Archives pour l'étiquette adolescence

La voix de Arnaldur Indridason

La voix de Arnaldur Indridason
La voix de Arnaldur Indridason


« La voix » est le troisième roman de la série du commissaire Erlendur Sveinsson (Pour ceux traduits en France)

Toute la criminelle est au beau complet, nous retrouvons bien évidemment Erlendur et sa fille, Sigurdur Oli avec ses problèmes de couples, l’inspectrice Elinborg férue de cuisine, et également Marion Briem qui s’ennuie à la retraite.

Le père Noel a été assassiné dans un hôtel. Un poignard dans le coeur, le pantalon baissé, une capote enroulée au bout de la quéquette. Le meurtre à eu lieu dans un cagibi du sous-sol de l’hôtel. Mais personne ne le connait vraiment ce père Noël, Erlendur va creuser la vie de ce brave père Noël pour trouver le coupable. Il prend même une chambre dans ce lieu pour s’imprégner de l’atmosphère (Ou pour éviter de rentrer chez lui)  Continuer la lecture de La voix de Arnaldur Indridason

Futon de Tayama Katai

Futon de Tayama Katai
Futon de Tayama Katai

 

Pour situer la temporalité du roman de Tayama Katai, celui se déroule pendant l’ère Meiji entre 1868 et 1912, qui est la fin de la période d’isolement du Japon et le début de la modernisation (teinté d’inspiration occidentale). C’est aussi
l’ère des grands changements sociaux : « il est le précurseur, au Japon, de ces exposés de la noirceur humaine, de ces hésitations qui torturent des héros enfin conscients de leurs sentiments. » Le héros Toki.o est Continuer la lecture de Futon de Tayama Katai

Journal d’un corps de Daniel Pennac

 

journal d'un corps de Daniel Pennac
journal d’un corps de Daniel Pennac

 

Daniel Pennac nous offre via le narrateur un journal. Mais ce journal n’est pas de simples mémoires ou un cahier : c’est celui de son corps. Cette autobiographie du corps nous est décrit depuis l’âge de douze ans en 1935, et jusqu’au derniers jours du narrateur en 2010, à l’âge de 87 ans, et il nous décrit les découvertes, rouages, et anomalies liés à ses organes. 

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L’arc-en-ciel blanc de Akira Yoshimura

L'arc-en-ciel blanc de Akira Yoshimura
L’arc-en-ciel blanc de Akira Yoshimura

Avis :

“L’arc-en-ciel blanc”, est un ensemble de quatre récits écrits entre 1953 et 1964. Il est paru en 2012 chez Actes Sud. La quatrième de couverture résume les quatre nouvelles et dévoile à mi-mot les finalités. Ce qui un peu nuisible à la lecture.

Toutes ces nouvelles ont un point de convergence qui est la mort. Les causes de ces morts sont déclinées de différentes façon : un traumatisme causé par un viol, la mort d’un fils surprotégé, par attachement, et le dernier celui de la fatalité. Mais ce sont également des histoires d’amour cruelles qui amèneront au désespoir.

Une de mes nouvelles préférée est celle appelée « Étoiles et funérailles ». L’histoire de Jirô fasciné par le rite des funérailles. Elle nous conte poétiquement entre autres le commerce avec les étoiles, une représentation métaphorique de la mort. Cette nouvelle fait un lien avec “Voyages vers les étoiles”.

“Il se rappela que dans son enfance sa grand-mère lui racontait que les morts montaient au ciel et se transformaient en constellations. Elle disait que les étoiles dispersées sur la voûte céleste étaient toutes des incarnations de personnes disparues et que leur lumière s’amplifiait à l’infini en suivant l’augmentation du nombre de morts.”

YOSHIMURA Akira nous invite dans les nouvelles que composent “l’arc-en-ciel blanc” à revisiter certains de ses thèmes de prédilection : mort, suicide, pauvreté. Les temporalités tournent autour  des périodes d’après-guerre, et de celle du grand tremblement de terre du Kantô.

Mais on retrouve aussi le thème particulier des ossements que l’on retrouve dans d’autres oeuvre : “Un spécimen transparent” et l’excellent “La jeune fille suppliciée sur une étagère”.

Pour conclure ce n’est pas, je pense par cet ouvrage qu’il faut découvrir Yoshimura, mais il permettra d’affirmer les thèmes et de faire des liaisons avec ses autres œuvres. Des nouvelles de qualité un peu inégale, peut-être due à la compilation de nouvelles écrites sur une période de dix ans.

 

L’arc-en-ciel blanc (1953)

Toshisuke se souvient de la résistance inattendue de sa jeune épouse : une sorte d’aversion à être touché. Toshisuke est désorienté, Ayako frissonne, blême. Ayako se dit troublée par la mort de sa mère il y a de cela deux ans, sa mère qui avait perdu une jambe pendant la guerre. Elle se réveille la nuit pour vomir, un doute vient à l’esprit de Toshisuke.

thème : viol, grossesse, infanticide, amour, traumatisme.

