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Tsukushi de Aki Shimazaki

Tsukushi de Aki Shimazaki
Tsukushi de Aki Shimazaki

 

Tsukushi est le quatrième et avant dernier volume de la pentalogie du cycle « Au coeur du Yamato ». Le personnage central est Yûko Tanase, la mère de Mitsuba, que l’on avait laissé dans le premier volume marié avecTakashi Sumida. De nombreux liens se sont tissés dans cette pentalogie et s’entrecroisent. Nous allons avoir un aperçu de la vie de couple de Yûko avec le fils du riche banquier Sumida.  Continuer la lecture de Tsukushi de Aki Shimazaki

Je suis un écrivain japonais de Danny Laferrière

Je suis un écrivain japonais de dany Laferière
Je suis un écrivain japonais de Danny Laferrière

La première question que je me suis posé en lisant le titre : Est ce un roman autobiographique ?  ou quelle est la part autobiographique de ce roman. En effet le narrateur n’écrit jamais sur autre chose que sur lui-même. Crise identitaire : « Dehors, il est québécois. Chez lui, il est japonais. On dit partout qu’il est Haïtien ».

Le narrateur (est ce autobiographique ?) vend à son éditeur un nouveau roman, en fait juste un titre « Je suis un écrivain japonais », car pas une seule ligne n’a été écrite. En effet il faut se fier à l’adage : « Si on a un bon titre le reste suit ».  Ainsi pour débuter l’écriture de ce roman, le narrateur lit les voyages de Basho et chercher à rencontrer des japonaises. Ce titre fait des remous au consulat du Japon à Montréal, il rencontre alors Mishima (mais ce n’est pas l’écrivain, juste le vice consul du Japon) et son assistant Tanizaki (mais ce n’est pas l’écrivain, juste l’assistant du vice consul du Japon)…

Une ode à la liberté, afin de sortir d’une crise identitaire : Haïtien émigré au Québec qui lit du Mishima et du Basho. Afin de se libérer des carcans réducteurs, des étiquettes, des nationalismes culturels,  le narrateur se déclare alors écrivain japonais. Japonais pour faire exploser les frontières des nationalités, les tabous, et les dogmes.

« Car, pour moi, Mishima était mon voisin. Je rapatriais, sans y prendre garde, tous les écrivains que je lisais à l’époque. Tous. Flaubert, Goethe, Whitman, Shakespeare, Lope de Vega, Cervantès, Kipling, Senghor, Césaire, Roumain, Amado, Diderot, tous vivaient dans le même village que moi. Sinon que faisaient-ils dans ma chambre ? Quand, des années plus tard, je suis devenu moi-même écrivain et qu’on me fit la question : « Etes-vous un écrivain haïtien, caribéen ou francophone ? » je répondis que je prenais la nationalité de mon lecteur. Ce qui veut dire que quand un Japonais me lit, je deviens immédiatement un écrivain japonais. »

Thème : Frontière, Liberté, Ecrivain,

Lexique :

La télé : petite boîte qui ne fait qu’absorber les énergies humaines pour recracher du vent.

Citation

  • On sait bien que les Nègres sont paresseux. Voilà un cliché. Et quand un Blanc travaille trop, il dit qu’il travaille comme un Nègre.
  • Je savais que la littérature comptait pour du beurre dans le nouvel ordre mondial. Il n’y a que les dictateurs du Tiers-Monde qui prennent les écrivains au sérieux en les faisant régulièrement emprisonner, ou fusiller même » (page 111).
  • Quel drôle de zigoto tout de même, ce Mishima ! Intéressant, mais un peu cinglé sur les bords. Hara-kiri, ça fait manga.
  • Du trottoir, un touriste japonais en train de mitrailler notre cuisinier grec. Toujours la même question : que voit-il ? Pour le savoir, il faut devenir japonais.
  • Un essaim de voyelles et de consonnes survoltées me sautent au visage. Cela faisait un moment qu’elles attendaient de la visite. (Le Marin rejeté par la mer)
  • La foule de Mishima n’était pas au rendez-vous ce jour-là. Lui qui espérait voir sa mort exalter la jeunesse. Cette jeunesse debout entonnant le chant pur du peuple. La foule de Mishima était assise devant la télé. Une foule assise. Les « assis » qui avaient tant dégoûté Rimbaud. Mishima n’admettait pas les nouvelles valeurs du Japon depuis l’affaire d’Hiroshima
  •  Je déteste les gens de peu de mots. Ils n’ont simplement rien dans la tête.
  • Né dans la Caraïbe, je deviens automatiquement un écrivain caribéen. La librairie, la bibliothèque et l’université se sont dépêchées de m’épingler ainsi. Etre un écrivain et un Caribéen ne fait pas de moi forcément un écrivain caribéen. Pourquoi veut-on toujours mélanger les choses ? En fait, je ne me sens pas plus caribéen qu’un Proust qui a passé sa vie couché.
  • Dans la vie on prend toujours le mauvais chemin au bon moment (154)

