Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda

Le Vieux qui lisait des romans d'amour
Le Vieux qui lisait des romans d’amour

Le vieux qui lisait des romans d’amour est le récit d’un voyage initiatique, le vieux, c’est Antonio José Bolivar Proaño, il se retrouve jeune marié avec Dolores Encarnacion del Sanntisimo Sacramento Estupiñan Otavalo à quinze ans. Son épouse ne pouvant être enceinte, déshonoré il s’enfuit loin pour devenir colon dans la jungle. Son épouse décède alors emportée par les fièvres de la malaria. Il est alors ‘adopté’ par les indiens Shuars. On découvre Le peuple des  Shuars, peuple amérindien vivant de chasse et de pêche dans cette profonde forêt Amazonienne. C’est avec eux que Antonio José Bolivar  renait et surtout apprend la vie. Mais une seconde fois, il doit quitter ce monde pour n’avoir pas réussi à sauver l’âme de son ami Nushiño, il est banni par les Shuars. Il retourne de nouveau à la civilisation, dans le village de El Idilio, village au nom utopique qui regroupe quelques masures et une mairie. Il devra affronter la bêtise des hommes et de son maire surnommé ‘la limace’, son seul antidote est la lecture des romans d’amour : les vrais ceux qui font souffrir.

Antonio José Bolivar Proaño est très attachant comme personnage, il essaye de trouver de l’humanité dans les romans d’amour. Mais la lecture vient par la rencontre avec un prêtre, il va dévier des écritures saintes vers les romans de passion et de souffrance qui reflètent l’âme humaine. Il essaye également d’aider ses semblables, de leur enseigner ce que les vrais hommes les Shuars lui ont appris. Mais possède une sorte de fatalisme. Cette connaissance qu’Il possède lui donne une certaine aura parmi les autres aventuriers par sa connaissance de la forêt et de la lecture qu’il va partager avec ses semblables.   

Ce livre beau et simple, porte également un message politique et écologique.

Politique, avec les diatribes que va lancer le dentiste Le Docteur Rubincondo Loachamin contre le gouvernement, responsable des dents pourries des citoyens, du maire et des impôts. De ces aventuriers et chercheurs d’or qui n’ont aucune loi.

Message écologique également pour montrer la folie des hommes, des chercheurs d’or. Des hommes qui ne connaissent pas la nature et veulent la domestiquer, ils tuent sans discernement. Antonio José Bolivar va apprendre à connaître les bêtes sauvages leur psychologie pour vivre avec eux, connaître leurs réactions, leur mode de vie..

Parcours initiatique que Antonio José Bolivar va découvrir la vie chez les Shuars, sauvages d’Amazonie, les vrais hommes , les maîtres du monde vert inconnu : Il ne sera jamais  complètement Shuar, mais ils l’accepteront malgré tout, lui enseignant leurs secrets.

Ce court roman est une oasis écologique en cette période de disparition des cultures et des forêts. Brillant ouvrage mêlant humour et amour, révolte et écologie. Ce livre donne envie de connaître plus en avant les autres ouvrages de Luis Sepúlveda,  

 

Références :

  • Le rosaire de Florence Barclay

Extraits :

  • Quand tu leur a donné la peau, les Shuars t’ont dit que tu n’étais pas des leurs mais que tu étais d’ici. p116
  • Il savait lire. Ce fut la découverte la plus importante de sa vie. Il savait lire. Il possédait l’antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire. Mais il n’avait rien à lire.
  • C’était l’amour pur, sans autre finalité que l’amour pour l’amour. Sans possession et sans jalousie.
    – Nul ne peut s’emparer de la foudre dans le ciel, et nul ne peut s’approprier le bonheur de l’autre au moment de l’abandon.
  • – De quoi ça parle?
    – De l’amour.
    A cette réponse du vieux, il se rapprocha, très intéressé.
    – Sans blague? Avec des bonnes femmes riches, chaudes et tout?
    Le vieux ferma le livre d’un coup sec qui fit trembler la flamme de la lampe.
    – Non. Ca parle de l’autre amour, celui qui fait souffrir.

Divers :

  • Titre original : Un viejo que leia novelas de amor
  • Edition : Métailié, 1992
  • Prix Tigre Juan, Prix Relais H du roman d’évasion 92 et le prix France Culture étranger 92
  • Traduction : François Maspero
  • Note : **** (4,5/5)
  • Lecture dans le cadre du Challenge Amérique du Sud 

 

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