La supplication Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse de Svetlana Aleksievitch

La supplica
La supplication

Recueil de témoignages d’après la catastrophe de Tchernobyl. Et dans catastrophe on rencontre de la souffrance, de la mort, de l’incompréhension, une collecte de témoignages poignants qu’a rassemblé Svetlana Aleksievitch.

Ces témoignages sont écrits sous la forme de courts monologues raconté par les sacrifiés de Tchernobyl.  J’ai du m’informer plus en avant sur l’histoire de la Biélorussie et de Tchernobyl qui est pour moi un pays mal connu afin de mieux les comprendre.

La Biélorussie est un des derniers États de l’Europe à s’être constitué comme nation, comme les Biélorusses eux-mêmes n’ont été considérés qu’à partir du xxe siècle comme un véritable peuple. Ainsi, les différentes appellations usitées au cours des siècles (Ruthénie, Russie blanche et Bélarus entre autres) indiquent une foncière incertitude d’identité et de statut du pays, incertitude toujours sensible.la Biélorussie déclara sa souveraineté nationale  ce qui constitua un premier pas vers l’indépendance.(Wikipedia)

Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl explosa. Le site était proche de la frontière biélorusse et le vent venu du sud propagea rapidement des poussières radioactives sur l’ouest de la Russie, la Scandinavie et la Biélorussie. Cette dernière fut le pays le plus touché par la catastrophe, considérée comme le pire accident nucléaire de l’histoire. En effet, la Biélorussie reçut près de 70 % des retombées radioactives, qui contaminèrent un quart du pays (50 000 km2) où vivaient 2,2 millions d’habitants ; 24 700 Biélorusses furent déplacés et le taux de cancers de la thyroïde est encore très élevé dans le pays au début du XXIe siècle, surtout chez les enfants.(Wikipedia)
On ressent à la lecture de ces témoignages, l’inquiétude  permanente des populations, surtout face à un ennemi inconnu. Un héroïsme aveugle, une obéissance tout aussi aveugle face à un gouvernement qui tait le danger. Des comparaisons sont effectuées par la population à la seconde guerre mondiale : déportations, déplacements de population.

« On construit des camps à quelque distance de Tchernobyl pour interner tous les irradiés. Là, on les gardera, les observera et les enterrera.« 

Le manque d’information des autorités dont les retombées des radiations sont sous le sceau du secret d’état est criminel.

L’incompréhension face à cette menace invisible est le pire de tout :

« Renoncer aux concombres de son potager était plus grave que Tchernobyl . Mais de quelle radiation parlez-vous, alors que les papillons volent et les abeilles bourdonnent. »

Il faut également se rappeler que le nuage radio actif avait évité la France en mai 1986 selon les dires du ministre de l’agriculture de l’époque : surtout pas de panique !!!

Tous ces témoignages sont pour apprendre, pour garder une trace dans la mémoire collective – ne pas oublier

A noter que ce livre est interdit par la censure en Biélorussie.

Extraits :

  • le meilleur remède contre le strontium et le césium est la vodka Stolitchnaïa.
  • Le pronostic du mal aigu des rayons est de quatorze jours… L’homme meurt en quatorze jours…
  • C’est tout de même pas normal qu’on ne nous ait pas donné de moyens de protection. Personne ne pensait aux gens… — En revanche, nous avions des primes. Trente roubles par personne.
  • Il vaut mieux qu’elle meure, plutôt qu’elle souffre comme ça ! Ou que je meure pour ne plus voir cela !” Non ! Je ne peux plus continuer ! Non !
  • Il est difficile de se protéger de quelque chose que nous ne connaissons pas. Que l’humanité ne connaît pas. Tchernobyl nous a transposés d’une époque dans une autre.
  • Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé, qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main !
  • Je n’ai pas peur de Dieu, j’ai peur de l’homme.
  • On demande à radio Erevan4 : “Est-ce qu’on peut manger des pommes de Tchernobyl ?” Réponse : “Bien sûr que l’on peut, mais il faut enterrer profondément les trognons.”
  • Achetez mes pommes ! De bonnes pommes de Tchernobyl !” Quelqu’un lui donne un conseil : “Ne dis pas que ces pommes viennent de Tchernobyl. Personne ne va les acheter. — Ne crois pas cela ! On les achète bien ! Certains en ont besoin pour la belle-mère, d’autres pour un supérieur !”
Carte de la région de Tchernobyl
Tchernobyl carte

Divers :

  • Titre original :Tchernobylskaïa molitva, 1999
  • Prix Nobel de littérature en 2015
  • Prix de la paix Erich-Maria-Remarque en 2001
  • Editeur : Paris, Lattès, 1999
  • Traduction : Galia Ackerman et Pierre Lorrain,
  • Note : *****

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