Divers:

Ebook, 4.7 heures de lecture, 17 minutes par session, 580 pages, 2 pages par minutes

Martyre, Ken de Yukio MISHIMA

 

Martyre, Ken de Yukio Mishima
Martyre, Ken de Yukio Mishima

 

 

Martyre :

Une impression bizarre, étrange qui se dégage de la lecture de Ken. Cette nouvelle est centrée sur la psychologie de trois personnages. On trouve Jirô, Ce capitaine d’équipe de Kendô dont sa supériorité semble naturelle, doué d’une beauté charismatique, d’une force, d’une maîtrise du sabre. Il semble être un descendant des samouraïs adepte du Bushido. Seul l’entraînement compte pour lui, il va secourir le plus faible, mais ne ressent pas les faiblesses et tensions morales qu’il créé autour de lui. Il parait imbu de sa personne, orgueilleux  en compétition avec Kagawa. Pour Mibu il créé des sentiments troubles (éveil de la sexualité : sourire de Jirô), Jirô représente pour lui la perfection qu’il ne pourra jamais atteindre. Mibu réfrène ses sentiments, allant même à mentir pour ne pas se sentir isoler, cacher sa faiblesse.

Jirô se trouve confronter à une double responsabilité : celui de mentor et de capitaine d’équipe. Il ne peut assurer ces deux fonctions. Ses rivaux recherche des faiblesses, mais personne ne les trouvera au sein d’un combat armé d’un sabre. La désobéissance, la rébellion viendront à bout de ce combattant hors norme.

Il y a je pense de nombreuses lectures possibles pour cette nouvelle, chaque personnage possède une face cachée et sombre. Même Kinouchi qui semble le plus humble, posé va se découvrir expliquer en détail comment arracher la peau d’un visage.

Repère les faiblesses des anciens « La jeunesse et la vieillesse devaient se rencontrer pour croiser leurs fers en un combat décisif » 21.

