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Les pierres de Hiraku Okuizumi

 

Les pierres de Hiraku Okuizumi
Les pierres de Hiraku Okuizumi

l’incipit de ce roman commence « Dans le galet d’une rivière est inscrite toute la marche de l’univers », mais également avec une citation de l’évangile selon saint Luc ‘Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront ». Et le cri que l’on entend est un cri de douleur, un déchirement du plus profond de l’âme. Car dans cette grotte se trouve le reste d’une armée épuisée, touchée par la dysenterie, remplis de cadavres, putréfaction, pus, ulcère des tropiques. Continuer la lecture de Les pierres de Hiraku Okuizumi

les fidélités de Diane Brasseur

les fidelites de Diane Brasseur
les fidélités de Diane Brasseur

Diane Brasseur nous raconte les  ‘affres’ et les joies d’un cinquantenaire, plus exactement 54 ans marié depuis dix ans avec une fille et de sa maîtresse Alix, plus jeune de 23 ans. C’est la seule nommée, et en plus, il y a un X dans son prénom : un signe ? . Sa famille se trouve à Marseille, lui travaille à Paris et partage sa semaine avec Alix.

Nous avons une présentation dichotomique de sa vie : culpabilité, la paranoïa parfois et la joie le bonheur . La peur de blesser, de se trahir. Mais aussi la logistique à mettre en place afin de pouvoir profiter de ses deux vies. Continuer la lecture de les fidélités de Diane Brasseur

L’équation de plein été de Keigo Higashino

L'équation de plein été de Keigo Higashino
L’équation de plein été de Keigo Higashino

 

 Avis :

Keigo Higashino reprend le même tandem inspecteur Kusanagi et professeur Yukawa, on retrouvait déjà cette équipe dans « Le dévouement du suspect X » et « Un café maison ».


Le professeur Manabu Yukawa est convié comme expert par la société DESMEC à une réunion concernant l’exploration des ressources sous-marines à Hari-plage. Hari-plage est une station balnéaire sur le déclin qui possède des richesses sous-marines. Le soir de son arrivée, un client de l’hôtel est porté disparu, puis retrouvé mort le lendemain.


Ce cadavre est Masatsugu Tsukahara, un retraité de la police de Tokyo en villégiature à Hari-plage. Tsukahara avait des disciples au sein de son unité, Kusanagi sera mis sur l’enquête aidé de son ami le professeur Yukawa.

Des objectifs et un soin différents vont apparaître selon que l’enquête soit menée par la police de la préfecture de Hari-plage, et celle de Tokyo.

On retrouve Yukawa avec ses grands dons d’observation des choses, mais également des personnes. Essentiellement cérébral, Yukawa est un peu froid dans ses relations. Pinailleur, secret, il ne parle pas à la légère : il rajoute du mystère, nous fait envisager d’autres solutions. Et en plus, il se prendra d’affection pour Kyohei, un enfant qui participera à ses expériences.

Ce n’est que dans les dernières pages que seront dévoiler les réponses à cette mort mystérieuse, « nul n’échappe à son destin » …. Mais Yukawa dévoilera une part d’humanité touchante.
Ce polar nous livre une trame complexe, l’aide du professeur Yukawa nous est vraiment indispensable pour rechercher la vérité. J’ai peut-être ressenti un peu moins d’empathie envers les personnages que dans « Le dévouement du suspect X » qui est mon préféré. La complexité de l’intrigue et les énigmes résolues de façon bluffante font apprécier cette enquête.

Merci aux éditions Actes Sud pour nous livrer des polars de qualité, Dommage que le format ebook ne sorte pas en même temps que le format papier, mais je n’ai pas pu attendre un mois supplémentaire pour dévorer le dernier Keigo Higashino en format électronique.

