Archives pour l'étiquette Humour

Le grand chambard de Mo Yan

Mo Yan le grand chambard
Mo Yan le grand chambard

L’incipit de ce court roman démarre étrangement « Logiquement, je devrais commencer par écrire sur ce qui s’est passé après 1979, mais voilà, mes pensées toujours remontent bien au-delà de cette date, à cet après-midi d’un jour radieux de l’automne 1969, alors que les chrysanthèmes avaient pris leur teinte dorée et que les oies sauvages s’envolaient vers le sud. »  Mo, fils de paysan moyen pauvre. Un enfant solitaire renvoyé de l’école, malchanceux. Mais il persévère et entouré de droitier « professeurs remisés à la campagne » pour travailler des les écoles et les champs .

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9e et 13e de Jonathan Coe

 

9e et 13e de Jonathan Cole
9e et 13e de Jonathan Cole

Lui le narrateur c’est david. Il vit entre la 9e et la 13e. Pas exactement un endroit ou il fait bon vivre.

« J’habite à l’angle de la 9e et de la 13e, et croyez-moi, ce n’est pas le coin rêvé. Ce n’est pas un coin qui donne envie de s’y attarder. C’est le genre d’endroit où l’on ne fait que passer ; une simple étape. Enfin, c’est vrai pour les gens en général. Pour tout le monde, mais pas pour moi. ».

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Le nouvel Inspecteur de Lao She

 

Le nouvel inspecteur de Lao She
Le nouvel inspecteur de Lao She

La collection Folio 2€ nous permet de nous faire découvrir Lao She. Les deux nouvelles qui composent ce petit ouvrage qui font partie du recueil « Gens de Pékin ».

La première de ces nouvelles : « le nouvel inspecteur » nous met en présence de You Lao’er qui vient d’être nouvellement promu au rang d’inspecteur de police par le commandant Li. Sa mission est d’arrêter tous les brigands et les rebelles. Mais entouré d’anciennes connaissances, il ne veut faire de tort à personnes, éviter les conflits, il souhaiterait tel un fonctionnaire modèle se cacher derrière son journal. En fait Il se retrouve rapidement assis entre deux chaises, d’un côté le commandant qui lui ordonne de capturer les rebelles, de l’autre il est secondé par un groupe de brigand (ex rebelles) qu’il doit commander et doit surtout tenter de se faire respecter. C’est plus avec humour que nous assistons aux péripéties de You Lao’er dans sa mission.

Avec un humour et une tendresse non dépourvus de cruauté, Lao She fait revivre une Chine aujourd’hui disparue.
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Le maître a de plus en plus d’humour de Mo Yan

 

Le maître a de plus en plus d'humour de Mo Yan
Le maître a de plus en plus d’humour de Mo Yan

Mo yan nous livre une histoire très courte, qui tient de la nouvelle, ou même d’un conte de la modernité. Lao Ding, 60 ans se retrouve licencié quelques  jours avant d’être à la retraite et après 29 ans de dur labeur. Il a pourtant passé toute sa vie dans cette usine, lui dévouant corps et âmes : jusqu’à arriver ouvrier du septième échelon. Mais l’usine ferme, maintenant  « L’usine était morte, une usine sans ouvriers, c’est purement et simplement un tombeau ». Cette situation douloureuse auquel Lao Ding va être confronté va l’entraîner malgré quelques remords à se lancer dans le petit commerce.Son apprenti bien plus débrouillard et pratique que son maître va le tirer d’affaire, et lui faire taire toutes ses craintes « Vous ne souffrez pas encore de la faim, mais le jour où vous serez affamé, vous saurez que si l’on met dans la balance sa face et son ventre, c’est toujours le ventre qui l’emporte »

Mo Yan exploite cette situation cocasse pour critiquer une société cynique, un capitalisme naissant et une société libérale. Mais il a une vison des fonctionnaires (mairie, police). Mo Yan nous dépeint une civilisation qui change tant au niveau du libéralisme économique et que des mœurs de la société chinoise contemporaine.  Cette nouvelle est parue en 2006, auteur de nombreux ouvrages récompensés, c’est en 2012 Mo Yan obtiendra le prix nobel de littérature.

