Archives pour l'étiquette séparation

Les tendres plaintes de Yoko Ogawa

Les tendres plaintes de Yoko Ogawa
Les tendres plaintes de Yoko Ogawa

 

Une femme, Ruriko quitte le domicile conjugal pour un chalet familial dans la montagne. Elle veut mettre de la distance avec son mari infidèle qui la blesse. Calligraphe de profession, elle a prévu d’achever sa dernière commande, la biographie d’une très vieille dame anglaise qu’une longue suite de tragédies ont finalement menée au Japon. Dans ce chalet elle va faire la rencontre de deux êtres Nitta facteur de clavecin, et Ruriko son assistante. Ruriko va tomber sous le charme de Nitta 

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Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Le goût des orties de Tanizaki
Le goût des orties de Tanizaki

Dès l’incipit du roman, le ton est donné, Misako demande à son mari « Quelles sont vos intentions ? Irez-vous quand même ? » sans en obtenir une réponse tant soit peu précise. Misako et Kaname ne s’aiment plus, ils souhaitent divorcer, mais le courage manque à Kaname, il a un caractère inerte et passif. Il ne veut faire de la peine ni à son fils (qui se doute de quelque chose) ni à son épouse. Cette situation lui convenant, il se laisse flotter au gré du courant acceptant la liaison de sa femme avec son amant Aso. L’arrivée de son cousin Takanatsu va peut-être l’aider à avancer dans cette séparation, car il a déjà l’expérience du divorce. Continuer la lecture de Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Une vie de chien de Bui Ngoc Tan

Une  vie de chien de Bui Ngoc Tan
Une vie de chien de Bui Ngoc Tan

Une découverte en fait, car je n’ai lu que peu d’écrivains vietnamien, à part Anna Moï la littérature vietnamienne n’a que peu de promotions. Ici  dans ‘Une vie de chien’, Bui Ngoc Tan nous offre sept nouvelles qui mettent en scène des gens et des vies du quotidien. Certaine se passent pendant la guerre avec les US. Ces nouvelles mettent en scène un gardien de prison,  un propriétaire de chien, des détenus, une fille de joie, … Ces nouvelles sont de longueur inégales, mais écrites dans un style simple. Continuer la lecture de Une vie de chien de Bui Ngoc Tan

La séparation de Dan Franck

 

La séparation de Dan Franck
La séparation de Dan Franck

 

Un roman Superbe. Cette histoire démarre avec une petite contrariété lors d’une sortie au théâtre, le jeu des mains : je te prends la main, je la caresse, tu réponds, tu es froide et distante, un contact sensuel et la machine va remarcher !!! souvent,  l’on vit des moments identiques. Mais cette fois tout bascule insidieusement, doucement, impossible de résister. Puis le silence s’installe, l’incompréhension, le désir qui s’enfuit, les malaises qui amènent à la rupture. Le narrateur à beau se battre pour re construire le couple, il acceptera tout, mais tel face à un tsunami, il sera incapable de résister à la rupture.
J’ai découvert « La séparation » en lisant les critiques du roman « les fidélités » de Diane Brasseur. Donc c’est avec un peu de retard que je me penche sur ce roman. Il a reçu le prix Renaudot en 1991, j’ai été conquis par ce roman qui décortique petit à petit toutes les étapes douloureuses d’une liaison qui se finit, avec ces non-sens, ses incompréhensions, ses aigreurs et ses colères.
Ce roman est un bijou de justesse et de sensibilités. Je l’ai trouvé très émouvant.
Un roman magistral à conseiller, plein d’empathie. Chacun qui a connu une séparation ou des moments douloureux dans la vie de couple se reconnaîtra dans la situation décrite par le narrateur.
Un film a été tourné en 1999, réalisé par Christian Vincent. Le couple est joué par Isabelle Huppert et Daniel Auteuil.

Citations

  • Sa femme seule l’intéresse. Il lui porte une attention inversement proportionnelle à celle qu’elle lui témoigne. p21
  • Il souhaite comprendre, mais comprendre quoi ? Elle se dérobe sans cesse
  • Il se demande ce qu’il a fait, ce qu’il n’a pas fait, ce qu’il aurait du faire, ce qu’elle attendait et qu’il n’a pas donné.  p27
  • Il craint par dessus-tout qu’elle n’accepte que pour lui, non pour elle.
  • Il refuse cinéma et théâtre, une fois suffit. De même que tous les lieux où une promiscuité trop grande lui appellerait les gestes de naguère. p35
  • Il se contente de ce qu’elle lui laisse.
  • Il s’est dit que quelque chose clochait entre eux; qu’elle percevait le négatif avec beaucoup plus d’acuité que le positif. Mauvais présage dont il n’a pas tenu compte. p41
  • Tu ne m’as pas mis devant un fait accompli mais devant la possibilité du fait. p50
  • Chacun sait qu’une rencontre, c’est le risque de la vie, et une médiocrité, le danger de la survie. p57
  • On l’intronise dans la confrérie de l’anxiolytique. Il appartient désormais aux Compagnons du Lexomil. p59
  • J’attends quelque chose mais je ne peux pas te dire quoi. p74
  • Et s’est dit que la patience n’était pas la mère des vertus mais celle du masochisme. p124