 

Personnages :

Pour vous retrouvez dans l’intrigue, vous trouverez ci-dessous la liste des protagonistes:

  • Kyohei Esaki : enfant 10 ans
  • Yuri : mère de Kyohei
  • Keiichi : père de Kyohei
  • Setsuko Kawahata : mère de Narumi ( 54 ans ) , tante de Kyohei
  • Narumi Kawahata : fille ( 30 ans), cousine de Kyohei, activiste radicale pour l’environnement.
  • Shigeharu Kawahata : père, oncle de Kyohei, s’occupe de l’hôtel Rokuganso à Hari-Plage, corpulent a renoncé à l’alcool.
  • Reiko Ozeki: amie de Narumi au collège à Tokyo
  • Wakana Nagayama : étudiante de Tokyo en vacances à Hari, amie de Narumi
  • Genya Sawamura : journaliste free-lance, aide ses parents à la boutique d’électricité, ami de Narumi.
  • Manabu Yukawa : professeur, faculté de physique, université de Teito. Possède de grands dons d’observation des choses et des personnes. A un vrai talent de détective mais ce talent ne se déploie que lorsqu’il a quelque chose à chercher.
  • Masatsugu Tsukahara :  Ancien policier, 61 ans habite la préfecture de Saitama, a pris  sa retraite il y a un an.
  • Sanaé Tsukahara: femme de Tsukahara, 50 ans
  • Fujinaka brigadier travaillait avec Tsukahara

Police de Tokyo

  • Tatara : contrôleur général de la préfecture de police de Tokyo, avait commenté sa carrière sous les ordres de Tsukahara (son mentor)
  • Mamiya :
  • kaoru Utsumi : assistante de Kunasagi
  • Kusanagi : (subordonné de Mamiya)

DESMEC :

  • Kuwano : S’occupe des relations publiques

Police de Hari:

  • Tsuyoshi Nishiguchi : Inspecteur de police (a été à l’école avec Narumi)
  • Hashigami : Collègue de  Nishiguchi,
  • Motoyama : Chef de la police judiciaire
  • Okamoto : Capitaine de la police, responsable de la direction judiciaire

Police départementale :

  • Hozumi : Supérieur de Isobe, responsable de la sous-direction de la police judiciaire de la préfecture.
  • Isobe : Capitaine de police de la direction de la police judiciaire de la préfecture
  • Nonogaki : Brigadier chef de la police de la préfecture

Autres personnages :

  • Hidetoshi Semba  : habite à Marin Hills, accusé de meurtre il y a 16 ans; a fait 8 ans de prison , victime a tué Miyake (40 ans) entraineuse pour  une histoire d’argent.
  • Etsuko née Hino :  épouse de Semba (malade).
  • Nobuko Miyake : (Rié : prénom de travail ) victime de Semba, il y a 15 ans , morte a 40 ans.
  • Masao Muroi : tient un restaurant
  • Tsugo Ukai : patron du restaurant de nouilles d’algue à Ginza

Citations :

  • un scientifique recherche la vérité, et rien d’autre. (p58, Yukawa)
  • Intriguer, cela peut vouloir dire exciter la curiosité intellectuelle. Ne pas faire cas de sa curiosité est criminel. C’est d’abord elle qui nous pousse à apprendre. (p210, Yukawa)
  • Vous exigez une protection de l’environnement parfaite, or la perfection n’existe pas en ce monde. Exiger de quelqu’un quelque chose qui n’existe pas revient à lui chercher des noises (p73, Yukawa)
  • Il y a nécessairement une réponse à chaque question, continua l’adulte en le regardant droit dans les yeux. Mais elle n’apparaît pas immédiatement. Il en va de même dans la vie. Si l’on est confronté à une question à laquelle on ne peut répondre tout de suite, il faut savoir que la réponse finira par apparaître. Il est toujours utilise d’y réfléchir. Mais il ne faut pas se presser. Souvent, on ne pourra trouver la réponse que lorsqu’on aura soi-même grandi. Voilà pourquoi les hommes doivent en permanence apprendre, faire des efforts, s’améliorer (p364, Yukawa)

Divers:

  • Actes Sud, Mai 2014, 365 pages, 22.80€
  • Titre original ‘Manatsu no hoteishiki’ , 2011, Traduction Sophie Refle
  • Note : ***** (4/5)

Etranges rivages de Arnaldur Indriðason

 Étranges rivages  Étranges rivages de Arnaldur Indridason
Étranges rivages
Étranges rivages de Arnaldur Indridason

Une partie de la saga de l’inspecteur Erlendur. Ce récit se passe pendant ses vacances. Il retourne dans la maison de son enfance. C’est vrai que l’on ne rencontre plus beaucoup d’homicide à Reykjavik en ce moment. Le volume précédent est Hypothermie, et les policiers semblaient être au chômage. Dans les régions sauvages des fjords de l’Est, Erlendur va être hanté par les fantômes de son passé. Son petit frère disparu lors d’une tempête de neige lorsqu’il avait une dizaine d’années, le tourmente. Il ressent une culpabilité dans ce drame.