Un petit roman à découvrir, car ce livre nous offre un condensé des qualités de Mo Yan. On y retrouve des personnages attachants. une écriture fluide qui nous entraîne rapidement dans les aventures de maître Lao Ding.

 Citations :

  • Maître, je vais vous dire quelque chose de moche : vous ne souffrez pas encore de la faim, mais le jour où vous serez affamé, vous saurez que si l’on met dans la balance sa face et son ventre, c’est toujours le ventre qui l’emporte !
  • Un homme qui ne peut pas gagner d’argent pour sa famille, c’est comme une femme qui ne peut pas avoir d’enfants, impossible de garder la tête haute devant les autres !
    – Vous avez bien raison, maître.
    – Donc je vais entreprendre quelque chose.
  • Il soupira en pensant à ces amoureux, c’était fatal qu’il en soit ainsi pour ce genre de couple; c’était un amour classique, très triste, comme les concombres plongés dans le pot de saumure : pas de trace de sucre, ils n’ont que le goût du sel.
  • L’usine était morte, une usine sans ouvriers, c’est purement et simplement un tombeau.
  • Le maître et l’apprenti se placèrent côte à côte devant les urinoirs, sans se regarder, les yeux fixés sur les boulettes désodorisantes qui roulaient sans fin. Dans le fracas de l’eau, il demanda doucement : « Pourquoi faut-il payer pour aller aux toilettes ?
    – Maître, on dirait que vous débarquez de la planète Mars, vous croyez que de nos jours il y a encore des choses gratuites ? dit l’apprenti en haussant les épaules. Mais payer a aussi son avantage. Si c’était gratuit, même en rêve, des petites gens comme nous n’iraient pas dans des W.C. luxueux comme ceux-ci ! ».
    L’apprenti le guida pour se laver les mains et les passer sous le sèche-mains, puis ils sortirent des toilettes. Assis dans le triporteur, frottant ses mains rugueuses adoucies par le séchage, il dit en soupirant : « Xiaohu, on s’est fait une pisse de luxe tous les deux.
    – Vous ne manquez pas d’humour, maître !
    – Je te dois un yuan, je te le rendrai demain !
    – Vous avez de plus en plus d’humour, maître ! »

Personnages

  • Lao Ding : Le maître
  • Lu Xiaohu : apprenti de Lao Ding
  • Wang Dalan : Ancienne magasinière de l’usine. A perdu un bras
  • Ding Shikou
  • Ma : Maire adjoint
  • Wu : Directeur adjoint du bureau de la mairie
  • Lao Qin : Gardien de l’usine

Divers:

Edition : Points N° 1455
Parution : 2006
Collection : Points
Note : ***** (4.3/5)

 

Journal d’un corps de Daniel Pennac

 

journal d'un corps de Daniel Pennac
journal d’un corps de Daniel Pennac

 

Daniel Pennac nous offre via le narrateur un journal. Mais ce journal n’est pas de simples mémoires ou un cahier : c’est celui de son corps. Cette autobiographie du corps nous est décrit depuis l’âge de douze ans en 1935, et jusqu’au derniers jours du narrateur en 2010, à l’âge de 87 ans, et il nous décrit les découvertes, rouages, et anomalies liés à ses organes. 

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Webster le Chat de P.G. Wodehouse

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L’auteur :

Pelham Grenville Wodehouse, né à Guilford, Surrey, le 15 octobre 1881, mort à New York le 14 février 1975, est un auteur humoriste britannique naturalisé citoyen des États-Unis d’Amérique en 1955. Wodehouse est accusé de collaboration avec les Nazis et même de trahison. Prolifique, il a écrit plus de 90 livres de récits (70 romans et 20 recueils de 200 nouvelles), plus de 100 autres récits en magazines, 400 articles, 19 pièces de théâtre, et 250 chansons pour 33 comédies musicales. Son personnage du valet de chambre Jeeves est devenu internationalement célèbre.

Thème : Influence, Chat, Faiblesse, Ensorcellement, Humour

Avis :

Dans ce récit plein d’humour, Lancelot Muliner artiste déluré récupère le chat de son oncle qui est muté comme vicaire en Afrique à Bongo Bongo. Une lettre de recommandation accompagne le chat Webster. Lancelot se fait envouté, ensorcelé par ce chat diabolique. Webster le chat a récupéré les vertus anglicanes de son maître. Webster le juge, un regard,  quelque chose dans l’oeil de Webster le transforme malgré lui en une personne respectable. Il se confie à ses amis : « C’est le chat qui porte la culotte » en fondant en larmes…. jusqu’au moment où le whisky commence à couler.

