Archives pour l'étiquette souvenirs

Parfum de glace de Yoko Ogawa

Parfum de glace de Yoko Ogawa
Parfum de glace de Yoko Ogawa

 

Le compagnon de la narratrice, un parfumeur talentueux se suicide dans son laboratoire. Il concevait des parfums admirables. Ce drame arrive le lendemain de la création d’un parfum qu’il offre à sa compagne « Source de mémoire » pour leur première année de vie commune. Le suicide est étrange, il se suicide par absorption d’éthanol anhydre.  En se rendant à la morgue, la narratrice Ryoko découvre que Hiroyuki son compagnon avait un frère Continuer la lecture de Parfum de glace de Yoko Ogawa

Le musée du silence de Yoko Ogawa

 

Le musée du silence de Yoko Ogawa
Le musée du silence de Yoko Ogawa

Un univers un peu différent, dans ce roman d’Ogawa. En premier on remarque que le narrateur est un homme, et que l’action se passe dans un village isolé au bout du monde qui semble à la frontière entre la réalité et l’irréel.

 Un jeune muséographe embauché par une vieille femme ‘acariâtre’ dans un village au bout du monde doit organiser un musée ou seront disposés les souvenirs du village. Rassemblement d’objets qui caractérisent le mieux les personnes après leur mort. Il lui faudra donc cataloguer puis récolter les objets des défunts ( en les subtilisant, ou en les volant) . On part dans ce récit du réel pour s’éloigner peu à peu dans un monde fantastique. Ce narrateur dont le métier est la conception d’expositions pour les musées, et qui  a une parfaite connaissance et une grande expérience de ce milieu, se trouve à rassembler, cataloguer des objets qui possèdent une âme. Une incursion pas  pas dans un monde irréel, blanc, et muet.  

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Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick Modiano

"Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier" de Patrick Modiano
« Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » de Patrick Modiano

Des flashbacks,  une recherche sur une personne, des souvenirs, une mémoire défaillante ou une mémoire qui voulait oubliée . Une atmosphère pesante, des non-dits une enquête sur Dargane ?, des infos cachées ? Chantal qui est insistante, des rencontres la nuit pour avoir des informations, des menaces plus ou moins masquées.  Chantal le met en garde contre Gilles….

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Tsukushi de Aki Shimazaki

Tsukushi de Aki Shimazaki
Tsukushi de Aki Shimazaki

 

Tsukushi est le quatrième et avant dernier volume de la pentalogie du cycle « Au coeur du Yamato ». Le personnage central est Yûko Tanase, la mère de Mitsuba, que l’on avait laissé dans le premier volume marié avecTakashi Sumida. De nombreux liens se sont tissés dans cette pentalogie et s’entrecroisent. Nous allons avoir un aperçu de la vie de couple de Yûko avec le fils du riche banquier Sumida.  Continuer la lecture de Tsukushi de Aki Shimazaki

Tristes revanches de Yoko Ogawa

Tristes revanches de Yoko Ogawa
Tristes revanches de Yoko Ogawa

 

La spécificité de ce recueil de nouvelles, est qu’elles sont interconnectées, puzzle d’atmosphères, étranges et captivantes ; leur point commun : étrangeté et mystère, les femmes se vengent des maris ivrognes, des amants menteurs, de clientes réfractaires à leur art. Tous ces moments de vie sont racontés sont comme des lignes droites qui se coupent .Il y a toujours une présence morbide qui les entoure lors de leur intersection. Ces interconnections pourraient être un fraisier à la crème, une romancière, un train qui prend du retard, une carotte ou une photo, des tâches de sauce tomate   … Ces points communs sont propres à chacun, a sa sensibilité de lecteur.

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La mer de Yoko Ogawa

 

La mer de Yoko Ogawa.
La mer de Yoko Ogawa.

Encore un nouveau livre de Yôko Ogawa que je dévore : « La mer », celui-ci est un recueil de plusieurs nouvelles écrites en 2006 (Donc assez récentes). C’est un très bon recueil de nouvelles, on retrouve la poésie, tendresse, sensibilité, délicatesse, sensualité, souvenirs …. toutes les nombreuses qualités dont sont faites les romans et nouvelles de Ogawa. A lire…
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La séparation de Dan Franck

 

La séparation de Dan Franck
La séparation de Dan Franck

 

