Ma mémoire assassine de Kim Young-Ha

Ma mémoire assassine de Kim Young-Ha
Ma mémoire assassine de Kim Young-Ha

 

Je m’appelle Kim Byeong-su. J’ai soixante-dix ans. Je suis passionné de poésie et de philosophie. Avant, il y a quelque temps j’étais un tueur en série…..  Kim a de l’humour, il cite Nietzche avec des citation assassines « Alors que je lis un livre, un bout de papier en tombe. Il est tout jauni. J’ai dû copier ça il y a longtemps : Quand tu regardes longtemps l’abîme, l’abîme lui aussi regarde en toi, Nietzsche. » Cynisme ….

On suit progressivement la maladie,Kim Byeong-su atteint d’un stade avancé de la maladie d’Alzheimer . Il est lucide, mais dans son propre monde, éxilé du réel « Mon cerveau me fait de plus en plus penser à un concombre de mer, gluant et percé de petits trous. Tout s’en échappe. », »Je ne sais plus où j’en suis. En perdant la mémoire, mon esprit perd aussi son domicile. »

Ma mémoire assassine est un roman écrit avec une grande originalité sur un homme malade et dont le présent s’efface inéluctablement. La souffrance endurée de Kim se vit de l’intérieur. On se prend à avoir de la tendresse pour ce tueur en série.

Un vrai coup de coeur, difficile de reprendre sa respiration, ou de s’empêcher de tourner les pages afin de connaître le passé ou le présent qui s’efface ou tout au moins  les derniers moments de lucidité de kim.

 

Extraits :

  • « Un poète est un être qui saisit les mots et finit par les assassiner, comme un tueur expérimenté. »
  • Je n’ai pas peur de la mort. Je ne peux pas empêcher ma mémoire de s’effacer. Le moi qui aura tout oublié ne sera plus le moi d’aujourd’hui. Si je ne parviens pas à me souvenir du moi d’aujourd’hui
  • Les visages des femmes sont un peu comme un code secret difficile à déchiffrer. Elles font une montagne d’un rien. Quand elles pleurent, ça m’irrite, et quand elles rient, ça me hérisse. Quand mes femmes se mettaient à caqueter sur des détails sans intérêt, l’ennui m’a souvent donné envie de les tuer, mais je me suis toujours retenu. Le mari est toujours le suspect numéro un quand une femme est assassinée. Deux ans après mon divorce, j’ai retrouvé l’homme qui sortait avec mon épouse et je l’ai tué avant de le découper en petits morceaux que j’ai jetés dans une porcherie.
  • J’ai dissimulé une seringue dans la boîte à couture posée à mon chevet. J’ai aussi préparé une dose de penthiobarbital de sodium suffisamment forte pour être fatale. C’est un barbiturique utilisé pour euthanasier les vaches ou les cochons. J’ai l’intention de me l’injecter le jour où j’aurai atteint cet état de sénilité et de démence qui pousse les vieux à enduire les murs de leurs excréments. Il faudra que je réagisse à temps, juste avant d’en arriver à ce stade.
  • Oui, je vais partout, c’est mon métier. La terre, c’est un peu comme une femme, on ne peut pas se fier seulement à ce que les autres en disent.
  • Quand je repense à mon passé, je me dis que le plus dur a été de fréquenter les autres membres de l’espèce humaine.

Divers:

  • Titre original : Sarinja eui kieokbeop, 2013 
  • Edition Picquier, 2015
  • Traduction : Lim Yeong-hee, Mélanie Basnel
  • Note : ***** (5/5)

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