Un été en vêtement de deuil (1958)

Kiyoshi, un enfant qui doit avoir dans les 10 ans, vit avec sa grand mère malade, un peu déficiente et une domestique. La grand-mère est préoccupé par le poulailler et les oeufs. Chaque jour elle les gobe. Un jour des poussins naissent, dans le groupe il y en a un malade. Kiyoshi s’en occupe, très affaibli il lui tord le cou. Il l’enterre dans une petite boîte “Tombe du poussin” dans un cimetière secret. Sa grand-mère l’appelle à ce moment là, il se sent pris en faute et craint le pire. Mais sa grand-mère lui donne un registre noire. Il se rend jusqu’à une remise et trouve une petite fille maigre et une femme d’une trentaine d’année. La femme peint des masques.

Thème : vieillesse, pauvreté, tremblement de terre du Kantô en 1923, mort

Etoiles et Funérailles (1960)

Un cortège funéraire se dirige vers un temple, soudain une pluie violente. Les gens courent s’abriter, seul un enfant Jirô suit le cortège. Les gens se sentent honteux, humiliés par leur comportement en face du calme et du respect porté par Jirô. Jirô apprécie les funérailles, il fait partie de tous les cortèges. Il avait été très impressionné par l’enterrement de son père. Lors d’un incident, les funérailles tournent presque au drame. Que faire des ossements d’une défunte partiellement enterré Jirô intervient,  donne les indications pour que le rituel soit respecté.  Il reçoit des remerciements : une enveloppe. Jirô va se prendre d’amitié pour Tokiko, une petite fille pauvre qui porte un bébé dans son dos.

Thèmes : funéraille, mort, ossements, cérémonies et rituels, amour, suicide, étoiles

Le mur de briques (1964)

Deux jeunes enfants Kiyota et sa petite sœur Hisae se faufilent la nuit dans une écurie. Ils sont dans un laboratoire d’un centre de recherche. Kiyota harnache un cheval et avec sa sœur ils partent.

Thèmes : amour, mort, fatalité
 

Citations:

  • Toshisuke en vint à avoir une nouvelle opinion concernant son épouse. Les hallucinations auditives en pleine nuit, tout comme son odorat qui reconnaissait l’odeur de la peau des poissons, recelaient quelque chose d’inhabituel. Cette sensibilité exacerbée lui paraissait maladive. (p16)
  • Quelque chose de blanc recouvrait déjà le fond du bol, dégageant un peu de vapeur. Au-dessus Ayako, pressant énergiquement ses seins, tirait son lait. Toshisuke, soulagé, regardait à ses pieds le liquide blanc gicler comme des fils de soie à chaque gémissement de sa femme.
  • Vous savez bien qu’il faut poser les os sur le cercueil avant de l’enterrer, dit-il en désignant le crâne. Ils se réjouissent de la venue du mort. C’est pour cela qu’il faut les poser sur le cercueil, enfin!
  • Le cercueil fut descendu dans la tombe. Il y eut un bruit d’eau, comme celui d’un poisson qui saute, quand le cercueil plongea (p101)

 

Divers:

  • L’Arc-en-ciel blanc (白い虹) – Actes Sud, 2012, 17€, 182 pages
  • Bibliothèque du KB 05/05/2014

Voyage vers les étoiles de Akira Yoshimura

voyage vers les étoiles de akira Yoshimura

« Voyage vers les étoiles » a été écrit juste avant « Le convoi de l’eau » 2009, c’est un recueil de deux nouvelles : « Un spécimen transparent », suivi de « Voyage vers les étoiles ».  On retrouve un style sombre, précis ‘écrit au scalpel’ dans ces nouvelles.
« Un spécimen transparent » nous conte l’histoire d’un homme solitaire d’une soixante d’années qui est employé dans un hôpital universitaire, son travail consiste à faire des désarticulations sur des cadavres afin de conserver les os. Fonctionnaire dans cet hôpital il souhaiterait réaliser une oeuvre :’rendre les os transparent comme du cristal’. Cet lubie exaspère son directeur et les chercheurs. Cet homme solitaire va sembler s’humaniser par un mariage arrangé, un apprenti auquel il se rapprochera petit à petit, et une belle-fille qui lui servira peut-être à sublimer son oeuvre.
L’autre nouvelle « Voyage vers les étoiles », nous raconte l’histoire d’un adolescent isolé, délaissé par leur familles. Sans but dans la vie, il lâche les études à cause du stress généré . Il rencontre un groupe qui a les mêmes aspirations que lui. Ils regardent les heures s’égrener et attendent patiemment. Chacun des membres du groupe à des aspiration nihiliste, Une veut changer de visage, un autre rêve d’opium et de briser des coffres fort. Un autre veut devenir leader d’un groupe religieux. Puis Mochizuki l’un des jeune propose alors de partir en voyage : afin de mourir. L’idée du suicide se transforme du tragique en passion. Ils prennent un camion et partent vers la mort. On voit leur crainte, leurs hésitations mais ne peuvent pas paraître lâche devant les autres, c’est peut-être la seule chose qui leur reste: un courage qui les réunit.
La première nouvelle rappelle « La jeune fille suppliciée sur une étagère », ces deux nouvelles sont très proches au niveau de leur thématique. Mais cette fois-ci la vision de la mort ne provient du corps mais du fonctionnaire de la morgue. Au delà de la thématique proche de la mort, du devenir du corps dans l’après vie, le lecteur pourra chercher de nombreuses autres pistes et points communs entre ces deux nouvelles : la pneumonie aigüe par exemple. L’autre « Voyage vers les étoiles » est une critique de la société japonaise, de l’isolement des jeunes, du manque d’intégration, d’amour, une vision d’un future morbide qui brillerait dans une constellation d’étoiles.