thème : Kendô, Bushido, orgueil, rivalité, violence

  1. Jirô s’entraîne avec Mibu, puis Kagawa avec Mibu. Puis Jirô s’entraîne avec Kinouchi . Le combat de la force brute, puis le combat de la jeunesse contre la vieillesse.
  2. La supériorité de Jirô lui semble naturelle, ainsi que sa place de capitaine d’équipe . Cette sacralisation lui permet de rompre avec son enfance ordinaire (mollesse, émotivité) Il n’a qu’un seul but devenir quelqu’un de droit et de fort.  Recherche d’un absolu « Sentiment de marcher à la surface d »un lac noir, sacré », 27. Lors d’un entraînement seul il rencontre une bande de jeune qui avait tiré sur un oiseau, il sauve le pigeon ( Imbécile, tu t’es fait avoir il n’y avait pas de balles) , mais blessé, il pense le tuer, mais arrive le jardiner, qui voit une tâche de sang sur la joue, lui propose de l’essuyer avec un Lis (emblème, symbole de pureté).
  3. Kinouchi reçoit avec plaisir les kendokas chez lui, Kagawa sans prévenir se rend chez lui, ils parlent du stage d’été et du financement dans un magasin(Kagawa trouve se travail ennuyant). La raison de sa visite, incident au bain:un étudiant de première année se doit de masser Jirô ( orgeuilleux, sagesse amère) puis Kagawa, Jirô aurait pu donner sa place. Ils son tous deux quatrième dan, mais dans ce club plus stricte Kagawa n’est que troisième dan. Kinouchi ne prend pas position.   Il s’est fait aussi punir par Jirô pour avoir fumé après un entraînement, sans mot de réconfort par la suite, juste un sourire (Kagawa jaloux de la beauté du sourire de Jirô). Jirô est sensible à la douleur physique mais non à la douleur morale
  4. Mibu vénère Jirô, il veut faire adulte et essaye de se faire pousser la berbe. Il défend Jirô devant un cadet et le frappe, il subissent tous deux une sanction. Il est pur, droit, fort, le contraire de Mibu d’ou sa vénération. Il n’y a que l’entraînement pour réussir.
  5. Le stage va se dérouler à la fin des vacances, dans un temple Zen à Tago. L’entraînement va être spartiate, Jirô veut les pousser au bout de leur limites. Il est interdit la baignade. « Dans un dôjô, il était tel un dieu furieux : toute l’énergie et l’ardeur de l’entraînement semblait venir de lui, rayonner et comme se propager autour de lui, 68 ».
  6. Troisième jour d’entrainement, la fatigue se fait sentir. Kinouchi les prévient qu’il arrivera le huitième jour, ne pas venir le chercher, mais Jirô refuse . Entraînement Jirô contre Murata. Jirô, Yamagishi, et Murata viennent chercher Kinouchi. Kagawa entraîne les cadets à se baigner contre l’avis de Jirô, seul Mibu s’oppose. Il ne veut pas jouer le rôle du vertueux alors que la voiture du maire approche et donc Jirô. Mibu s’enfuit, pour prévenir les autres, se fondre dans le crime commun. Kawaga se dénonce, Kinouchi le renvoie s’entraîner chez lui. Jirô demande à Mibu si il était également allé se baigner : il répond par l’affirmatif.
  7. Jirô annonce la fin du stage et félicite tous les membres, il s’éloigne du groupe. Il est retrouvé couché sur le dos, tenant son sabre entre les mains, Mort

Les personnages 

  • Jirô Kokubu Capitaine d’équipe, gloire du club de Kendô de l’université. Violence pure
  • Mibu :
  • Murata : Capitaine adjoint
  • Kagawa : Niveau très élevé, arrogant, privilégie la force. Dans sa pratique du Kendo des résidus de sentimentalité.
  • Kinouchi : Entaîneur, M. la paume, fait autorité parmi les vétérans
  • Yamagishi : Régisseur

Citations 

  • Car tout est mouvement, un mouvement qui semble naître d’une sphère étroite de silence, d’indigo mélancolique et profond (12)
  • Toute politesse des jeunes qui ne s’accompagnerait d’une certaine violence est malsaine, pire encore qu’une violence sans politesse .
  • L’homme n’a en fait que deux possibilités : être fort et droit, ou se donner la mort. (25)
  • Il s’enfermait seul dans la tour d’ivoire de sa pureté, fuyant hâtivement devant la réalité des souffrances des autres(41)
  • Jirô voulait leur faire goûter cette sensation de renouvellement qui survient après l’anéantissement de soi et dans laquelle on sent, comme une aube qui s’éveille, quelque chose de merveilleux poindre au fond de son corps. Sensation qu’au moins lui connaissait bien. « Nous sommes venus ici pour souffrir ! Pas pour nous distraire. Mettez-vous bien cela dans la tête ! »(61)

Divers :

  • Ken et Martyre font parties de nouvelles parues dans « Pèlerinage aux Trois Montagnes », nouvelles (1946,1965).
  • Ken écrit en 1963
  • Martyre en 1964
  • Folio, lu le 28/03/2014
  • Note : *****

Le marin rejeté par la mère de Mishima

Le marin rejeté par la mer de Mishima
Le marin rejeté par la mer de Mishima

Quatrième de couverture :

Noboru Kuroda, 13 ans vit seul avec sa mère dans la banlieue de Yokohama. Il découvre un soir que sa mère a une aventure avec un officier de la marine marchande, Tsukazaki Ryûji. Pour le jeune garçon, qui subit l’influence du chef de sa bande d’amis, le marin représente l’aventure et plus largement les valeurs masculines traditionnelles. Alors qu’il l’idéalise et projette sur lui l’image d’un surhomme, le marin se révèle un brave homme, aspirant à la tranquillité et à la sédentarité. Déçu, Noboru décide, avec ses amis de le punir.