Un roman Superbe. Cette histoire démarre avec une petite contrariété lors d’une sortie au théâtre, le jeu des mains : je te prends la main, je la caresse, tu réponds, tu es froide et distante, un contact sensuel et la machine va remarcher !!! souvent,  l’on vit des moments identiques. Mais cette fois tout bascule insidieusement, doucement, impossible de résister. Puis le silence s’installe, l’incompréhension, le désir qui s’enfuit, les malaises qui amènent à la rupture. Le narrateur à beau se battre pour re construire le couple, il acceptera tout, mais tel face à un tsunami, il sera incapable de résister à la rupture.
J’ai découvert « La séparation » en lisant les critiques du roman « les fidélités » de Diane Brasseur. Donc c’est avec un peu de retard que je me penche sur ce roman. Il a reçu le prix Renaudot en 1991, j’ai été conquis par ce roman qui décortique petit à petit toutes les étapes douloureuses d’une liaison qui se finit, avec ces non-sens, ses incompréhensions, ses aigreurs et ses colères.
Ce roman est un bijou de justesse et de sensibilités. Je l’ai trouvé très émouvant.
Un roman magistral à conseiller, plein d’empathie. Chacun qui a connu une séparation ou des moments douloureux dans la vie de couple se reconnaîtra dans la situation décrite par le narrateur.
Un film a été tourné en 1999, réalisé par Christian Vincent. Le couple est joué par Isabelle Huppert et Daniel Auteuil.

Citations

  • Sa femme seule l’intéresse. Il lui porte une attention inversement proportionnelle à celle qu’elle lui témoigne. p21
  • Il souhaite comprendre, mais comprendre quoi ? Elle se dérobe sans cesse
  • Il se demande ce qu’il a fait, ce qu’il n’a pas fait, ce qu’il aurait du faire, ce qu’elle attendait et qu’il n’a pas donné.  p27
  • Il craint par dessus-tout qu’elle n’accepte que pour lui, non pour elle.
  • Il refuse cinéma et théâtre, une fois suffit. De même que tous les lieux où une promiscuité trop grande lui appellerait les gestes de naguère. p35
  • Il se contente de ce qu’elle lui laisse.
  • Il s’est dit que quelque chose clochait entre eux; qu’elle percevait le négatif avec beaucoup plus d’acuité que le positif. Mauvais présage dont il n’a pas tenu compte. p41
  • Tu ne m’as pas mis devant un fait accompli mais devant la possibilité du fait. p50
  • Chacun sait qu’une rencontre, c’est le risque de la vie, et une médiocrité, le danger de la survie. p57
  • On l’intronise dans la confrérie de l’anxiolytique. Il appartient désormais aux Compagnons du Lexomil. p59
  • J’attends quelque chose mais je ne peux pas te dire quoi. p74
  • Et s’est dit que la patience n’était pas la mère des vertus mais celle du masochisme. p124

 Divers:

Titre:La séparation
Auteur: Dan Franck
Année de publication: 1991

Éditeur: Seuil
prix Renaudot 1991
Note : ***** (4.4/5)

Etranges rivages de Arnaldur Indriðason

 Étranges rivages  Étranges rivages de Arnaldur Indridason
Étranges rivages
Étranges rivages de Arnaldur Indridason

Une partie de la saga de l’inspecteur Erlendur. Ce récit se passe pendant ses vacances. Il retourne dans la maison de son enfance. C’est vrai que l’on ne rencontre plus beaucoup d’homicide à Reykjavik en ce moment. Le volume précédent est Hypothermie, et les policiers semblaient être au chômage. Dans les régions sauvages des fjords de l’Est, Erlendur va être hanté par les fantômes de son passé. Son petit frère disparu lors d’une tempête de neige lorsqu’il avait une dizaine d’années, le tourmente. Il ressent une culpabilité dans ce drame.

Dans cette même région, au milieu de la seconde guerre mondiale, une patrouille de soldats britannique s’était perdue  dans la lande pendant une tempête. Une jeune femme Matthildur avait également disparu. Tous les britanniques avaient été retrouvés, mais pas cette jeune femme. La disparition de cette personne lui rappelle son petit frère, il va essayer de mener une enquête sur cette disparue : pour chasser les fantômes du passé, et enterrer les disparus. Erlendur va fouiller le passé, à la limite de la légalité, afin de pouvoir faire le deuil des disparus.

C’est lentement que nous avançons dans cette enquête qui nous mène dans les landes glacées. Les fantômes et les légendes islandaises nous accompagnent. La culpabilité et le deuil impossible vont accompagner tous les protagonistes de ce polar en quête de vérité.

