Menteur ! de Mukôda Kuniko

 Menteur ! de Mukôda Kuniko

Six nouvelles, de courts récits qui sous le couvert d’histoire de famille de tous les jours, cachent des tromperies, des poisons, des obsessions, et des rancœurs.

La loutre : un petit différend avec sa femme concernant leur jardin de 600 M2, lui veut garder cet espace pour se reposer et se ressourcer, elle veut faire construire des habitations. Elle va se plier à son avis, jusqu’à …. Un beau parallèle entre cette femme plantureuse et cet animal joueur. Une autre nouvelle sur l’amour d’un homme terne avec sa maîtresse, puis des histoires de trahisons, de mensonges.

Cet ouvrage regroupe des histoires de couples , subtilité, cruauté de la femme sous un masque charmeur. Kuniko Mukōda possède un talent indéniable pour décrire la nature humaine. Ces récits sont tranchants comme une lame, une poésie tragique du quotidien.

Dommage que cela soit le seul roman traduit en Français.

Jolie surprise que ce livre, rencontré par hasard lors de mes déambulations dans les rayons remplis de la bibliothèque du KB.
Mais qui est cette auteure Mukôda Kuniko, un petit tour sur Wikipédia :
Kuniko Mukōda (向田 邦子, 28 novembre 1929 Tokyo – 22 août 1981) est une scénariste japonaise de télévision. La plupart de ses scenarii se concentrent sur la vie de famille au jour le jour et les relations inter personnelles. Elle reçoit le prix Naoki en 1980 pour ses nouvelles Hanano Namae, Kawauso et Inugoya ( « Menteur ! »). Elle meurt dans un accident d’avion en 1981, à 29 ans au dessus de Taiwan.  En 1983 en son honneur  le prix  Kuniko Mukoda est créé pour être décerné aux meilleurs scripts. 

Extraits :

  • Depuis que sa femme l’a quitte, Matsuo a appris pas mal de choses sur la vie. Le pain rassit en trois jours. Le pain de mie moisit en une semaine. Au bout d’un mois, une baguette devient dure comme du bois. Et après huit jours, même en le conservant au réfrigérateur, le lait se transforme en aliment dangereux  (p69, le manhattan)
  • Le frêle mandarinier d’été regorge de beaux fruits lourds. Telle était Atsuko au temps de leur mariage. Puis vers la quarantaine, sa poitrine avait perdu de sa magnificence. Mais dans les grandes circonstances, elle remettait son buste en valeur et ses seins retrouvaient leur rondeur d’autrefois (La loutre, p 14)
  • Sa voix était insouciante. Ses petits yeux noirs distants l’un de l’autre ressemblaient à des graines de pastèque et étincelaient de malice (La loutre, p19)

Divers :

  • Prix Naoki en 1980
  • Editeur : Philippe Picquier, 2000
  • Traduction : Louise Boudonnat, Harumi Kushizaki
  • Note : ***** (4,0/5)

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