La carte au trésor de Mo Yan

La course au trésor de Mo Yan
La course au trésor de Mo Yan

Un petit livre, de la taille d’une nouvelle qui est une amusante farce sur la duplicité. Une sorte de grand monologue, ou plutôt une loghorrée de ‘Make’ l’ami opportuniste que rencontre le narrateur.

On est un peu agacé au début, par le jeu de Make diarrhée verbale, qui veut profiter de son ami (un quadragénaire , paysan moyen pauvre qui a migré à Pékin) pour se nourrir, loger… Puis le récit tourne peu à peu au fantastique,  anecdotes et légendes nous sont narrés avec un fil conducteur dans ce restaurant de raviolis. Mais ce n’est qu’un prétexte pour faire connaissance avec le vieux couple du restaurant de raviolis. L’âge du vieux et de la vieille sont de trois cent ans, et ils désirent prendre leur retraite.

Un peu difficile de rentrer dans cette histoire, surtout que l’on se méprend sur la finalité. Mais écriture simple dans ce long monologue, qui  nous conte la vie quotidienne en Chine est un plaisir (aussi bon que les raviolis de ce petit restaurant). Je continue ma poursuite des oeuvres de Mo Yan, Mais pour l’instant  mes deux lectures préférées de Mo Yan sont le maître a de plus en plus d’humour et le Veau. Je pense me diriger vers le pays de l’alcool pour le prochain roman de Mo yan. 

Extraits :

  • Les raviolis à la viande de renard eux sentent légèrement la pisse, mais il y a des gens qui aiment ça, le goût de déjection, comme par exemple dans notre bonne ville cette secrétaire du parti qui aimait tant le gros intestin de porc, au début pour lui plaire ces lèche-culs ont lavé la chose trois fois à l’ammoniac puis trois fois à l’eau salée avant de la rincer trois fois dans de l’eau de source de sorte que l’odeur de cul avait complètement disparu et que la secrétaire du parti brisa le plat de rage en les traitant de tous les noms : bande d’abrutis, fils de chienne, où est passée mon odeur de cul ? p20
  • En vérité du coin de l’oeil j’observe continuellement ton expression, et ces deux rides qui te pendent de chaque côté de la bouche disent amplement toute ta pensée. Vous les gens tous autant que vous êtes des petits habiles, c’est à dire que vous êtes adroits mais sans intelligence, vous êtes intelligents mais sans clairvoyance, vous êtes clairvoyants mais sans sagesse, vous êtes sages mais votre pensée n’a pas d’altitude, votre pensée saurait prendre de l’altitude que vous ne sauriez toujours pas faire les imbéciles, alors que nous, nous qui comprenons les choses, savons faire les imbéciles p109
  • Dès l’instant où le ravioli a pénétré dans sa bouche, je vois son expression changer du tout au tout, ce que je vois sur son visage c’est la surprise, un inimitable bonheur. Il ne s’occupe plus de moi, le premier ravioli crevé n’est pas même dégluti qu’il sen colle un second sous la dent. Il jette les baguettes qui l’encombrent, attrape à pleines mains et enfourne. Je doute encore, je demande : c’est bon ? Il m’ignore tout simplement, c’est-à-dire qu’il ne me répond pas, ne prend pas la peine de lever les yeux vers moi. Un par un il se bourre la bouche de raviolis, il en est tellement gavé qu’il en a les joues enflées.

Divers:

  • Titre original : 藏宝图 Cangbao tu
  • Picquier poche, 2004
  • Traduction : Antoine Ferragne
  • Note : ***** (3/5)

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