La mort à demi-mots de Kim Young-Ha

La mort à demi-mots de Kim Young-Ha
La mort à demi-mots de Kim Young-Ha

 

Ce livre présente l’histoire d’un tueur en série un brin original et « humain », peut être philosophe. Certains éléments du récit sont construits autour de ce personnage et de l’histoire de deux frères dont la liaison à la trame parait secondaire. Une artiste qui ne veut pas qu’on lui vole son image mais qui peint des fresques avec son corps, une fille qui mange des chupa chups lors de ses rapports sexuels. 

Un livre étrange, pas vraiment un polar, J’ai ressenti un manque de profondeur de ce tueur si particulier, tueur ou déclencheur des pulsions de morts. Il s’appuie sur une théorie de la réminiscence pour faire ressurgir des vies antérieures. Une souffrance intrinsèque (ou un vague à l’âme) qui lui colle à la peau le poursuit, Le narrateur est également un tueur dans le roman ma mémoire assassine, celui-là se penche un peu plus sur l’éros, et son rôle est d’être un conseiller auprès de ces patients-victimes.

Sous le charme de la première lecture d’un livre de Kim Youn-Ha, je réitère, un plaisir proche, mais plus complexe . Une histoire de mort également, peut être plus alambiqué. La personnalité de l’assassin philosophe également ( je le suppose) qui utilise la maïeutique afin de faire naître cette envie de mort bien que cela puisse paraître particulièrement paradoxal. Des caractères et des destins qui se croisent pour des personnes qui semblent manquer de repères dans une société en changement. S’il vous prend l’envie de lire Kim Young-Ha, prenez plutôt ma mémoire assassine .

Extraits :

  • Ma première impression fut qu’elle ressemblait à la Judith du tableau de Klimt.
  • C’était tellement doux et confortable que j’ai cru sentir le parfum de la mort. Grâce à cette rencontre, j’ai su ce que je fuyais.
  • Et les yeux ! Par contraste avec les joues empourprées, les yeux mi-clos semblent regarder le monde de haut. Ce sont des yeux qui juste avant d’atteindre l’orgasme, recherchent la source de cette sensation. Les lèvres entrouvertes laissent deviner que la tension est tombée. La poitrine n’est pas couleur chair mais verdâtre. Un vert diffus couleur de la mort. Le corps de Judith ressemble à un cadavre, elle est pourtant trop séduisante pour en être un (ou si c’est un cadavre, elle est encore plus déduisante). Dans sa main gauche, la tête d’Holopherne qu’elle a tranchée. L’homme aux cheveux noirs est mort, il a les yeux fermés. Judith l’a décapité pendant qu’ils faisaient l’amour
Judith et Holopherne (Klimt)
Judith et Holopherne (Klimt)

Divers:

Titre original : Naeun nareul pakwihal kwoulika ita, 1996
Edition Picquier, 1998, 2002
Traduction : Choi Kyungran et Isabelle Boudon
Note : ***** (3,5/5)

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