C’est toujours avec plaisir que je suis les pérégrinations d’Erlendur, policier tourmenté avec une vie familiale compliquée.

Personnages :

Famille de Matthildur 'Etranges Rivages'
Famille de Matthildur ‘Etranges Rivages’

 

Citations :

  • Et je me suis mis à réfléchir sur la vengeance, sur ce qui conduit les meilleurs des hommes à commettre les pires atrocités. Sur la manière dont les gens peuvent se rendre coupables de crimes horribles pour se venger.
  • Vous connaissez l’histoire de cette femme qui s’est perdue sur le chemin qui franchit les failles de Hraevarskörd ?
  • Erlendur, les flics ne sont pas là pour sauver les âmes, avait objecté Marion, pour cela nous avons les pasteurs.
  • Son objectif n’était pas de sanctionner. Son but n’était pas de remplir les prisons de désespérés. Ce qu’il voulait, c’était découvrir la vérité dans chacune des enquêtes qu’il menait. La seule chose qui lui avait toujours importé était d’obtenir les réponses aux questions qu’il se posait. De découvrir ce qui s’était perdu, avait été oublié et que personne avant lui n’avait jamais trouvé.
  • toutes sortes d’histoires de revenants liées à la femme de Jakob, disparue quelques années plus tôt. On disait qu’elle était entrée dans le cercueil avec lui. On disait qu’elle le persécutait.
  • Personnellement, je n’ai rien à voir avec tout ça, je voulais simplement atteindre le fond des choses. — Mais… vous travaillez dans la police. Vous n’avez pas le devoir de… ? — Le devoir est une notion complexe, observa Erlendur.

Divers

  • Titre original : Furðustrandir – Étranges rivages (2010) / trad. de l’islandais par Éric Boury
  • Ebook : 7.8 heures de lecture, 23 minutes par session, 598 pages, 1.3 pages/minute
  • Note : ***** (4/5)

Autres Ouvrages

Le Duel  -  Arnaldur INDRIDASON
Le Duel – Arnaldur INDRIDASON

Amours en marge de Yoko Ogawa

Amours en marge de Yoko Ogawa
Amours en marge de Yoko Ogawa

 

Critique, avis :

La narratrice, une jeune femme de 24 ans mariée est hospitalisée dans un service O.R.L. à la clinique F. pour des problèmes d’audition « mes bourdonnements, provenaient d’un abîme » .  (Peut-être ce même bourdonnement que l’on retrouve dans la nouvelle « Les abeilles » ) Puis invitée lors d’une table ronde, chaque participant nous conte ses problèmes d’oreille ainsi que la relation qui pourrait exister avec des évènements de leur vie : une rupture, un décès. Lors de cette conférence elle croise le regard de Y, mais plus que le regard elle est attirée, subjuguée  par les doigts de Y. qui sténographient tous les échanges de cette table ronde.

Puis l’histoire se porte sur cette fascination que porte cette jeune femme pour les dix doigts de Y.. Puis cet attrait pour ces doigts longs, soignés, graciles et magiques va peu à peu se transformer en amour, un amour chaste. Y. se plie aux demandes de la jeune femme de ‘rencontrer’, ‘prendre en main’ ses doigts, de le voir sténographier des moments de sa vie. Y. reste toujours en retrait de ses doigts. « Il savait très bien que ce n’était pas à lui que je m’adressais. Je parlais pour ses doigts »

Cette relation amoureuse complexe est indicible, car elle met en scène des doigts de Y et non l’individu en lui-même. Il(s) se plient à cet amour. Les dix doigts  vont retranscrire la mémoire et les souvenirs de la jeune femme. Mais ces retranscriptions sténographiées de souvenirs seront emportées à chaque fois par Y. et conservées et classées précieusement, elle ne pourra pas en garder trace.

Je reste face à des  questions : Quelle est la part du réel de la réalité, à part Hiro personne n’est nommé. Quelle réalité auront ses transcriptions de souvenirs ?. Y. existe-t-il ou est-il un rêve, un souvenir ?, Y a -t-il un rapport entre le marquis et Y. Quel est cet étrange tâche sur la main de Y ?

J’ai ressenti énormément de sensibilité, cela m’a même ému à certains moments. La poésie est omniprésente, la délicatesse extrême : « Au moment où, ayant bien erré sur la mer du sommeil, poussé par un lent courant j’abordais le rivage de l’éveil ». Tout est écrit en douceur tel le bruit délicat d’un flocon de neige qui se laisse tomber.

Le roman peut paraitre parfois lent,mais il captive, envoute. il se mue doucement en conte fantastique.