Cette nouvelle tout pleine de légèreté, de détails cocasses laisse un sourire aux lèvres.

Les personnages :

  • Webster le chat
  • Lancelot Mulliner : le héros malgré lui
  • Gladys Bingley: La fiancée de Lancelot
  • Mlle Carberry Pirbright : la
  • Theodore : L’oncle de Lancelot, pasteur de Saint Botholph à Knightsbridge
  • Worple, Rodney Scollop : des amis de Lancelot

Citations :

  • C’est quelque chose dans l’oeil de la bête, dit-il d’une voix tremblante. Quelque chose d’hypnotique. Il me jette un sort Il me toise et me désapprouve. Peu à peu, petit à petit, son influence m’ a fait dégénérer d’un artiste sain, qui se respectait , en un … eh bien, je ne sais comment appeler ça. Il suffit de dire que j’ai cessé de fumer et de déambuler en pantoufles et que je porte un col dur même chez moi, que je n’oserais songer à prendre mon frugal repas du soir sans être en habit et que – d’une voix étranglée – j’ai vendu mon ukulélé. (p36)
  • Mince alors, si on ne peut pas aller prendre un peu l’air à Antibes sans que son fiancé s’excite et se mette à agir comme un Mormon, ce monde devient vraiment trop impitoyable envers les jeunes filles (p48)

Divers:

  • Editeur : Joëlle Losfeld (30 octobre 2002), Collection : Arcanes/Joëlle Losfeld, 60 pages
  • Bibliothèque du KB, 30/03/2014
  • Note : *****

Eroshima de Dany Laferrière

Eroshima de Dany Laferrière
Eroshima de Dany Laferrière

Thème : Sexe, Bombe, Hiroshima, Japon, Montréal, Humour

En route vers l’apocalypse: le premier cliché sur le Japon est l’érotisme.

Critique :

Le sexe et la mort, les deux plus vieux mythes du monde. Dès les premières pages de cette nouvelle courte écrite dans un style simple je ne décolle plus. Le roman est dédicacé :« À Rita Hayworth, la star des pin-up, une rousse si explosive que la première Bombe atomique fut baptisée de son nom. »

Un style d’écriture simple, la première partie est découpé en courtes observations, environ 150, puis la narration de l’auteur se fait à la première personne, pour revenir à des observations. Un sacré degré d’humour pour nous narrer les amours d’un Nègre avec une japonaise, puis d’une juive orthodoxe. Le tout plongé dans un compte à rebours : en route vers l’apocalypse … avec des obsessions de la bombe atomique et d’Hiroshima.

Ses obsessions ou thèmes sont les mêmes que celle décrites dans le premier volume de « l’autobiographie américaine » c’est à dire dans « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ».

Citations :

