari semble triste d’être isolé.

5.Le portrait est achevé, et elle le montre à son mari, son mari propose de le faire encadrer puis d’inviter Mitsuko le voir. Elle en parle à Mitsuko qui est emballé, par contre elle souhaite que certaine parties du corps soient corrigés avant cela. Elle se propose de poser nue le lendemain chez elle. Elle découvre un corps magnifique, elle l’enlace et pleure : »ce que j’ai vu est si beau , que je pleure d’émotion« .

6.Elle perd le contrôle d’elle même, Mitsuko en prend peur, Sa beauté la rend folle, elle voudrait la tuer tellement son corps est beau, puis elles s’enlacent, s’embrassent, boivent leurs larmes. Son mari qui l’attendait au bureau l’appelle, elle lui raconte, il demande alors de retenir Mitsuko le temps de rentrer, afin de la voir. Mitsuko se propose de l’attendre, par contre elle devient maussade car sa journée merveilleuse va être profanée par un tiers. Mitsuko pouffe, elle elle est furieuse.

7. Elle montre les lettre qui ont été échangées avec Mitsuko et également celle qu’elle a pu récupérer. Les enveloppes sont de couleur criardes : Correspondance de deux femmes éprises l’une pour l’autre, elle raconte également sa dispute violente avec son mari.

8.Marié depuis peu, elle raconte avoir gardé l’innocence de l’enfance, naïve et timide. Aimé un homme en cachette de son mari aurait été mal, mais quelle importance lui semble t-elle l’amour entre deux femmes. Son mari commence a avoir des doutes, elle propose alors de se rencontrer chez Mitsuko. Elle par contre honte de son corps moins parfait. Un jour elles sont surprises par l’arrivée précoce de son mari, qui s’apercoit qu’elles ont aussi fait l’école buissonnière, ils prennent le thé, un malaise s’installe. Le doute essaye de faire place à  des explications qui deviennent orageuses : « tu t’es marié avec moi pour l’argent »

9.La dispute qu’elle a eu avec son mari renforce l’amour qu’elle porte a Mitsuko. Elles se voient sans crainte et partagent même leurs dîners avec son mari. Une soirée Mitsuko l’appelle de Osaka, elle s’est fait voler ses vêtements … incompréhension que faisait-elle là bas ?, Mitsuko lui demande de lui amener un kimono, un costume pour homme et un peu d’argents. Elle retrouve Umé sur le chemin et essaye de la faire parler.

10. Umé raconte les escapades de Mitsuko, ils arrivent enfin à l’hôtel, Eijirô l’amant lui raconte alors les faits. Il s’était engagé à se marier avec Mitsuko, mais promise à M, les ragots avaient permis de casser le mariage arrangé, et ils étaient resté amants. Mitsuko avait raconté son amour envers sa grande soeur.

11.Elle sert à tous les deux de xxxx  en téléphonant à leurs parents, les ramène en taxi à la gare et chez Mitsuko puis rentre chez elle avec une seule idée en tête : se venger. Plein de remords elle raconte la soirée à son mari se promettant de resté attaché à son mari jusqu’à la fin de ses jours.

12.Elle se retransforme en bonne ménagère, abandonne les cours. Plusieurs semaines passent, Un appel de l’hôpital concernant un ouvrage de contraception défendu prêté à Mme Nakagawa, via l’intermédiaire de Mitsuko, un accident grave a eu lieu, elle doit absolument se déplacer et allé rencontrer Mitsuko.

13.Mitsuko avoue alors que Mme Nakagawa n’existe pas , et que c’est elle qui est enceinte. Elle a essayé toutes les méthodes décrites dans son livre, et la prise d’une décoction lui a provoqué des hémorragies ..Les hôpitaux se refusent à l’opérer, sans un garant qui s’engage verbalement devant le directeur

14.Tout cela n’était qu’un stratagème de Mitsuko pour recommencer sa liaison. Elle tombe dans le panneau, ment à son mari et prend rdv avec Mitsuko le lendemain même.

15.Après s’être retrouvé, elle décide de retourner à Nara, puis à son retour se lance dans des explications les plus folles à son mari

16.Mitsuko semble se jouer d’elle, elle s’enfonce dans le gouffre des mensonges. Mitsuko arrange un rendez vous ou sera présent Watanuki, malaise entre elle et Watanuki.

17.Elle fait croire à une grossesse cachée à son mari pour voir Mitsuko, puis rencontre Watanuki, ils se sentent tous les deux joués il ne comprend pas pourquoi le mariage ne peut avoir lieu, Mitsuko est réellement enceinte mais le cache à grande soeur. Il y a une incompréhension autour des actions de Mitsuko

18. Comme la grossesse de Mitsuko l’aurait contraint au mariage, celle-ci le cache.Ils concluent que Mitsuko est orgueilleuse et qu’elle était triste si il n’y avait personne pour l’aimer, c’est pour cette raison qu’elle jouait entre grande soeur et Watanuki. Chacun se sent être le jouet de Mitsuko

19. L’amour  de la relation homosexuelle serait éternel, plus encore qu’un lien conjugal car contre nature . Ils se proposent de gommer la jalousie car l’amour homosexuelle est d’une nature différente. Ils se proposent de former un trio amoureux. Watanuki propose de sceller ce pacte via un serment écrit.

20. Somoko et Watanuki signent le serment avec leur sang. Mitsuko s’en aperçoit et des explications ont lieu avec Somoko. Mitsuko lui apprend qu’il est impuissant ( à cause des oreillons qu’il aurait attrapé dans sa jeunesse)

21.Watanuki est en quelque sorte asexué, il défend que le plus important est l’amour spirituel , il est fou d’amour pour Mitsuko, mais celle-ci ne veut pas se marier à cause de tout ce qui se dit à son sujet.