Un spécimen Transparent

Thèmes = mort, obsession, squelette, os

Synoptique :

  1. Kenshuro, a 60 ans. Il travaille dans un laboratoire de recherche. Un apprenti du nom de Kamo lui est confié comme assistant. Il veut tout d’abord le tester et il éviscère devant lui un cadavre. Kenshiro est gêné car il aime travailler en solitaire et Kamo supporte le travail. Il craint également pour son poste. Son travail : Retirer les chairs des cadavres pour les réduire à l’état de squelette. Puis les os sont conservés dans des jarres pendant une dizaine de mois afin de nettoyer les os. Son travail finit il se rend aux bains publics pour éliminer l’odeur persistante des cadavres.
  2. Il se souvient, jeune il vivait solitaire. Son beau père et lui sont arrêtés. Il vole les fémurs des cadavres pour les sculpter et les vendre (Période du tremblement de terre du kantô). Un poste se libère dans un hôpital universitaire et l’accepte. Il passe du couteau du ciseleur au scalpel. Son métier l’empêche de trouver une femme, le remugle des corps les fait fuir. Une entremetteuse lui présente une femme d’une quarantaine d’année qui accepte ( elle n’a pas de ressources). L’accord comprend un mariage avec Tokiko et une aide financière à Yukiko sa fille. Il accepte mais se sent duper car Tokiko possède une maladie de coeur qui l’empêche d’avoir des rapports et l’oblige à resté aliter. Kenshuro fait des recherches à son domicile afin d’obtenir des spécimens osseux transparents.
  3. Il est reconnu pour son travail sur les os. Il aspire à faire des os transparents comme du cristal. Il souhaite connaître les aspirations de Kamo : La beauté des os, ou la recherche des côtes qu’il perdu ? Kenshuro demande à son directeur un cadavre frais pour ses expériences, et lui propose son corps en échange à sa mort. Le directeur est gêné et feint d’accepter.
  4. Kenshuro veut ‘profiter’ de sa femme mais celle-ci a une crise. Il montre un des prototype d’os qu’il a réalisé dans son laboratoire à son directeur et redemande un corps. Le directeur semble exaspérer par ses demandes. Un corps arrive à la morgue il veut le récupérer mais on lui refuse. Il sent sa condition et son travail inférieur à celui des chercheurs de l’hôpital. Yuriko et Kamo se rapprochent. Kamo cache son métier ainsi que celui de Kenshuro. Une amitié se créé avec Kamo.
  5. Yuriko est malade, mais ne veut pas l’aide de son  beau père. Kamo passe la voir, s’affole de son état et va chercher un médecin. Yuriko à une pneumonie aiguë et meurt. Une idée et un espoir vient à l’esprit, il donne le corps à l’hôpital afin de pouvoir utiliser les os de sa fille ?

Personnages :

  • Kenshiro Mitsuoka :
  • Mitsuoka : Le beau père de Kenshiro, a pour métier ciseleur (pipe en os et scènes érotiques)
  • Tokiko : Sa femme, 47 ans pauvre, mais possède une beauté Yuriko
  • Yuriko : La fille de Tokiko
  • Kamo : Apprenti de Kenshiro à l’hôpital

 

Netsuke érotique
Netsuke érotique

Citations

  • Et cependant, l’os devenu transparent était aussi beau qu’il l’avait imaginé. Les endroits minces étaient devenus transparents au point qu’ils permettaient de distinguer vaguement les choses au travers, et là où il était épais l’os luisait avec de jolis reflets jaunes comme le ventre d’un poisson d’eau douce regorgeant d’œufs.
  • Demandant à Kamo de se tenir près de lui, il avait brandi son scalpel pour ouvrir en grand le ventre d’un cadavre bien avancé. Puis il avait empoigné les viscères pourrissants pour les sortir et les lâcher dans une odeur infecte au-dessus d’un baquet posé à ses pieds.
  • Mais la couleur des os sous les chairs horribles avait été à la hauteur de ses espérances. Cela lui permit même de comprendre d’où venait l’enthousiasme de son beau-père à les sculpter.
  • Il aimait se retrouver seul pour cette tâche ignoble, et il éprouvait même une certaine assurance à se vautrer dans le mépris des autres qu’il ressentait.
  • Sur son profil qui recevait à travers la vitre le soleil hivernal flottait l’expression du pêcheur qui regarde le poisson dans son panier.
  • La lame, tournoyant à une vitesse étonnante autour du corps libéra en un clin d’œil le crâne, les membres, les côtes et les os du bassin. Tous ces os furent fixés à l’extrémité de près d’une dizaine de gros fils de fer qui pendaient du plafond. On se serait cru à l’intérieur d’un magasin de pièces détachées pour bicyclettes. Le collier d’os de l’épine dorsale enfilés sur l’un des fils ressemblait à une chaîne de vélo.
  • Il avait déjà fabriqué plus de quatre cents squelettes d’étude. De plus, il avait pratiquement tout fait tout seul, de la désarticulation jusqu’aux finitions, et près de la moitié avait été prêtée à d’autres universités. Lorsque les os désarticulés étaient sortis des jarres après leur séjour d’un an dans l’eau, il fallait enlever à la brosse ou à la pince les chairs décomposées qui y adhéraient encore. Puis les plonger dans de la soude caustique, et après les y avoir fait mijoter de longues heures à feu doux, les rincer soigneusement plusieurs fois à l’eau claire. Ensuite on les blanchissait en les trempant dans de l’eau oxygénée, et après un long polissage à la brosse, on les reliait entre eux avec un fil de cuivre pour reconstituer le squelette. C’était un travail long et minutieux, qui usait les nerfs.
  • Dans la salle d’anatomie en béton, six cuves à cadavres s’alignaient comme des bassins d’élevage de poissons, tandis que les inégalités du ciment ressortaient sur le sol lavé à grande eau. Il traversa la salle, entra dans la petite pièce attenante.

