Le livre noir de l’agriculture d’Isabelle Saporta

Le livre noir de l'agriculture Isabelle Saporta
Le livre noir de l’agriculture Isabelle Saporta

Ce n’est malheureusement pas un roman d’anticipation, et je pense pas qu’un tel roman arriverait à décrire une telle réalité. Un constat qui dépasse l’absurde  . Le livre décrit des méthodes  écoeurantes : souffrance animale, mal bouffe, destruction de la planète, inepties ,  gâchis, une économie meurtrière pour rapporter quelques euros.

Filière du porc, du maïs, soja, eau et pomme de terre (frites) sont passés en revue. Dans cette agriculture ce n’est pas l’image d’Epinal de notre enfance que l’on va retrouver mais une production industrielle intensive. « Une insémination ratée, une truie qui revient le ventre vide, c’est rillettes, on l’a vu. Une truie qui fait des mort-nés ou qui écrase ses petits, ça devient du saucisson. »

Tout cela pour faire le bonheur des semenciers de l agro chimie et des coopératives. Et aussi pour que le consommateur puisse trouver de beaux fruits sur les étals. Une note aussi sur l’omerta qui existe dans ce milieu, sur la pression qui est mise sur les agriculteurs qui ne suivent pas les  codes  ou se rebellent.

Mais finalement le consommateur  retrouvera dans ses assiettes une bonne partie des cocktails nutritifs tel des  perturbateurs endocrinien, mutagène, cancérigènes  … On pourra toujours commencer par regarder à deux fois les barquettes de viande, de fruits et de légumes avant d’acheter dans les GMS (grandes et moyennes surface).

Heureusement l’auteure ajoute quelques touches d’humour (noir) à cette enquête. Les réponse aux problèmes sont identifiés à un processus Shadokien : Shadok un jour, Shadok toujours. Un livre qui fait froid dans le dos.

Le livre a été écrit en 2011, qu’en est-il aujourd’hui ?

 

Extraits :

  • Une insémination ratée, une truie qui revient le ventre vide, c’est rillettes, on l’a vu. Une truie qui fait des mort-nés ou qui écrase ses petits, ça devient du saucisson
  • Quand un système ne marche pas, il ne faut pas en changer, mais continuer, persister, persévérer. Jusqu’à tomber ? En tout cas, les patrons des syndicats dominants n’en démordent pas, l’avenir de l’élevage porcin passera par des élevages industriels encore plus grands !
  • C’est un fait, l’élevage concentrationnaire ne tient pas sans béquille médicamenteuse.
  • Cependant, la douce main du porcher pourrait bientôt laisser place à une magnifique vaginette isotherme en silicone reliée à une trayeuse à sperme électronique. Son nom ? Collectis. « Deux fois plus efficace qu’une récolte manuelle. » « Collectis ne vous fera pas faux bond, ne demandera pas d’augmentation, ne sera pas en retard et n’aura pas besoin de vacances. » Porc Magazine l’a testée pour nous dans son numéro de mai 2010. « Kit collect, prélever sans les mains ! » Que nous faut-il donc ? Une truie mannequin galvanisée (autant dire une poupée gonflable pour verrat). Un vagin artificiel doté d’un embout en plastique pour pomper la « pauvre » bête.
  • La charcuterie, c’est du 100 % vieilles coches de réforme, chargées aux métaux lourds après avoir consciencieusement léché les barreaux de leur cage pendant trois ans, gavées d’hormones et d’antibiotiques…
  • Il gagne deux fois moins d’argent avec ses 65 vaches que son père en son temps avec seulement 40 animaux. À cela s’ajoute le coût de la nourriture que l’on donne aux bêtes. On a fait le choix de retirer les animaux des pâturages, jugeant que c’était un mode d’élevage non seulement trop aléatoire mais insuffisamment productif. Du coup, on s’est mis à faire entrer les vaches dans des hangars et à leur donner du maïs. Mais comme le maïs est carencé en protéines, il a fallu donner aux vaches du soja pour compenser. Donc, en faisant le choix du maïs, on s’est rendu dépendant des importations de soja… Et des fluctuations du marché mondialisé.
IMG_20150311_174757 IMG_20150324_165910

Divers :

  • Essai paru en 02/2011
  • Note : ***** (4/5)

Laisser un commentaire