22. Watanuki continue avec ses arguments spécieux ( amour, suicide , désespoir, la presse de se marier, lui reproche son attente), il n’arrive qu’à éloigner Mitsuko. C’est à ce moment qu’arrive la proposition de mariage de la famille M. Mitsuko avait préféré à ce moment qu’elle est une réputation de lesbienne plutôt qu’amoureuse d’un « homme-femme ». Watanuki avait souhaité que Mitsuko rompe avec Somoko lors du vol des kimonos en apprenant sa liaison.

23, 24 .Watanuki lui reproche de lui avoir caché sa réconciliation avec Somoko via le subterfuge de la clinique. Mitsuko lui reproche d’avoir monté le vol des vêtements. La situation entre eux deux n’est que reproche. Somoko et Mitsuko se fond des confidences, et se sentent piéger par Watanuki

25.Kôtaro vient prendre des nouvelles de Mitsuko et de sa grossesse, sa femme qui est également présente ne sait que faire vue que Mitsuko n’est pas enceinte, elles cachent des serviettes pour faire croire à une grossesse d’environ 6 mois ..Or en rentrant Kôtaro demande des explications à sa femme, en effet Watanuki le rencontre et lui  parle du pacte signé, en lui demandant de tenir sa femme éloigné de Mitsuko pour ne  pas compliquer la demande de mariage.

26. Kôtaro explique alors tous les conversations qu’il a eu avec Watanuki, et le fait qu’il lui remette le serment. Watanuki lui demande de signer un reçu prouvant l’existence du document. Kôtaro demande à sa femme de lui remettre son serment.

27.Sonoko lui avoue tout, le serment, le fausse grossesse de Mitsaku, etc …Kôtaro souhaite expliquer la situation à la famille de Mitsaku mais Sonoko refuse en signifiant qu’elles se suicideront toutes les deux.

28.Sonoko est surveillé par son mari, il doit s’absenter pour son travail, Elle en profite pour appeler Mitsaku, celle-ci lui raconte le harcèlement de Watanuki, il exige un serment de sa part, mais Mitsaku refuse.

29.Sonoko et Mitsaku complotent de s’échapper

30,31. Le jour de la fuite arrive, elles prennent des somnifères en limitant la dose pour faire croire un suicide et simuler un coma.

32.Sauvé, Kotarô s’occupe de sauver déjà Mitsaku et sa famille du maître chanteur Watanuki, il arrange les affaires et rachète les preuves à Watanuki. Umé se fait licencier pour avoir caché ces histoires à ses patrons. Kotarô tombe amoureux de Mitsaku.

33.Sonoko, Mitsaku et Kotarô font couple à trois, Mitsaku leur donne des somnifères a tous les deux avant de dormir chaque soir, en augmentant la dose progressivement. « Il y avait dans l’esprit de Mitsuko  une tendance à mettre à l’épreuve les êtres pour vérifier jusqu’à quel point ils la vénéraient , et à en jouir ». Sonoko et Kotarô semblent à bout, livide , drogué. Des articles de journaux paraissent alors probablement de Watanuki pour se venger.  Umé est responsable de la parution dans les journaux de tous les détails de leur liaisons. Ils se suicident finalement Mitsuko et Kotarô meurent, il ne reste plus que la veuve Kakiuchi pour nous raconter l’histoire.

Critique :

Une relecture, je l’avais dévoré il y a bien longtemps, je le déguste maintenant. Je redécouvre une ou plusieurs histoires d’amour, de manipulations, de mensonges, d’homosexualité, de perversion, d’amour à trois, de masochisme, de beauté, de chair .
Le livres est découpé en petits chapitres, tel des petites scènettes mettant en scène des personnages avec leur amour, leur crainte, leur séduction, et leur désespoir.
L’écriture est fine, ambiguë, racontée par une des protagoniste Sonoko à la fois manipulatrice et victime consentante, qui nous transmet ses contradictions et ses envies. Sonoko en parle si bien, et avec tant de tendresse et de nostalgie.

Citations :

  • Sur mon tableau , le visage ressemblait au sien, mais le corps, évidemment était différent, puisque je m’étais inspirée de celui de Mlle Y., le modèle. D’ailleurs, en général les modèles de nihonga ont le visage plus beau que le corps : cette Mlle Y. n’avait pas un corps très attirant, elle avait une peau abîmé et olivâtre : un œil averti aurait mis entre sa peau et celle de Mitsuko autant de distance qu’entre l’encre et la neige
  • Même la glace de l’armoire clame qu’elle veut refléter ton image. Alors c’est sûr ? Demain, à midi, à l’heure de la récréation , je t’attendrais comme d’habitude.
  • Je me moquais moi-même de pusillanimité… Et puis, aimer un homme en cachette de mon mari aurait été mal, mais quelle importance qu’une femme s’éprenne d’une autre femme ? Un mari n’a pas le droit de critiquer l’intimité qui se développe entre deux femmes. C’est avec ce type d’arguments que je me berçais d’illusions…En réalité, mon amour pour Mitsuko était dix, vingt… cent, deux cents fois plus fort que celui que j’avais éprouvé pour cet autre homme.
  • -Je ne vois pas le rapport avec la notion de beauté. C’est plutôt une perversion sexuelle.

Lexique :

  • catogan : chignon bas sur la nuque
  • rets : filets
  • sororal : qui concerne les sœurs ( amour )
  • orchite : inflammation des testicules
  • moxa : instrument utilisé pour le traitement apparenté à l’acupuncture

Divers :

  • 6,7 heures de lecture / terminé le 18/02/2014

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