Voyage vers les étoiles

Thèmes : jeunesse abandonnée, solitude, suicide, adolescence

  1. Un homme dans un camion fait signe au chauffeur de s’arrêter, il fait nuit, descend et se dirige vers la voie ferrée. On suppose qu’il s’allonge et se suicide sous le train. Le camion les avaient pris à Tokyo
  2. Trois mois plus tôt Keichi avait fait la connaissance de Miyake. Il fait connaissance du groupe, qui ne fait rien, contemple les heures passer.Keichi se sent seul dans sa famille, il se passionne pour les insectes lui pour les maquettes. Il abandonne pour les études qui lui génèrent un certain stress. La rencontre avec le groupe le rassure dans sa solitude, aspiration de nihilisme, Makiko ne pense qu’a se refaire le visage pour devenir une autre. Mochizuki voit l’avenir dans l’opium et briser les coffres forts. Miyake lui pense devenir leader d’un groupe d’instigation religieux par exemple. Puis Mochizuki propose de partir en voyage : de mourir. L’idée se transforme du tragique en passion. Ils prennent un camion et partent
  3. Ils arrivent à un village en bord de mer. Se baignent, hésitent sur leur détermination. Ils voient alors des stèles et des stupas dressés près du village.
  4. Ils dinent et prévoient de se jeter d’une falaise dans la mer encordé et lesté de pierres. Keichi est indécis. Il hésite mais les suit, peur de paraître lâche ?

Citations

  • Il se rappela que dans son enfance sa grand-mère lui racontait que les morts montaient au ciel et se transformaient en constellations. Elle disait que les étoiles dispersées sur la voûte céleste étaient toutes des incarnations de personnes disparues et que leur lumière s’amplifiait à l’infini en suivant l’augmentation du nombre de morts.
  • La guerre était certainement une destruction grandiose, mais si l’on pensait que cette destruction était justement la force motrice qui permettait le progrès des groupes humains, il se sentait digne de prendre l’initiative de participer à cet acte de destruction…
  • Dans cette vie atone, la rencontre avec Miyake et son groupe avait constitué pour lui une planche de salut. Tout d’abord, il fut rassuré de savoir qu’il n’était pas le seul à ne pas supporter tout ce temps devant lui. Et puis, ne pas être complice de l’ennui de Miyake et des autres lui apportait une légère lueur d’espoir. Surtout lorsqu’il apprit que dans le passé ils avaient tenté d’une manière assez radicale de chasser leur sentiment d’impuissance qui avait fait son nid dans leur corps. Ils avaient essayé toutes sortes de choses, organisant des soirées pyjama, allant même jusqu’à louer une maison pour essayer de vivre en communauté, cherchant à leur manière de l’excitation.

Personnages :

  • Miyake : étudiant dans un atelier de dessin.
  • Keichi : étudiant à l’école  préparatoire.
  • Mochizuki  : étudiant dans des cours du soir.
  • Makiko : étudiante dans un institut d’esthéticiennes (trois tentatives de suicide)
  • Arikawa : étudiant à l’école  préparatoire.
  • Deux jeunes femmes en robe blanche, une de 16, 17 ans et l’autre la vingtaine.

Divers :

Ebook, 
Voyage vers les étoiles (星への旅?), Actes Sud, 2006,
Livre lu la dernière fois: 2014-04-28 02:39:27
3 heures de lecture, 29 minutes par session, 231 pages tournées , 1.3 page par minute

 

 

Mourir pour la patrie de Akira YOSHIMURA

 

Mourir pour la patrie de Akira YOSHIMURA
Mourir pour la patrie de Akira YOSHIMURA

 

 

L’action se déroule à Okinawa et débute le 25 mars 1945. Okinawa est le dernier rempart avant l’invasion des îles principales du Japon par les Américains. Nous allons suivre le récit de cette résistance héroïque par les yeux de Shinichi Higa un soldat appelé de dernière minute , il a 14 ans. Il est enrôlé dans l’unité « Fer et Sang pour l’Empereur ». « Nous, les élèves de l’école secondaire numéro un, sommes prêts à mourir ! Chacun d’entre nous tuera dix ennemis ! Nous les éliminerons tous, jusqu’au dernier ! Nous ne leur donnerons pas notre sol et nous défendrons jusqu’à la mort le Japon pays des dieux ! criaient-ils, la voix tremblante d’émotion »Il est alors rattaché au transport des blessés ou l’horreur est transcrite par les vers qui se nourrissent des plaies des blessés faute de médicaments, d’hygiène. Malgré sa déception d’être cantonné à l’infirmerie Shinichi accepte sa mission en attendant de pouvoir se sacrifier et tuer le plus d’ennemis. L’attente est longue, il tentera d’infléchir le lieutenant, mais il se fera rabrouer, s’occuper des blessés étant une tâche importante. L’hôpital est évacué, il se retrouvera avec des artilleurs. Et cherchera jusqu’au bout les restes de son unité « Fer et Sang pour l’Empereur » pour se sacrifier avec ses camarades d’école. Ces combattants héroïques qui portent des mines attachées à leur taille et qui sont prêts à se faire exploser à tout moment.

