Fable d’amour d’Antonio Moresco

Fable d’amour d'Antonio Moresco
Fable d’amour d’Antonio Moresco

Encore une découverte, un livre mordant, un peu amer sur les relations hommes/femmes.

Un vieux clochard, une fille merveilleuse, et un pigeon messager des âmes et des corps entre le vivant et les morts. Et le temps qui coule inexorablement.

Une observation du comportement humain. Une fable moderne qui permet de faire rencontrer des personnages si différents, avec allégories et métaphores . Des comparaisons binaires noir, blanc puis des images de type négatifs ou le noir devient blanc et le blanc devient noir. Une réponse à l’énigme de l’amour et des sentiments dans une atmosphère des cités actuelles. Et un oiseau prophète qui nous accompagne entre les deux mondes essayant de rapprocher les êtres.

Un roman étrange dans le sens fantastique, un peu dérangeant mais pas désagréable.

Citations:

  • Tout est décevant… les gens ne sont pas ce qu’ils disent être. Ils te disent qu’ils sont une chose alors qu’ils en sont une autre… les gens te trompent, te blessent, te font du mal… Comment peut-on vivre dans un monde pareil ?
  • Puis, brusquement, du jour au lendemain, elle changea, elle devint quelqu’un d’autre (….) Elles se moquent bien de la vie et des sentiments des autres, elles sont capricieuses, inconstantes, jouent avec les gens et leurs sentiments, les traitent comme leur chien… « Donne la papatte ! Baisse la papatte ! » Un jour elles les font dormir au chaud pelotonnés sur la couette de leur lit et le lendemain, d’un coup : « Allez, ouste, dehors, à la niche ! »     « Mais les hommes aussi sont comme ça… » se disait le vieil homme en continuant à se tourmenter dans l’obscurité.
  • Les femmes ne sont que des miroirs. Ce que tu vois en elles, ce ne sont que les projections de tes illusions et de tes rêves. Et les femmes aussi voient dans le miroir des hommes les projections de leurs illusions et de leurs rêves. Enfin quoi… il ne le savait pas celui-là que les femmes parlent, parlent, et t’embobinent mais qu’à la fin elles vont à l’essentiel, elles essayent de se caser, dans leur brève existence ? Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Ce qui est pris est pris. Il ne le savait pas qu’elles ne voient pas les gens pour ce qu’ils sont mais seulement pour ce qu’ils pourraient être pour elles ? Que ce sont des spécialistes pour faire passer les culs de bouteille pour du cristal et le cristal pour des culs de bouteille ? Qu’elles finissent toujours par brouiller les cartes,
  • Mais il ne sait pas qu’il ne faut pas croire les mots ? Ceux des hommes et ceux des femmes, mais des femmes encore moins, et des filles encore moins, et des belles filles encore moins, sans parler de celles qui sont merveilleuses…     « Mais, s’il ne faut pas croire les mots, si les mots ne sont rien, ne valent rien, alors pourquoi les gens parlent et parlent… ?
  • C’était exactement comme dans la ville des vivants. À ceci près que dans la ville des morts, on ne sait pas qu’on est mort, de même que dans la ville des vivants, on ne sait pas qu’on est vivant.
Rentrée littéraire 2015
Rentrée littéraire 2015

Divers:

  • Titre original : Terra d’altri
  • Traduction  de l’italien par Laurent Lombard
  • Note : ***** (4/5)

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