Charlotte de David Foenkinos

Charlotte de David Foenkinos
Charlotte de David Foenkinos

 

D’un côté, une famille dont la généalogie est entachée de suicides d’une génération à l’autre. De charlotte dont on va taire les multiples tragédies familiales. Puis une période sombre de l’histoire, qui la plonge dans l’horreur du nazisme, les siens essaient de résister : « il faut âtre optimiste, se dire que la haine est périssable ». Mais la folie barbare, telle une épidémie de haine s’étend partout. Un seul remède à son malaise, son mal de vivre :  le dessin et la peinture. Elle se lance dans une « apnée créatrice (…) extatique. Comme un rapport de dévotion au passé ».  

Ravi de tomber sur un livre de Foenkinos, qui n’est plus le reflet de vie de couple ‘bobo’ : Délicatesse, la tête de l’emploi , …   Ici roman ou autobiographie de cette artiste méconnue. Il nous raconte avec des phrases courtes, asséné sèchement au lecteur, brutalement. Mené un peu comme une enquête, un témoignage. Un beau récit de résistance et un héritage,  contre la folie sanguinaire des fous nazis. Cela m’a permis de découvrir cette artiste qui semblait être tombée dans l’oubli.

Extraits :

  • Le livre que l’on cherche n’est pas forcément celui que l’on doit lire. Il faut regarder celui d’à côté.
  • Dès les premiers jours, Franziska reste seule. Pourquoi appelle-t-on cela la vie à deux ? Albert est reparti pour le front. La guerre s’enlise, paraît éternelle.C’est une boucherie dans les tranchées. Pourvu que son mari ne meure pas.
  • Franziska estime qu’il y a une hiérarchie dans l’horreur. Un suicide quand on a un enfant est un suicide supérieur. Dans la tragédie familiale, elle pourrait occuper la première place. Qui contesterait la
  • Mais il a perdu son travail au laboratoire, comme tous les juifs. Alors il s’est tué… Le suicide est une mort qu’on ne donne pas à l’ennemi !
  • Effrayé par l’hégémonie totale du maintenant. Elle s’abandonne, avec plus de force encore. Ainsi parle son bonheur
  • Il faut être optimiste, se dire que la haine est périssable.
  •  Il faut se méfier d’un homme qui travaille trop. Que cherche-t-il à fuir ? Une peur ou un simple pressentiment.
  • Elle ne veut pas être veuve. Déjà qu’elle est… Tiens, quel est le mot utilisé quand on perd sa sœur ? Il n’en existe pas, on ne dit rien. Le dictionnaire est parfois pudique. Comme lui-même effrayé par la douleur.
  • Mais la marche noire reprit son cours. La fille unique de son frère se suicida. Et ce fut le tour de son père, puis de sa tante. Il n’y aurait donc aucune issue, jamais. L’atavisme morbide était trop puissant.
  • L’apnée créatrice de Charlotte est extatique. Comme un rapport de dévotion au passé.
  •  Il faut raconter l’histoire de sa famille. Avant qu’il ne soit trop tard. Certains dessins sont davantage des croquis. Elle ne peint pas, elle court. Cette frénésie de la seconde moitié de l’œuvre est bouleversante. Une création au bord du précipice. Recluse, amaigrie,
  • Il vient tout juste de dépasser les 1 000 arrestations. Heureusement, les lettres continuent d’affluer. Il existe encore de bons Français, prêts à rendre service.
  •  C’est toute la beauté du projet de Charlotte. Où est la vie ? Où est le théâtre ? Qui peut connaître la vérité ?

    Divers :

    • Edition Gallimard, Collection Blanche,
    • Parution : 2014
    • Prix Renaudot 2014, Prix Goncourt des lycéens 2014
    • Note : ***** (4,2/5)