Tous les sentiments sont absents ce livre, la cruauté et l’horreur sont visible sans pruderie. On ne verra jamais Shinichi Higa ému par les souffrances au delà du supportable de la population. Le passage ou Shinichi voit un bébé essaye de téter le sein dénudé de sa mère dont le crâne est défoncé est décrit de façon clinique sans aucun sentiment. Il ne rêve que de glorifier son empereur et sa patrie, de s’offrir en sacrifice anonymement MAIS surtout en tuant le plus d’ennemis possibles. L’endoctrinement et le fanatisme que l’on va rencontrer chez ces jeunes collégiens est hallucinant. 

L’écriture est sombre, précise. Le roman est d’une grande force. Il ne pourra pas plaire à tout le monde et pourra paraître difficile à lire car trop réel. La narration nous plonge dans l’horreur et les descriptions cauchemardesques, putrescence rendu par le fanatisme et l’endoctrinement de ces guerriers de l’empereur.

Synoptique :

  1. Okinawa, Seuls les élèves de 5 ème 4ème et 3ème années avaient reçu leur ordre d’appel 25/3/1945 et quelques volontaires, Tristesse des autres qui veulent se battre . Veulent servir et donner leur vie pour la patrie. Le principal autorise de remettre des diplômes au 4 et 5 ème année (Exceptionnellement). Il appartient à l’unité « fer et sang pour l’empereur », on leur donne un uniforme, des armes pour certains 150 cartouches et trois grenades pour les autres des lances en bambou. Le 31 mars les recrues reçoivent leur affectation. Les bateaux ennemis s’approchent, le débarquement est imminent
  1. Shinichi s’occupe du transport des blessés, c’est le 5ème jour du débarquement et le nombre de blessés s’intensifie. Nous somme le 11 avril. Il envie ses camarades qui sont au front alors qu’il ne s’occupe que de porter les blessés et d’enterrer les morts. Les morts sont innombrables, l’état des blessés est difficilement supportable les blessures s’infectent, l’hygiène n’existe plus « les asticots grouillaient dans les blessures infectées p46  » . De fausses rumeurs de contre attaque permet de conserver l’exaltation et l’optimisme des troupes. On enterre plus les cadavres qui sont jetés dans des fosses. Il veut se sacrifie en criant « gloire à l’empereur » 20 mai l’ennemi progresse, 24 mai l’ennemi est visible. résister le plus longtemps possible même au prix de du sacrifice de nombreuses vies. Une retraite mais annoncé comme un redéploiement
  2. Shinichi est envoyé à un site d’artillerie dans la montagne, il sert de communication. Le 1 juin. Leur blockhaus est pilonné, il est à découvert donc inutilisable. Des chars s’approchent certains sont détruits. La position est abandonnée pour le mont yoza
  3.  Tous les combattants meurent autour de lui de façon héroïque ou non, mais en participant aux combats. Shinichi les envie de participer activement à cette guerre, il se sent inférieur. L’hôpital est de nouveau abandonné, les blessés sont achevés avec des piqûres des cyanure. Une explosion Shinichi se retrouve sous une montagne de corps et de cadavres : Seul survivant malgré lui de ce charnier
  4. Il se réveille plusieurs jours après, et se retrouve derrière les lignes ennemies avec un autre soldat, ils se cachent parmi les cadavres pourissant puis avec les civils réfugiés. Il essaye de rejoindre son unité « fer et Sang pour l’Empereur »
  5. Il commence à ressentir l’horreur de la guerre qui l’entoure : une femme accompagné de ses enfants lui demande de les tuer pour ne pas être capturés, un enfant tête le sein du cadavre de sa mère. Peu à peu les gens se suicident ou essayent de se rendre mais sont alors abattus par les siens. Il finit capturé.

Citations :

Si tous les habitants d’Okinawa s’associaient à l’armée pour se battre, l’ennemi serait anéanti car sa force n’était que matérielle 21
Etes -vous prêt à mourir? Un vrai guerrier est d’abord quelqu’un qui est prêt à se sacrifier. La bataille finale pour votre île va débuter. Vous allez donner votre vie pour la défendre, animé par l’esprit du sacrifice pour le pays des dieux. Moi, je suis prêt. Je vous guiderai jusqu’au bout. Et vous me suivrez dans la mort. 39
Shinichi commençait à penser que son désir d’une mort héroïque était peut-être lié à sa peur de connaître le terrible sort des blessés. Sa préférence pour une mort instantanée, et non à la suite de blessures, était profondément ancrée en lui. Les blessés étaient indéniablement des guerriers qui donnaient leur vie pour la patrie, mais couverts de sang et de déjections, ils n’existaient plus que pour respirer. Nombreux étaient les soldats qui imploraient les brancardiers de les liquider pendant le transport. Ils voulaient échapper à la douleur et devaient deviner le traitement qui les attendait 52
Dans une anfractuosité gisait une femme dont le crâne défoncé laissait apparaître son cerveau. Un nourrisson était blotti contre ses seins dénudés et noircis. Shinichi perçut un bruit faible. Il posa les yeux sur le bébé qu’il avait cru morte vit qu’il bougeait. Le son venait de lui. Il sentit son visage grimacer. Le bébé tétait en frottant le sein d’une main. Le jeune garçon regarda ce nourrisson innocent avec dégoût, Serait-il bientôt transpercé d’une balle ou allait-il mourir de faim. Il tendit la main vers le petit corps mais la retira aussitôt (…) Il quitta le renfoncement d’un pas décidé en se reprochant sa sentimentalité (p145)