Je poursuis ma découverte de Ogawa …

Thème : Amour, Mémoire, Souvenirs, Oreille, Doigts

Synopsis :

  1. La narratrice, une jeune femme de 24 ans mariée est hospitalisée dans un service O.R.L. à la clinique F. pour des problème d’audition « mes bourdonnements, provenaient d’un abîme » . Lors d’une table ronde, chaque participant nous conte ses problèmes d’oreille ainsi que la relation qui pourrait exister avec la vie : une rupture, un décès. Lors de cette conférence elle croise le regard de Y.
  2. Après la sortie de la table ronde, elle se fait de nouveau hospitalisée. Son mari vient la voir après quatre mois d’absence. Sur un carnet de croquis, son mari à rempli des pages d’écriture pour sa femme  : « Sur ce genre de placards, la vérité est toujours proclamée, mais je ne sais pourquoi, c’est un vérité qui n’arrive pas jusqu’à l’âme ». Il a préparé une déclaration de divorce, et la laisse à sa femme. Dernière page du carnet « Au revoir ! » avait-il écrit. « Tu as l’intention de vivre avec elle ? », un murmure qu’elle prononce et qui résonne comme un écho pour elle.
  3. Souvenirs : elle se rappelle du cornet acoustique de Beethoven vu dans un musée. Y le sténographe vient la voir, afin de lui faire corriger les notes prises lors de la table ronde. Une envoutante alchimie se dégage « Il  utilisait souvent des sourires à la place des mots. Des sourires simples, qui ne dissimulent rien » p38, « des mots écrits qui apportaient une paix agréable à mes oreilles, p41 ». Elle lui demande voir sa main droite, il lui donne sa carte de visite et part.  
  4. L’automne se finit, elle quitte la clinique F., dépose la déclaration de divorce à la mairie puis se rend chez elle. L’appartement est dépouillé il ne reste que ses affaires. la pluie lui rappelle un garçon de treize ans qui joue du violon, le même qu’elle avait rêvé au musée. Hiro passe la voir et lui donne de l’argent de la part de son oncle.
  5. Plus tôt, au printemps « je me suis aperçue de la trahison de mon mari » . Son mari lui coupe les cheveux , une appréhension, une atmosphère, le mouvement de ses doigts. Son mari lui confirmera ses soupçons trois semaines plus tard.
  6.  Elle téléphone à Y, ils se retrouvent dans le vieil hôtel de la conférence. Ils déjeunent. Les sens sont en éveil le jasmin qui soigne un enfant : »Nos paroles avaient été absorbés par le parfum« .
  7. Elle passe un entretien d’embauche dans une meunerie, mais n’est pas prise. Hiro la rappelle. Il  l’informe que son ex s’est remarié à une fleuriste, que la cérémonie a eu lieu dans un restaurant Thaïlandais. Elle va acheter des fleurs pour voir la nouvelle femme de son mari, achète des pavots puis les donne au gardien de l’ambassade.
  8. Le bourdonnement revient, elle classe les bruits en plusieurs catégories. Retourne voir le médecin chercher des médicaments . Y. la croise, la jeune femme est obnubilée par les mains de Y. « Je sentais avec certitude que c’était important à ce moment là de passer le plus de temps possible avec Y. p100 », « Pourriez-vous me prêtez vos doigts pour mes oreilles ? p103 »
  9. Y se rend chez le jeune femme, puis va transcrire les bourdonnements d’oreille, boivent du vin et parlent de gants tricotés. Il neige.
  10. Hiro et Y. téléphonent, ils vont déjeuner tous les trois. Hiro est curieux de connaître des secrets. Ils lui offrent des cadeaux pour son anniversaire, Y du parfum « Je l’ai fait préparer pour qu’il soit à votre image, dit Y (118) »
  11. A la fin du repas, trop de neige pour avoir un taxi, ils se dirigent vers le métro « …Pourquoi, lorsque j’étais avec Y., autour de nous tout était calme, oui , comme si nous nous trouvions derrière une oreille, cet endroit oublié de tous ? p122 ». « J’ai serré fermement la main de Y, lui confiant mon corps », 131
  12. « Il savait très bien que ce n’était pas à lui que je m’adressais . Je parlais pour ses doigts » 138, elle lui demande une feuille sténographié, mais il refuse car c’est pour lui un fragment de mémoire. ( Il conserve toutes les transcriptions dans une pièce, classé). Elle essaye de le retenir mais il veut rentrer : Elle  » Je souhaitais seulement offrir cette nuit a ses doigts et à moi , 139″
  13. Elle repasse à l’hôpital puis à l’hôtel, s’attend à rencontrer Y. mais il n’est pas là. Un manque , elle prend un bus au hasard pour se rendre au musée ou ils s’étaient rendus tous les trois. Mais arrive à un laboratoire de pisciculture, perdue, elle appelle Y. pour qu’il vienne la chercher. Y arrive et ils visitent le musée. Sa maladie ressemble à un poisson pélagique.
  14. Elle a prise une dose trop importante de médicaments (suicide ?), se sent mal. Hiro passe et l’aide, Y. le remplace après, elle est alitée.
  15. « Tu as l’air de bien dormir alors je rentre. J’ai eu du mal à détacher mes doigts de tes bras. On aurait dit que dans ton sommeil, ils voulaient les garder prisonniers à l’intérieur de ton corps. Cela m’a fait penser à une liane incrustée dans un vieux tronc d’arbre, impossible à enlever. Les marques que tu as laissées sur mes doigts sont restés longtemps avant de disparaître. J’ai tiré assez fort pour réussir à dégager mes doigts, mais cela ne t’a pas réveillée. Tu dormais doucement. La forme de mes doigts est restée en creux sur ta poitrine. Tu as continué à serrer ce creux entre tes bras. En voyant cela, je ne sais pas pourquoi, j’ai été ému. J’ai voulu te réveiller pour te dire quelque chose. Mais en fait aucun me venait. Je vais revenir très vite« . 164
  16. Elle se rend au centre de publication des procès verbaux, association de sténographie. Il n’y a rien qu’un dépôt de meuble à l’adresse indiqué sur la carte de visite de Y. Dans le magasin d’antiquité un cadre avec une photo : le garçon de treize ans qui jouait du violon, le balcon et Y. (Vision, obsession ?)
  17. Elle retourne difficilement chez elle, Y arrive, pour transcrire ses souvenirs. « Tu t’es égaré dans les méandres de ta mémoire. En réalité, ta mémoire devrait s’entasser derrière toi. Mais par inavertance, elle s’est frayé un chemin à travers tes  oreilles et elle est passée devant toi. A moins que ce ne soit toi, au contraire, qui aies fait un pas en arrière;  Je ne sais pas plus que toi ce qu’il en est en réalité, mais il ne faur pas t’en inquiéter. Parce que ce n’est rien de plus qu’une légère distorsion entre toi et ta mémoire » 186.
  18. Elle se rend au cabinet de consultation, elle est guérie. Elle repart avec Hiro, laissant la clinique F. silencieuse