Dans cette même région, au milieu de la seconde guerre mondiale, une patrouille de soldats britannique s’était perdue  dans la lande pendant une tempête. Une jeune femme Matthildur avait également disparu. Tous les britanniques avaient été retrouvés, mais pas cette jeune femme. La disparition de cette personne lui rappelle son petit frère, il va essayer de mener une enquête sur cette disparue : pour chasser les fantômes du passé, et enterrer les disparus. Erlendur va fouiller le passé, à la limite de la légalité, afin de pouvoir faire le deuil des disparus.

C’est lentement que nous avançons dans cette enquête qui nous mène dans les landes glacées. Les fantômes et les légendes islandaises nous accompagnent. La culpabilité et le deuil impossible vont accompagner tous les protagonistes de ce polar en quête de vérité.

C’est toujours avec plaisir que je suis les pérégrinations d’Erlendur, policier tourmenté avec une vie familiale compliquée.

Personnages :

Famille de Matthildur 'Etranges Rivages'
Famille de Matthildur ‘Etranges Rivages’

 

Citations :

  • Et je me suis mis à réfléchir sur la vengeance, sur ce qui conduit les meilleurs des hommes à commettre les pires atrocités. Sur la manière dont les gens peuvent se rendre coupables de crimes horribles pour se venger.
  • Vous connaissez l’histoire de cette femme qui s’est perdue sur le chemin qui franchit les failles de Hraevarskörd ?
  • Erlendur, les flics ne sont pas là pour sauver les âmes, avait objecté Marion, pour cela nous avons les pasteurs.
  • Son objectif n’était pas de sanctionner. Son but n’était pas de remplir les prisons de désespérés. Ce qu’il voulait, c’était découvrir la vérité dans chacune des enquêtes qu’il menait. La seule chose qui lui avait toujours importé était d’obtenir les réponses aux questions qu’il se posait. De découvrir ce qui s’était perdu, avait été oublié et que personne avant lui n’avait jamais trouvé.
  • toutes sortes d’histoires de revenants liées à la femme de Jakob, disparue quelques années plus tôt. On disait qu’elle était entrée dans le cercueil avec lui. On disait qu’elle le persécutait.
  • Personnellement, je n’ai rien à voir avec tout ça, je voulais simplement atteindre le fond des choses. — Mais… vous travaillez dans la police. Vous n’avez pas le devoir de… ? — Le devoir est une notion complexe, observa Erlendur.

Divers

  • Titre original : Furðustrandir – Étranges rivages (2010) / trad. de l’islandais par Éric Boury
  • Ebook : 7.8 heures de lecture, 23 minutes par session, 598 pages, 1.3 pages/minute
  • Note : ***** (4/5)

Autres Ouvrages

Le Duel  -  Arnaldur INDRIDASON
Le Duel – Arnaldur INDRIDASON

Tonbo de Aki Shimazaki

tonbo de Aki Shimazaki
tonbo de Aki Shimazaki

Quatrième de couverture :

Nobu a fondé en 1981 un juku, établissement de cours privés spécialisé dans la préparation des examens. Six ans plus tard, avec la visite inattendue d’un homme qui réveille le souvenir du suicide de son père, il apprend une tout autre histoire que celle qui a assombri sa jeunesse. Professeur respecté, injustement accusé d’avoir provoqué la mort d’un élève rebelle, le père de Nobu avait vu son destin littéralement pris dans les mailles inextricables d’une rivalité d’étudiants. Mais le drame d’alors prend aujourd’hui une tournure imprévue. Après le remarquable succès public de son cycle Le Poids des secrets, récompensé au Canada par plusieurs prix littéraires, Aki Shimazaki construit un nouveau projet romanesque à multiples facettes : chaque titre de la série composée pour l’instant de Mitsuba, Zakuro et Tonbo peut se lire indépendamment, mais ensemble ils éclairent dans toute leur complexité des secrets familiaux imbriqués dans la cruelle réalité du monde professionnel et de l’Histoire japonaise. Dépouillée, aussi précise qu’économe, la plume d’Aki Shimazaki n’en est pas froide pour autant : son art de la litote suscite une empathie remarquable et crée un suspense psychologique tout à fait fascinant.