Divers

Mourir pour la patrie. Higa Shinichi, soldat de deuxième classe de l’armée impériale (?) – Actes Sud, 2014, 173 pages 
Prêt : Librairie du KB le 22/04/2014

Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants de Ôé Kenzaburô

Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants de  Ôé Kenzaburô
Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants de
Ôé Kenzaburô

 

Pendant la seconde guerre mondiale, des adolescents d’une maison de correction sont expédiés dans un village de montagne. Ils sont alors traités comme des esclaves dans ce village, puis abandonnés parmi les cadavres au sein de l’épidémie qui fera fuir les villageois. La guerre n’est qu’un prétexte pour montrer la folie des hommes dans ce microcosme ou fureur et mensonges se côtoient. « Écoute, un gars comme toi, il vaut mieux l’étrangler quand il n’est encore qu’un enfant. Les minables il vaut mieux les égorger au berceau. On est des paysans, nous : on arrache les mauvais bourgeons dès le début. » Un peu de chaleur et de fraternité existe entre ces adolescents, malgré les coups et les humiliations qui est leur lot quotidien.

On retrouve le thème des adolescents emprisonnés dans une maison de correction également dans  la deuxième nouvelle des « Le faste des morts ». Le climat du village fait également pensé à la nouvelle « Gibiers d’élevage ». Ce roman est d’une force et d’une violence inouïe, ou la vie n’a que peu de valeur. Le langage est cru et sans artifice.

Synoptique

  1. Arrivée : Des enfants sont ramenés après une escapade, ils sont regroupés et partent vers un village excentrée dans les montagnes.
  2. La première petite tâche: Ils arrivent au fond d’une vallée. Leur travail sera de défricher la pinède. Leur premier travail est d’enterrer !!. Ils ramassent d’innombrables carcasses d’animaux : chiens, chats, poulains, chèvres …. Une épidémie est dans le village.
  3. La peste qui s’abat Et le repli des villageois : Un des jeunes qui était malade, meurt. Les villageois quittent le village, les abandonnant.
  4. Enfermement: Les enfants sont abandonnés à eux même sans surveillant, ils errent, volent. Deux autres ont été abandonnés : un coréen et une petite fille qui surveille un cadavre
  5. Coopération entre les délaissés : Les corps sont enterrés. Le coréen Lee les emmène voir un soldat fugitif (un déserteur) qu’il cache. La sauvageonne les rejoint. Le frère du jeune adopte un chien.
  6. L’amour : Le narrateur est jaloux de son frère qui est proche du soldat, puis il va chercher le médecin pour qu’il reprenne la fille, mais le médecin le frappe et le chasse.
  7. La chasse et la fête dans la neige : les jeunes font une patinoire. Lee ramène des oiseaux de la chasse. La fille est malade, fiévreuse. Son frère attrape un faisan. Pour le premier faisan attrapé, s’ensuit une fête afin de célébrer la chasse autour d’un feu
  8. Premiers symptômes et panique: La fille est fiévreuse, elle meurt. Tout le monde pense que c’est le chien de son frère qui l’a contaminée en la mordant. Ils tuent et brulent le chien. Son frère s’enfuit.
  9. Le retour des villageois et le massacre du soldat :Ils sont tous attrapés par les paysans et enfermés dans la grange. Le déserteur est capturé, éventré , il est remis à la police militaire. Lee revient, il avait trouvé la besace du frère.
  10. Le procès et l’exclusion :

Thème : Adolescence, Maison de correction, Abandon, Sexualité, Liberté

Lexique

  • Magnanerie : Bâtiment destiné à l’élevage des vers à soie
  • Sanie : matière purulente fétide, mélangée de sang (9)
  • Chassie : Substance visqueuse et jaunâtre qui se dépose sur le bord des paupières, chiures (31)

Citations:

