Journal d’un tueur sentimental Luis Sepulveda

 

Journal d'un tueur sentimental Luis Sepulveda

Trois nouvelles dans ce recueil. Journal d’un tueur sentimental est la première. On suit pendant 6 jours un tueur à gage, qui parle a son reflet dans les miroirs, qui est amoureux d’une française, qui  sabote son dernier contrat. Il voyage de Madrid, en Turquie, puis au Mexique à la poursuite de sa cible.  

Hot Line : George Wahington Caucaman, après quinze ans de loyaux services de la police civile lutte contre les contrebandiers en tout genre, après avoir abîmé le derrière d’un fils de général pour vol de troupeau se fait muter à la capitale : Santiago. Le Charles Bronson de la Patagonie  continuera a oeuvrer contre le crime. Un méga sourire pour l’histoire du muletier de Patagonie et du lieutenant ( Je n’en dévoile pas plus 🙂 ).

Yacaré : Malédictions et trafic de peaux de bêtes, Les yacarés sont de petits caïmans qui peuplent fleuves, marais, espèce protégée et peuple des Anarés. Dans cette dernière nouvelle, Sepulveda revient sur un conte écologique, environnement, peuples premiers et nous livre un combat contre les trafiquants et les profits. 

Trois petites nouvelles  efficaces, un plaisir à le lire. On y retrouve de l’humour, que ce soit auprès d’un tueur à gage ou d’inspecteurs. Un petit divertissement à lire plus pour la couleur des personnages, que par l’enquête elle même. Un point commun, chaque nouvelle comporte six chapitres : symbole d’harmonie ??. Récit qui reste dans l’ombre de « Le vieux qui lisait des romans d’amour« 

Extraits :

  • La journée avait mal commencé et tard, j’avais atterri à Madrid à 6h30, il faisait très chaud et sur le chemin de l’hôtel Palace le taxi s’était obstiné à me faire une conférence sur la Coupe d’Europe de football. J’avais eu envie de lui poser le canon d’un .45 sur la nuque pour qu’il ferme sa gueule, mais je n’avais pas ça sur moi et un professionnel ne fait pas d’histoires avec un crétin, même un taxi.
  • Mais bon Dieu d’où sortent les taxis ? Celui qui m’a amené de l’hôtel au centre des congrès était un Turc avec des moustaches longues comme un guidon de bicyclette, et dès que j’ai posé mon cul sur le siège protégé par un plastique il m’a pris pour cible de son ardeur prosélyte. Il a maudit toutes les femmes en jupe courte qui se promenaient dans la rue, toutes les publicités de rhum Bacardi, de cigarettes et finalement, en me demandant de ne pas m’offenser, il s’en est pris aux étrangers qui amenaient des mœurs pernicieuses. Quand nous sommes arrivés au centre des congrès il chiait sur la mère de Kemal Atatürk. En le payant je me suis promis d’honorer les professionnelles de l’amour et de ne plus jamais traiter de fils de pute ceux qui ne le mériteraient pas. Fils d’Allah me semblait une insulte beaucoup plus forte.
  • Les pauvres ont faim et les riches ont de l’appétit.
  • Tu veux manger avant de baiser ou après ? ai-je demandé en appelant le garçon pour payer. -Mange-moi et baise-moi dans l’ordre qui te plaira, a-t-elle répondu cramponnée à ses livres.
  • A eux deux, ils totalisaient quatre-vingts ans, et une telle accumulation de temps prédispose à l’amour sincère, sans cérémonies, sans promesses et sans excuses, et comme il n’y a rien à perdre, le résultat final est toujours un gain énorme. p78
Challenge Amerique du Sud
Challenge Ameriques du Sud

 Divers :

  • Titre original : Diario de un killer sentimental, 1997
  • Edition Métailé, Points 1998
  • Traduit du Chilien par Jeanne Peyras
  • Note : ***** (3/5)

 

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