Les jours, les mois, les années de Yan Lianke

Les jours, les mois, les années de Yan Lianke
Les jours, les mois, les années de Yan Lianke

 

Un été caniculaire provoque une terrible sécheresse dans un village de chine. Les villageois au désespoir décident de quitter le village pour éviter la famine. Un vieux : l’aïeul trop usé ne peux faire le voyage. il reste avec un chien oublié pour protéger l’unique épis de maïs jusqu’au retour des siens.

Il va combattre pour sa survie et surtout celle de cet épis de maïs symbolique (dernier trésor de cette humanité, patrimoine du village), le trésor qui pourra faire survivre tout un village par les semences qu’il produira. »Ce serait un bel épi doré sur lequel il y aurait trente-cinq grains par rangée ». L’aïeul devra affronter les tempêtes, la sécheresse, les rats…ainsi que la faim et la soif.
Un combat héroïque rempli de sacrifices pour la transmission s’effectue contre les éléments, le temps, et le poids de la lumière.  L’aïeul va devoir tout partager avec son compagnon aveugle, une amitié va naître entre ces deux êtres dont le seul but sera la transmission de l’épis de maïs.

Ce livre est un chant d’espoir, un conte initiatique à la vie et à sa transmission. On aimera le discours de l’aïeul à l’aveugle, à la montagne, son monologue intérieur contre la dureté des éléments « journée de merde ». Le style de Yan Lianke est de toute beauté, poétique et enchanteur que l’on retrouve dans les descriptions des silences, de la pesée de la lumière et des rayons de soleil,  « C’était, dans l’immense nudité de la nuit, le paroxysme du silence qui se donnait à entendre ». »Le poids de la lumière augmentait de jour en jour »,

J’ai adoré toutes ces descriptions du poids de la lumière et des murmures du silence. Un roman court, plein d’émotion que l’on a du mal à lâcher jusqu’à la dernière page.

Extraits :

  • L’aïeul savait que ce n’était pas là le bruit de l’eau, ni celui des arbres, ni même celui des insectes. C’était, dans l’immense nudité de la nuit, le paroxysme du silence qui se donnait à entendre. P22
  • De tous les engrais, les excréments de rats sont les plus puissants, pensa l’aïeul. Il va sans dire que leur odeur est également très puissante, elle s’est répandue toute une nuit autour du maïs, comment aurait-il pu ne pas en être souillé ? Il colla l’oreille sur une feuille, entendit le crissement sourd de la croissance des taches. Il se tourna pour inspirer un peu d’air et sentit de nouveau la puanteur noire des rats, prégnante tout autour, déversant son venin sur la maïs p70
  • L’aïeul regardait le loup droit dans les yeux. Le loup regardait l’aïeul droit dans les yeux. Et le foudroiement de leurs regard retentissait dans l’étroit ravin silencieux, éclat brûlant, éblouissant. La surface lisse du petit étang se brouilla, parcourue de vibrations p80
  • Le silence reprit sa souveraineté, ne laissant sourdre, durant le jour, que l’éclat sonore des rayons s’entrechoquant, et durant la nuit, la caresse cristalline du halo lunaire touchant le sol  

Personnages :

  • l’aïeul: un vieillard de 72 ans
  • L’aveugle : le chien

Divers :

  • Titre original : Nian yue ri
  • Edition Picquier poche 2009
  • Traduction : Brigitte Guilbaud
  • Note : ***** (4,7/5)

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