  • J’ai découvert le Sexe (ou le Désir) à sept ans sous les traits de Rita Hayworth. Ah! qu’elle était jolie, la Mort! Je n’ai pas arrêté depuis et il m’a fallu vingt-cinq ans (et la mort de Rita) pour comprendre que c’était une bombe à retardement. Tu peux te cacher n’importe où sur cette satanée planète, il y aura toujours (comme le feu au cul) la menace de la Bombe. Et pour attendre cette saloperie de Bombe, rien de moins que le Sexe. Heureusement que nous sommes un peu plus que cinq milliards répartis un peu partout sur la planète. Alors, c’est quand tu veux, ma vieille.
  • La mort, là-bas ? Mishima, Kawabata, Dazai, Akutagawa. Ils n’ont qu’une façon de mourir, semble-t-il. Se suicider. Qu’est ce qui pousse à ça ? l’orgueil ? La forme ? La beauté ? Une trop haute idée de la vie ? Ne cherchez pas la réponse. (102)
  • Je ne me suis pas encore familiarisé avec cette idée, cette REALITE de respirer, de tousser, de bouger dans la même pièce qu’une juive orthodoxe. Vous vous imaginez l’effet que ça peut faire sur la libido d’un goy nègre.
  • J’entends frapper discrètement à la porte. Myriam Rosenberg entre, et je bascule, la tête la première, dans le trou noir des phantasmes les plus pervers auxquels aucun Nègre, à ce jour, n’a jamais osé rêver.
  • J’AI DECOUVERT LA BOMBE en même temps que le Sexe. J’avais fou de suite compris que les deux généraient la mort. La Bombe, c’est la mort collective, démocratique, égalitaire. Et puis le Sexe, c’est la mort individuelle, élitiste, aristocratique. La bombe, c’est la mort dans un éclair. Le Sexe, la mort à petit feu. L’orgasme est également bref. Le temps, affirme Borges, est une convention.
  • Hoki est née à Vancouver, B.C. Elle n’a pas de dieu, Ni Confucius, ni Bouddha. Elle fait l’amour comme Lao-Tseu se tient sur son buffle.
  • Keiko continue de se caresser les seins. J’attends beaucoup de ce moment pour l’avenir de l’humanité. Le sort de la civilisation judéo-chrétienne se joue, à l’instant, entre ce Nègre et cette japonaise née à Los Angeles.
  • Rita Hayworth, la star des pin-up, une rousse si explosive que la première bombe atomique fut baptisé de son nom.
  • L’appartement est un peu concave comme si je nichais dans une coupe à cognac.

Divers :

  • Paru en 1987, second roman après « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » (1985)
  • ebook , 1.8 heures de lecture, 203 pages tournées, 1.9 pages par min. env
  • L’auteur s’intéresse au mouvement du spiritisme  né à Haïti

Attention au parquet (Will Wiles)

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Le personnage principal de ce roman est un Anglais vivant à Londres qui doit se charger de surveiller l’appartement de son ami Oskar.
Cet appartement est situé dans un pays d’Europe de l’est (Ancien pays du bloc communiste). Oskar est un des anciens collègue de leur période universitaire. Il se trouve actuellement en déplacement en Californie pour les formalités de son divorce.
Oskar a besoin de son ami pour surveiller l’appartement, s’occuper de ses chats.
ne pas jouer du piano tout en faisant particulièrement attention au parquet. et ceci pour les quelques jours de son déplacement.
Oskar est un compositeur de renommé international qui a composé la symphonie « Variations sur les horaires de tram », Le narrateur quand à lui n’inspire qu’à devenir écrivain, les vacances inespérés dans l’appartement inoccupé de son ami lui fournit un alibi pour démarrer un roman, il n’écrit pour l’instant que des brochures sans intérêts sur la collecte des ordures.
Oskar qui est du genre maniaque compulsif tente de faire maintenir l’ordre dans son appartement en laissant des instructions précises placés stratégiquement (placard, dans un CD, piano, divers tiroirs, et même dans des revues pornographiques …). Ceci afin d’éviter toute maladresse et pour préserver également son précieux parquet en bois précieux, on retrouvera aussi le mode d’emploi pour gérer ses deux chats dénommés Stravvy et Shossy.
Le narrateur passe ses quelques jours à devenir un touriste se promenant dans la ville ou circulent des tramways antiques, en rencontrant de vieilles femmes hostiles, et en s’adonnant à la boisson : verres de vin rouge et alcools avec un ami d’Oskar.
Le roman bascule lorsque le narrateur commence malencontreusement à laisser une tâche de vin sur le parquet, les notes arrogante d’Oskar commencent à l’obséder, puis progressivement à le faire craquer, il se sent devenir paranoïaque, Oskar semble anticiper chacun des mouvements de son ami via ces notes, comme si celui-ci était en permanence surveillé. Le contrôle à distance d’Oskar, aussi obsédant soit-il semble totalitaire.
Je remercie tout d’abord Babelio avec masse critique et les éditions Liana Levi pour la lecture de ce livre. Cela m’a permis de découvrir le premier roman de Will Wiles.
Ce livre a du suspense, des rebondissements inattendus qui sont « border line » avec un thriller. Pour résumé « Attention au parquet » est un avertissement des dangers de la perfection et des maniaques à outrance, de l’impossibilité de la perfection.
A conseiller donc aux maniaques du rangement, de l’ordre ….

Divers:

  • Note : ***** (4/5)
  • Babelio : opération Masse Critique