Naufrages de Akira Yoshimura

Naufrages de Akita Yoshimura
Naufrages de Akita Yoshimura

 

Yoshimura m’avait habitué jusqu’à présent à des livres dont les thèmes de prédilection : mort, suicide, pauvreté. Mais ici nous avons un concentré de tout ces thèmes et pour les sublimer nous abordons la survie et le chemin initiatique. Car dans ce roman nous suivons le jeune (très jeune) Isaku, qui a neuf ans.

Isaku vit dans un village de pêcheurs, à flanc de montagne. Sur une terre aride, loin des autres villages. Le village pour survivre vit de la pêche, des coquillages et de quelques légumes qui daignent pousser malgré l’air marin.

Il vit avec ses parents, et ses frères et sa petite sœur. Il est l’aîné de sa fratrie : une lourde responsabilité pour son jeune âge. Mais il veut être regardé comme un homme, être respecté, il lui faut pour cela apprendre durement.

Isaku va faire connaissance avec la vie et suivre les divers rites initiatiques pour devenir homme : assister aux funérailles, couper du bois, cuire le sel, et travailler aux métiers de la mer. Afin de remplacer son père (qui s’est vendu trois ans) , et subvenir aux besoins de sa famille. Il a la mission de nourrir ( de garder en vie) ses frères et sœur jusqu’au retour de son père.

Dès qu’ils sont en âge, les familles vendent un des leurs afin de pouvoir subvenir aux besoins des autres qui restent au village. Ils se vendent suivant leur force de trois à dix ans. Peinant afin de faire survivre leur famille et les traditions. Certains meurent, d’autres reviennent usés, parfois éclopés.

Car le plus grand défi de ces gens est de survivre en hiver, de vivre avec les maigres réserves accumulées tout l’été. Au rythme des marées et des bancs de poissons qui viennent effleurer les côtes. Le rationnement est drastique, les mourants sont rarement nourris.

Les habitants subissent le cycle des saisons, et essayent de les dompter afin de survivre. Les tempêtes amènent de temps en temps des présents, mais ils pipent les dés pour favoriser le sort et deviennent de terribles naufrageurs. Quelquefois, un bateau leur amène des trésors pour survivre, d’autres fois la mort déguisée.

C’est un roman de douleur, sombre,  de survie. Nous avons à faire à une lutte de tous les instants. Nous retrouvons cette narration sublime de Yoshimura, qui nous conte simplement, avec précision cette histoire sans états d’âme, de pleurs, ou de plaintes de la vie. Un beau roman et un conte initiatique intemporel, à lire absolument.

Personnages :

  • Isaku, neuf ans, le narrateur
  • Teru petite soeur de Isaku
  • Kinzo homme du village de cinquante ans, mort dans une chute
  • Tatsu vendu a l’âge de 14 ans pour 10 ans à un maquignon
  • Sahei garçon du même âge que Isaku
  • Senkichi sculpteur de bateaux
  • Tami fille de Senkichi , dont Iasaku est amoureux
  • Kichizo ami du pere de Isaku, forme Asaku a la fabrication du sel
  • Takichi cousin de Isaku se marie avec Kura 17 ans

 

Extraits :

  • Après une mauvaise chute, il s était couché,  et depuis quelques jours sa famille ne lui donnait plus que de l’eau. On avait pas l’habitude au village de nourrir les mourants. P8
  • A marée basse, les rochers étaient à nu au pied du cap qui se dressait avec arrogance, et il les apercevait a la surface de la mer qui se creusait légèrement devant le village. Ils constituaient pour le village un précieux terrain de pêche qui lui garantissait sa subsistance, mais ils jouaient aussi un rôle non négligeable dans l’approvisionnement de nourriture, d argent, de vêtements, de tabac, d alcool et de vaisselle en quantité abondante. P16

Divers :

  • Titre original 🙁破船) Hasen, 1982
  • Edition Babel 623, 1999
  • Note : ***** (4,8/5)

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