De l’amour et autres démons de Gabriel García Márquez

De l'amour et autres démons de Gabriel García Márquez
De l’amour et autres démons de Gabriel García Márquez

La fille d’un marquis mordue par un chien, chien couleur cendre et portant une lune blanche au front. Des parents démissionnaires , une mère plutôt folle. Soupçonnée de rage ou de possession diabolique, la jeune fille est enfermée dans un couvent. Elle va vivre avec un prêtre exorciste une passion destructrice. Histoire de croyance, de rumeurs, de sorcellerie dans une période ou le pouvoir des religions a bien des avantages et sert à couvrir bêtise, l’incompréhension, l’inconnu ou le hors norme, ou celui qui ne pense pas comme nous. 

Passion ? Entre une enfant de douze ans et un prêtre de 36 ans plutôt un démon qui les unit, un jeu pour l’enfant, la découverte de l’inconnu de la femme de l’amour, d’un monde inconnu pour ce prêtre qui n’a vu la vie que dans les livres des bibliothèques. Un caractère intéressant philosophe éclairé, Abrenuncio apporte un ilot de résistance dans un monde de déliquescence. 

Des jeux de pouvoir entre le vice roi, l’évêque et l’abbesse. L’écrivain à l’art de dénoncer certaines pratiques de l’église catholique au cours de l’histoire, les métissages dans ce nouveau continent. 

J’avoue avoir toujours un peu de mal à rentrer dans les romans de Gabriel García Márquez, mais en passant les première hésitations et les premières pages, la magie opère et c’est un vrai bonheur. (Dur, mais ça se mérite). Bon, je ne suis  toujours pas arrivé à lire « 100 ans de solitude », mais il ne faut pas désespérer je tenterais une autre fois.

Personnages :

  • Sierva Maria : sa fille, Maria Mandinga  nom Africain
  • Le marquis de Casalduero
  • Abrenuncio de Sa Pereira Cao : médecin juif
  • Cayetano Alcino del Esperitu Santo Delaura y Escudero : Disciple de l’évêque, théologien

Citations :

  • « Avec tous les couvents qu’il y a en ville, c’est à nous que Sa Seigneurie envoie les étrons », maugréa l’abbesse p88
  • La tresse, mal arrangée, se déroula presque jusqu’à terre. La soeur tourière refusa de croire qu’elle était naturelle. Le marquis voulut la rattacher. La petite l’écarta et l’arrangea toute seule avec une habileté qui surprit la nonne.
    « Il faut la lui couper, dit-elle. »
    -C’est un voeu à la Sainte Vierge de ne la couper qu’au soir de ses noces » dit le marquis.
    La soeur tourière se plia à l’argument.
  • A une place privilégiée, à côté de l’éternel » Fray Gerundio », il trouva les œuvres complètes de Voltaire en français et une traduction latine des « Lettres Philosophiques ».
    « Voltaire en latin, c’est presque une hérésie », dit-il pour plaisanter. (…)
    – Je vous pose cette question à propos de ce que vous avez dit de Voltaire, dit Abrenuncio. Sa prose est parfaite.
    – Et pour nous, la plus cruelle, ajouta Delaura. Dommage qu’elle soit d’un Français.
    – Vous dites cela parce que vous êtes espagnol, dit Abrenuncio.
    – A mon âge, et après tant de mélanges de sangs, je ne sais plus très bien ce que je suis, dit Delaura. Ni même qui je suis.
    – En ces royaumes, nul ne le sait, dit Abrenuncio. Et il faudra sans doute des siècles pour le savoir. »

Divers:

  • Prix Nobel de littérature en 1982
  • Publié en 1994  (Del amor y otros demonios)
  • Note : ***** (3/5)

2 réflexions sur “ De l’amour et autres démons de Gabriel García Márquez ”

  1. pas très attirée, à priori, par cette histoire, mais ta critique me fait hésiter…En revanche, j’ai aimé « cent ans de solitude » et « l’amour au temps du choléra », mais ce brillant auteur n’est pas toujours aisé à lire…

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