Thème : adolescence, amour, mort, torture,

Critique :

Noburo, un garçon de 13 ans, surprend avec délectation les relations amoureuses de sa mère veuve avec un marin. Il fait de ce marin son héros car il symbolise pour lui un vrai homme qui affronte et combat quotidiennement les éléments sur son navire.  Pour Noburo c’est un être exceptionnel sans faiblesse, dur, viril. Il se vante à sa bande de copains d’avoir trouver un héros. Un cas d’étude pour les autres enfants de la bande et du chef qui n’ont que des pères lâches, serviles. Mais l’image du héros de Noburo va vaciller, il se rend compte que son héros n’est pas aussi exceptionnel qu’il aurait pu se l’imaginer. Noburo le met à l’épreuve, mais le marin est amoureux, doux, respectueux, il n’est pas à sa place dans le rôle d’un père. Il se fait ridiculiser par le chef de la bande et de ses copains.  Le chef leur fait partager sa haine du système : « Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité… ». La douceur leur fait honte et n’est pour la bande qu’un synonyme de lâcheté, et va les entraîner à  des actes d’une violence inouïe.  Le chef va canaliser cette haine sur le groupe d’adolescent psychopathe. Noburo va offrir une offrande au chef pour expier sa faute : l’idole déchu du marin.   Et c’est sous la forme d’un rituel préparé et testé sur un chaton que ce rite initiatique va être testé sur le marin pour leur permettre de passer au monde adulte.

Un récit sobre, des images poétiques. Une lecture qui ne laisse pas indifférent et qui dérange mais indiscutablement à lire.

Synoptique :

Première Partie : L’été

Chapitre 1 : Il découvre un trou dans le mur qui donne sur la chambre de sa mère, et il l’épie les jours ou celle-ci est en colère. Rencontre avec Tsukazaki.

Chapitre 2 : On découvre Tsukazaki, qui rêve de gloire, a peu de lien avec ses camarades, taciturne ?

Chapitre 3 : La mère dirige un magasin ‘Rex’.  On revient sur la première rencontre avec Ryûji : lors d’une visite du cargo Noboru s’extasie devant le bateau, pose de nombreuses questions.

Chapitre 4: Ryûji a un degré de fierté, de vanité d’image de lui-même qui l’éloigne un peu de la réalité Il frémit devant la douceur infinie de Fusako,

Chapitre 5: Ryûji rencontre Noboru en se rendant chez sa maîtresse, cela met Noburo mal à l’aise ( Il n’est pas allé aux bains comme promis à sa mère, il a traîné avec sa bande copains). Il est sous l’autorité du N°1, raconte la nuit de sa mère avec son amant.  On voit en lui la passion de la mer, ou il rentre en confrontation avec N°1, Chez le chef, le chef ordonne à Noburo de tuer un chaton : »il se sentait un géant », puis le chef découpe le chat au scalpel.

Chapitre 6: Noboru est gêné de la présence de Ryûju, (peur d’être couvert de sang, de ne pouvoir présenter Ryûju comme un héros car il ne porte pas son uniforme), il le trouve ridicule. Puis Noboru une fois chez lui le harcèle de questions, le rêve réapparait dans ses yeux, il redevient un enfant.

Chapitre 7:Fusako recherche avant tout la stabilité, d’une garantie de sécurité, tendresse, paix physique. Un amour XXX. Noboru apprend qua sa mère ne rentrera pas dormir. Il enrage d’échapper à leur ébats. La gouvernante l’enferme également dans sa chambre. Liste des charges relevés contre  Ryûji consigné sur son cahier.

Chapitre 8 :Le cargo part pour le Brésil

Deuxième partie : L’hiver

Chapitre 1 : 30 décembre, Fusako attend sur la jetée, er retrouve Ryûji. Elle l’amène à la maison. Noboru lui rend un accueil des plus mitigés, il est fiévreux. il essaye de combattre ses sentiments, le cadeau ramené par Ryûji. Il lui demande la date de son départ.

Chapitre 2: Ryûku et Noboru font les préparatifs du jour de l’an. Le lendemain matin à l’aube Ryûji et Fusako sortent voir le levé du jour. Il lui demande sa main.