 Divers:

Titre:La séparation
Auteur: Dan Franck
Année de publication: 1991

Éditeur: Seuil
prix Renaudot 1991
Note : ***** (4.4/5)

L’élixir d’amour d’Eric-Emmanuel Schmitt

L'élixir d'amour d'Eric-Emmanuel Schmitt
L’élixir d’amour d’Eric-Emmanuel Schmitt

Super un nouveau livre de E.E.S., une belle couverture, mais par contre le contenu ….. je l’ai trouvé plutôt vide … Un recueil d’échanges de messages électroniques entre Adam et Louise qui l’a quittée. Adam qui relance Louise, essaye de la rendre jalouse, de la titiller pour voir si jamais il reste une envie, une possibilité,  …
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Le jour ou j’ai quitté ma femme de Pierre Vavasseur

Le jour ou j'ai quitté ma femme de Pierre VAVASSEUR
Le jour ou j’ai quitté ma femme de Pierre VAVASSEUR

Avis

En fait, j’ai emprunté ce roman à la bibliothèque municipale par dépit car je voulais feuilleter le guide des « 100 romans incontournables ». Pierre Vavasseur est un spécialiste des guides, il en a plusieurs à son actif. Bon je n’ai pas pris beaucoup de risques, car c’est un petit roman court, très court, qui fait plutôt penser à une nouvelle. Pour résumé : Lui c’est Vincent quarante ans, marié depuis treize ans à Faustine. « Faustine n’a plus ces ardeurs de femelles », un nouveau souffle est retrouvé avec Gena. Il va ensuite faire des allers retours pendant une centaine de pages, des phrases courtes comme une respiration haletante d’un homme qui court de sa femme à sa maîtresse.

Je n’ai pas trouvé le côté incisif ni la justesse qui est décrite dans le quatrième de couverture, seul le côté bref et un peu d’humour, d’érotisme m’a sauvé de l’ennui. Mais ce qui m’a étonné c’est que ce roman a tout de même obtenu le prix Saint Valentin en 2004. 

 

Citations

Pendant l’amour, je souffle à son oreille tout ce que j’attends d’elle dans les heures qui suivent : ce que nous ferons dans la cage d’escalier de nos amis, comment je la caresserai sous la table, sous un porche. Mais ensuite, quand les corps et les sens se sont apaisés, ni elle ni moi n’osons mettre en pratique nos fantasmes. Nous sommes le plus classique des couples p44
Il n’y avait pas d’amour, seulement des preuves d’amour p62
Dans mon métier, quand on superpose deux images, on dit qu’on les floute. J’ai flouté Faustine pour Gena.
Je m’arrangeais pour la retrouver tard. Je grimpais quatre à quatre chez elle. Nous nous jetions l’un sur l’autre. Le sexe toujours, Le sexe, le sexe, le sexe. Gena dénichait mes fantasmes, les levait comme des lièvres. Il m’avait suffit de flâner sur elle pour mettre à jour les siens. J’étais son sourcier. Nous formions le corps de l’amour. J’étais son objet. Elle me pénétrait avec un bâton de rouge à lèvre, le manche d’un pinceau de maquillage, celui d’une cravache. J’ai fait avec elle tout ce qu’un homme ne fait pas avec sa femme. Mes testicules lui plaisaient : les raser, les sucer, les bichonner, les contempler.
-Tu vois, ils bougent, ils travaillent pour que tu me remplisses bien, que tu me refasses les peintures. p67
-Je voudrais que tu enlèves ton alliance.
La faiblesse est un mal acide et désespérant.
-Je vais y penser.
-Non, fais le tout de suite.
(…) J’ai glissé l’alliance dans la plus étroite poche de mon pantalon, près de la ceinture. Pendant quinze jours je l’ai ôtée puis remise, selon que j’étais avec Gena ou Faustine. J’en perdais l’équilibre. Comme un chat sans moustaches. Je me cognais aux portes, aux coins de tables. Faustine s’en étonnait de temps en temps. J’étais couvert de bleus p65

 

Divers

Edition Jean-Claude Lattes, 2003
Bibliothèque du KB 23/04/2014, une petite heure de lecture
Note ***** (2.5/5)
A reçu le prix Saint Valentin en 2004 :  Prix qui récompense « l’impertinence du discours, la pertinence du style et la modernité littéraire » au service du genre amoureux. Le prix est remis à l’occasion de la « Nuit du roman d’amour ». De 2004 à 2008 depuis à disparu ??