Personnages

  • Hiro: fils unique de la soeur aînée de son mari.

Lexique :

  • Noctiluque : Qui a la propriété d’émettre dans l’obscurité une lueur phosphorescente
  • Meunerie : Industrie de la fabrication des farines

Citations:

  • Les sons ne m’arrivent pas correctement, ils résonnent comme des aboiements. Finalement, c’est comme si je n’entendais rien. En fait, j’entends mieux les sons faibles parce qu’ils résonnent moins. (28)
  • Je suis sûre que les hommes disent beaucoup plus de mots qu’ils n’en pensent. Ils utilisent des conjonctions qui n’ont pas de signification, répètent la même chose. 43
  • Lorsque l’autobus est sorti lentement de la neige. On aurait dit un gros mammifère recouvert de fourrure blanche 124
  • Il a posé sa main sur mes cheveux, a passé une mèche derrière mon oreille. 126
  • De temps à autre, un paquet de neige tombait d’une branche comme un chat blanc. 130
  • Je pense que mes oreilles sont à la recherche de choses sans épines. Elles ont soif de souvenirs qui reçoivent la caresse de l’écoulement du temps, dont toutes les ronces ont été enlevées, de souvenir doux au toucher qui ne trahissent jamais de souvenirs qui n’égratignent pas et ne provoquent pas de douleur. Je crois que mes oreilles ont été blessées beaucoup plus que je ne le pensais. Je crois qu’elles essaient de se guérir par elle-mêmes (160)
  • Le temps que je passe avec toi sera-t-il ainsi enfermé un jour ? (160)
  • Au moment où, ayant bien erré sur la mer du sommeil, poussé par un lent courant j’abordais le rivage de l’éveil, je me suis enfin aperçue de sa présence. (167)

Divers:

  • Amours en marge (余白の愛 Yohaku no ai, 11/1991; Actes Sud 2005; roman)
  • Lu le 20/03/2014, prêt bibliothèque du KB
  •  Notes : *****

Dur, dur de Banana Yoshimoto

dur dur de Yashimoto Banana
dur dur de Yashimoto Banana

Thème : surnaturel, mort, forces occultes, amour, souvenirs,

Deux nouvelles « Peau dur » et « Coup dur ».