Chapitre 3: Le Rakuyo lève l’ancre le 5 Janvier sans Ryûji à son bord. Fusako reprend le travail chez Rex. Elle rencontre Yoriko et déjeune avec elle. Elle lui confie ses projets avec Ryûji. Yoriko est convaincu mais lui propose de faire une enquête sur Ryûji. Yoriko raconte quelques uns de ses déboires et la met en garde. Fusako commande une enquête qui s’avère être sans tâche pour Ryûji. Ryûji démarre son apprentissage aux magasins Rex

Chapitre 4:Le collège ouvre ses portes le 11 janvier, la bande se reconstitue. Ils ne s’étaient pas vu pendant toutes les vacances. Le chef le relance sur le héros revenu. Il est le seul sans père, sa position est envié par les autres.

Chapitre 5: Sa mère annonce à Noboru qu’elle va se marier le mois prochain, et qu’il devra appeler Ryûji papa. Noboru cherche à devenir dur. Il se remet dans le placard pour observer les ébats du couple. Mais cette fois ci, dans l’obscurité Fusako se rend compte que son fils le regarde. Elle rentre dans une colère folle. Ryûji arrive, Fusako lui demande de lui donner une leçon, mais Ryûji mal à l’aise dans le rôle de père ne lui donne qu’une leçon de moralité. Pour l’adolescent,  douceur signifie faiblesse écœurante.

Chapitre 6: Noboru raconte à la bande les chefs d’accusation evers Ryûji, Le chef prévoit de le sacrifier, afin d’obéir au commandement suprême de la liberté humaine pour remplir le vide du monde.  Ils ne sont pas légalement coupables, ils ont tous moins de 14 ans, l’exécution est prévue pour le lendemain.

 

Les personnages :

  • Noboru Kuroda : 13 ans, le N° 3 de la bande
  • Fusako Kuroda : La mère 33 ans
  • Tsukazaki Ryûji : l’officier en second de marine marchande navire Rakuyo
  • Shibuya : Directeur du magasin rex
  • Kasuga Yoriko : Actrice de cinéma, cliente chez Rex
  • M Honda : Le réalisateur de film

Citations

  • La vulgarité du monde apparaissait dans les endroits éclairés et dans ceux où régnait une ombre douce (16)
  • Il ne pleurait jamais, même en rêve, car la dureté du coeur était chez lui un point d’orgueil. (17)
  • Les doigts de Ryûji touchèrent les bouts des sens sur la robe de coton bleu. Elle tourna légèrement la tête, ses cheveux lui chatouillèrent le nez. Comme toujours, il eut la sensation d’être venu de très loin, de l’autre bout de la terre pour arriver à un point délicatement sensible, un frisson au bout de ses doigts près d’une fenêtre un matin d’été. (29)
  • Tu as bien travaillé. Je crois que tu peux dire que ceci a fait de toi un homme véritable. Quoi qu’il en soit, de voir ce sang doit te donner la sensation d’être brave. (67 le chaton)
  • La douceur de ses lèvres, sa bouche si rouge qu’il pouvait la voir dans l’obscurité avec les yeux fermés, infiniment humide, une tiède mer de corail, sa langue s’agitait sans repos comme une algue: dans toute cette extase il y avait quelque chose qui se rattachait directement à la mort.(83)
  • Cette fois je vais vous parler de moi. dans ce voyage de Janvier, du matin au soir je ne pouvais faire un pas sans me heurter à mon vieux, ou à ma vieille. Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité, de leurs aspirations bons réalisés, de leurs ressentiments, de leurs idéaux, de leurs faiblesses qu’ils n’ont jamais avouées à personne, de leurs fautes, de leurs rêves suaves et des maximes auxquelles ils n’ont jamais eu le courage de se conformer; ceux qui sont le plus indifférents, comme mon père, ne font pas exception à la règle.
  • Toujours plongé dans son rêve il but d’un trait le thé tiède. Après l’avoir bu, il lui trouva un goût terriblement amer. Comme chacun sait, la gloire est amère.

Divers:

  • Commandé en occasion sur Amazon, publié en 1963, édité en 1979. Sent le vieux bouquin 🙂 qui a bourlingué. Recommandé par Andman.
  • Note : ***** (4,5/5)
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