  • C’était une époque de tueries. Tel un interminable déluge, la guerre inondait les plis des sentiments humains, les moindres recoins des corps, les forêts, les rues, le ciel, d’une folie collective. (10)
  • Moi, dit-il d’une voix chaude qui sortait avec peine de son gosier, je le raconterai à tout le monde. Que nous avons été abandonnés comme dans une décharge (p47, III)
  • Je déteste les lâches, dis-je. Quand on s’approche, ils puent. (p80, VI)
  • La fatigue enflait en moi comme une éponge que l’eau imbibe lentement,(108, VIII)
  • Il me saisit à la poitrine, en me faisant presque suffoquer. Il haletait de colère. — Écoute, un gars comme toi, il vaut mieux l’étrangler quand il n’est encore qu’un enfant. Les minables il vaut mieux les égorger au berceau. On est des paysans, nous : on arrache les mauvais bourgeons dès le début.
  • Dans notre vie quotidienne, les obstacles qui nous blessaient profondément corps et âme, mais auxquels nous devions céder, se succédaient sans nous laisser d’autre choix que de les affronter. Être roué de coups, tomber dans une mare de sang, c’était là notre lot commun.
  • Notre camarade gisait maintenant sous la terre et sa peau, la muqueuse de son anus ouvert, ses cheveux trempaient dans l’eau souterraine qui les imprégnait. Cette même eau, qui avait déjà imbibé les nombreuses carcasses animales et s’était écoulée sous terre, serait bue par les robustes racines des plantes.
  • La veste de mon frère avait pris l’odeur d’un fruit qu’on aurait laissé se décomposer rapidement, de façon chimique ; non pas le résultat d’un long effort, d’une bactérie décomposante, mais c’était plutôt l’odeur d’une décomposition plus immatérielle.
  • Nous sommes englués dans la flaque du temps. On ne peut rien faire. Mais rien n’est plus difficile et exaspérant, fatigant et vénéneux pour le corps que d’être emprisonné sans rien pouvoir faire.
  • Ces bougres-là vous détestent comme la lèpre. Ils sont capables de vous tuer. Vous aurez plus de mal à fuir d’ici que lorsque vous étiez en prison.

Divers :

ebook

Martyre, Ken de Yukio MISHIMA

 

Martyre, Ken de Yukio Mishima
Martyre, Ken de Yukio Mishima

 

 

Martyre :

Une impression bizarre, étrange qui se dégage de la lecture de Ken. Cette nouvelle est centrée sur la psychologie de trois personnages. On trouve Jirô, Ce capitaine d’équipe de Kendô dont sa supériorité semble naturelle, doué d’une beauté charismatique, d’une force, d’une maîtrise du sabre. Il semble être un descendant des samouraïs adepte du Bushido. Seul l’entraînement compte pour lui, il va secourir le plus faible, mais ne ressent pas les faiblesses et tensions morales qu’il créé autour de lui. Il parait imbu de sa personne, orgueilleux  en compétition avec Kagawa. Pour Mibu il créé des sentiments troubles (éveil de la sexualité : sourire de Jirô), Jirô représente pour lui la perfection qu’il ne pourra jamais atteindre. Mibu réfrène ses sentiments, allant même à mentir pour ne pas se sentir isoler, cacher sa faiblesse.

Jirô se trouve confronter à une double responsabilité : celui de mentor et de capitaine d’équipe. Il ne peut assurer ces deux fonctions. Ses rivaux recherche des faiblesses, mais personne ne les trouvera au sein d’un combat armé d’un sabre. La désobéissance, la rébellion viendront à bout de ce combattant hors norme.

Il y a je pense de nombreuses lectures possibles pour cette nouvelle, chaque personnage possède une face cachée et sombre. Même Kinouchi qui semble le plus humble, posé va se découvrir expliquer en détail comment arracher la peau d’un visage.

Repère les faiblesses des anciens « La jeunesse et la vieillesse devaient se rencontrer pour croiser leurs fers en un combat décisif » 21.

thème : Kendô, Bushido, orgueil, rivalité, violence

  1. Jirô s’entraîne avec Mibu, puis Kagawa avec Mibu. Puis Jirô s’entraîne avec Kinouchi . Le combat de la force brute, puis le combat de la jeunesse contre la vieillesse.
  2. La supériorité de Jirô lui semble naturelle, ainsi que sa place de capitaine d’équipe . Cette sacralisation lui permet de rompre avec son enfance ordinaire (mollesse, émotivité) Il n’a qu’un seul but devenir quelqu’un de droit et de fort.  Recherche d’un absolu « Sentiment de marcher à la surface d »un lac noir, sacré », 27. Lors d’un entraînement seul il rencontre une bande de jeune qui avait tiré sur un oiseau, il sauve le pigeon ( Imbécile, tu t’es fait avoir il n’y avait pas de balles) , mais blessé, il pense le tuer, mais arrive le jardiner, qui voit une tâche de sang sur la joue, lui propose de l’essuyer avec un Lis (emblème, symbole de pureté).
  3. Kinouchi reçoit avec plaisir les kendokas chez lui, Kagawa sans prévenir se rend chez lui, ils parlent du stage d’été et du financement dans un magasin(Kagawa trouve se travail ennuyant). La raison de sa visite, incident au bain:un étudiant de première année se doit de masser Jirô ( orgeuilleux, sagesse amère) puis Kagawa, Jirô aurait pu donner sa place. Ils son tous deux quatrième dan, mais dans ce club plus stricte Kagawa n’est que troisième dan. Kinouchi ne prend pas position.   Il s’est fait aussi punir par Jirô pour avoir fumé après un entraînement, sans mot de réconfort par la suite, juste un sourire (Kagawa jaloux de la beauté du sourire de Jirô). Jirô est sensible à la douleur physique mais non à la douleur morale
  4. Mibu vénère Jirô, il veut faire adulte et essaye de se faire pousser la berbe. Il défend Jirô devant un cadet et le frappe, il subissent tous deux une sanction. Il est pur, droit, fort, le contraire de Mibu d’ou sa vénération. Il n’y a que l’entraînement pour réussir.
  5. Le stage va se dérouler à la fin des vacances, dans un temple Zen à Tago. L’entraînement va être spartiate, Jirô veut les pousser au bout de leur limites. Il est interdit la baignade. « Dans un dôjô, il était tel un dieu furieux : toute l’énergie et l’ardeur de l’entraînement semblait venir de lui, rayonner et comme se propager autour de lui, 68 ».
  6. Troisième jour d’entrainement, la fatigue se fait sentir. Kinouchi les prévient qu’il arrivera le huitième jour, ne pas venir le chercher, mais Jirô refuse . Entraînement Jirô contre Murata. Jirô, Yamagishi, et Murata viennent chercher Kinouchi. Kagawa entraîne les cadets à se baigner contre l’avis de Jirô, seul Mibu s’oppose. Il ne veut pas jouer le rôle du vertueux alors que la voiture du maire approche et donc Jirô. Mibu s’enfuit, pour prévenir les autres, se fondre dans le crime commun. Kawaga se dénonce, Kinouchi le renvoie s’entraîner chez lui. Jirô demande à Mibu si il était également allé se baigner : il répond par l’affirmatif.
  7. Jirô annonce la fin du stage et félicite tous les membres, il s’éloigne du groupe. Il est retrouvé couché sur le dos, tenant son sabre entre les mains, Mort