La première nouvelle nous plonge rapidement dans le thème du surnaturel, des force occultes, de la mort. Tout ce cheminement dans cette obscurité est causé par le ressenti de la perte d’une amie proche. La narratrice lors d’une randonnée s’approchera d’un sanctuaire d’ou émane des souffrances, d’une rencontre avec un fantôme dans un hôtel. Elle même semble  appartenir plus au monde des ténèbres que celui des vivants, tant elle est emprunt de vision de l’au delà, entouré de fantôme du passé.  Plusieurs incendies à priori sans relation la suivent également.

L’écriture est emprunt de poésie, on retrouve de la tendresse, de la douceur, compassion  dans cette deuxième nouvelle. La fin de vie, du ressenti des proches, et du vide qui va être causé par la mort d’un être proche. On retrouve la symbolique de l’automne qui accompagne cette disparition.

Synoptique :

  1. Le petit sanctuaire: la narratrice fait une randonnée, ses pas s’alourdissent. Elle se s’en retenue par des forces occultes. Elle se remémore sa liaison avec une femme.
  2. L’hôtel:
  3. Le rêve: C’est plutôt une suite de cauchemars concernant Chizuru
  4. La visiteuse : Elle ouvre à une inconnue qui est sortie de sa chambre, après une dispute avec son amant. Lui raconte ses déboires: Sa vie avec Chizuro, qui  est hypersensible, manique, ne dort pas, chuchote aux revenants. Cela déteint. Une fois quitté l’appartement, elle apprend par une amie qu’un incendie à eu lieu et que Chizuru est décédée, elle lui semblait pourtant l’avoir eu au téléphone . L’autre lui parle de suicide raté, elle prend peur et se rend à la réception demander la clé. Elle est la seule cliente de l’hôtel, on lui annonce qu’il y a effectivement eu un double suicide mais elle n’a vu que la femme décédée, l’amant s’en est sorti.
  5. La pièce aux tatamis : elle semble déclencher des incendies partout où elle passe. Elle semble entouré de fantômes . La femme de la réception lui raconte les évènements, puis lui propose de partager un futon de sa chambre. Elle s’endort.
  6. Encore un rêve: Elle se retrouve dans l’appartement de Chizuru, du brouillard…
  7. La lumière du matin: Elle retourne dans sa chambre prendre ses affaires, deux verres sur la table, paye puis se dirige vers la gare.

Champ lexical : ensorcelé, étouffé, triste, chagrin, morne tristesse, larme, noir des ténèbres, froid, crasseux, remords, pleurer, exorcisme, état lamentable, yeux rouges tout gonflés,  teint diaphane…

Coup dur :

  1. A propos de Novembre :La soeur est dans le coma, suite à une hémorragie cérébrale.
  2. Les étoiles : On va débrancher sa soeur, elle va chercher les affaires de sa soeur dans son entreprise.
  3. La musique :On a débranché la machine de sa soeur, accompagné au crématorium, le vide apporté après la disparition de sa soeur. elle est sous le charme de Sakai ( qui aurait été le frère de son beau-frère)
  4. Raconte les quelques jours avant son hémorragie, son coma, son mariage annulé, de l’amour . les souvenirs qui les accompagnent pendant son coma (nostalgie d’un passé heureux et insouciant )

Citations :

  • Mais ce sont les vivants qui me font le plus peur. Comparés à eux, les lieux, même les plus redoutables, ne sont que des lieux, les fantômes, même les plus effrayants, ne sont que des morts. J’ai toujours pensé que, pour inventer le pire, l’homme n’avait pas son égal. (p17)
  • Et puis, quand je vois des gens normaux, ça m’angoisse : j’ai l’impression que c’est moi qui suis un peu fêlée.(49)
  • Dehors s’étendait un brouillard presque palpable, aussi épais que du lait (50)
  • « Tu sais on va bientôt débrancher l’assistance respiratoire », a-t-il dit, à peu près du même ton qu’il m’avait annoncé autrefois: « Pochi est mort ». Pochi était son chien préféré, on l’avait eu à la maison pendant des années. Ca montrait bien la profondeur de sa tristesse (114)
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