Thème : voyage psychologique, enseignement, culpabilité, suicide, déshonneur

Critique :

J’ai commencé Tonbo, en m’apercevant à mi-lecture que c’était le troisième volume de la série « Le poids des secrets »…. Bref, le principe de la série est une suite de livres donnant à chaque fois des points de vue différents à la même histoire. Donc j’espère ne pas m’être égaré.

L’histoire est celle d’une famille ordinaire, ni riche, ni pauvre, rien de spécial, Sauf un incident de parcours : le père de Nobu se suicide en 1972, il était professeur de biologie. Son père gifle un élève lors d’un cours et celui-ci meurt le lendemain. Cet élève avait un grave problème cérébral. La gifle et son décès n’était qu’une coincidence. Les médias déformèrent l’affaire : »un élève tué à coups de poings ». Son père démissionne puis est lentement poussé au suicide.

On a différents aspects des coutumes et de la vie japonaise, du rapport au travail :  « j‘ai refusé l’ordre de mutation à Sao Paulo« , « Perdre son travail, ce n’est pas seulement perdre de l’argent. C’est aussi perdre sa confiance en soi et son but dans la vie« , de l’importance de l’entreprise dans la vie d’un employé. jusqu’à celui du suicide. L’individu au Japon se définit par rapport à la relation à l’autre et non en terme d’individualisme. « Tu n’es pas responsable des actes de ton père. Oublie-les. C’est ta vie qui compte » est choquant et n’est pas coutume au Japon. Nobu insiste particulièrement sur l’identité la perte de la culture, les racines,

Je n’ai pas été convaincu par ce roman, comme il appartient à une pentalogie, il me reste à lire les autres volumes

Personnages:

  • Tsunoda Nobu  : le narrateur
  • Haruko : l’épouse ( Travaille à l’hopital ), 2 enfants ( un fils et une fille )
  • M Miwa : Propriétaire du batiment du Juku
  • Mme Wada : Employée  de bureau au Juku
  • Yûko : réceptionniste à la compagnie Goshima ( à une fille Mitsuba)
  • M Tsunoda (père de Nobu) :
    • Kazuo Yada : élève décédé ( Kazu)
    • Sawako (Akitsu) : délégué de classe
    • Jirô Tanaka: ou Kano, Tanaka est le nom de famille de sa femme, beau-fils adoptif Jirô Kano

Lexique :

  • kokugo : langue nationale
  • juku : établissement éducatif, centre culturel.

Citations :

  • Perdre son travail, ce n’est pas seulement perdre de l’argent. C’est aussi perdre sa confiance en soi et son but dans la vie
  • A notre troisième rendez-vous, j’ai demandé à Haruko de m’épouser. Elle a dit « Oui, avec une condition ». J’ai d’abord cru qu’elle voulait que je devienne chrétien. Cela me semblait compréhensible et j’y étais prêt. Je me trompas. Elle voulait simplement que j’arrête de fumer. Je m’étais mis à fumer après la mort de mon père, pour échapper au stress, surtout quand j’étais seul. J’ai accepté la condition de Haruko. Je ne fume plus.
  • Un enfant peut-être cruel, quel que soit son milieu familial.
  • Mon père s’est suicidé à la fin de la saison des cerisiers. Le temps était nuageux, anormalement froid pour cette période, c’était un jeudi matin.
  • Un thème récurrent de la littérature russe est la relation entre le tourmenteur et sa victime

Divers :

-Ebook / 2,7 heures de lectures / 2/3/2014

Née au japon. Aki Shimazaki vit a Montréal depuis 1991.

Appartient au cycle « Le poids des secrets », en cinq volumes :

  1. Tsubaki
  2. Hamaguri
  3. Tonbo
  4. Wasurenagusa
  5. Hotaru : prix de Gouverneur général en 2005
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