Les personnages 

  • Jirô Kokubu Capitaine d’équipe, gloire du club de Kendô de l’université. Violence pure
  • Mibu :
  • Murata : Capitaine adjoint
  • Kagawa : Niveau très élevé, arrogant, privilégie la force. Dans sa pratique du Kendo des résidus de sentimentalité.
  • Kinouchi : Entaîneur, M. la paume, fait autorité parmi les vétérans
  • Yamagishi : Régisseur

Citations 

  • Car tout est mouvement, un mouvement qui semble naître d’une sphère étroite de silence, d’indigo mélancolique et profond (12)
  • Toute politesse des jeunes qui ne s’accompagnerait d’une certaine violence est malsaine, pire encore qu’une violence sans politesse .
  • L’homme n’a en fait que deux possibilités : être fort et droit, ou se donner la mort. (25)
  • Il s’enfermait seul dans la tour d’ivoire de sa pureté, fuyant hâtivement devant la réalité des souffrances des autres(41)
  • Jirô voulait leur faire goûter cette sensation de renouvellement qui survient après l’anéantissement de soi et dans laquelle on sent, comme une aube qui s’éveille, quelque chose de merveilleux poindre au fond de son corps. Sensation qu’au moins lui connaissait bien. « Nous sommes venus ici pour souffrir ! Pas pour nous distraire. Mettez-vous bien cela dans la tête ! »(61)

Divers :

  • Ken et Martyre font parties de nouvelles parues dans « Pèlerinage aux Trois Montagnes », nouvelles (1946,1965).
  • Ken écrit en 1963
  • Martyre en 1964
  • Folio, lu le 28/03/2014
  • Note : *****

La piscine de Yôko Ogawa

la piscine de  Yôko Ogawa
la piscine de Yôko Ogawa

Critique :

Cette petite nouvelle de Yôko Ogawa, nous confronte à l’adolescence difficile d’une jeune fille. Ses parents dirigent l’orphelinat où elle va grandir. Elle se retrouver seule parmi une multitude d’enfants abandonnés. Cette dilution des relations familiales : les petits mangent tôt avec son père,  sa mère qui vit dans son monde va provoquer une perte de son innocence.  Isolée, elle est partagée entre l’amour qu’elle porte à Jun,  la cruauté qu’elle va porter envers une petite fille : Rie. Au début faire pleurer Rie lui suffit, puis il faut que les pleurs soient plus longs, plus forts. Elle sent un dégoût envers les petits : ‘les enfants en bas âge et les animaux exotiques me glaçaient’. Sa cruauté va atteindre son paroxysme lorsqu’elle donnera un gâteau avarié à Rie : « de petites tâches roses parsemaient ses joues, ses  mains et ses cuisses.C’était comme si le chou à la crème pourri avait corrompu ses viscères, donnant ainsi naissance à des moisissures roses ». Elle taira son forfait afin de goûter la cruauté jusqu’à satiété.

Thème : Adolescence, perversité

Citations:

  • C’était une grande jarre qui arrivait à la hauteur de la poitrine d’un adulte. Tout en frottant le dos de Rie dont la respiration était agitée, je me tenais devant la jarre. J’enlevais la planche de bois à moitié cassée qui lui servait de couvercle et laissai glisser doucement le corps de Rie à l’intérieur. Je voulais entendre encore des sanglots de bébé. Je voulais goûter toutes sortes de pleurs. Rie recroquevilla ses deux jambes comme si elle était prose de convulsions et s’accrocha désespérément à mon bras. Elle était terrorisée.
  • Ses hurlements n’en faisaient plus qu’un, qui s’écoulait avec souplesse à l’intérieur de moi comme du métal en fusion.
  • Ces nourritures d’aspect grotesque jetées dans les poubelles en plastique réveillèrent ma tendance à la cruauté. Si j’enfermais Rie dans la poubelle, hurlerait-elle encore de frayeur comme le dernière fois ? Allait-elle pleurer et pleurer encore jusqu’a être trempée de larmes, de transpiration et de morves et qu’au bout d’un moment ses cuisses veloutées se couvrent de moisi comme un duvet teint avec une poudre colorée ? (49)

Divers:

  • Actes Sud, 1995, lu le 18/03/2014, emprunt bibliothèque du KB
  • La Piscine (ダイヴィング・プール Daivingu puru, 8/1990; Actes Sud 1995; novella)
  • Note : *****