Tristes revanches de Yoko Ogawa

Tristes revanches de Yoko Ogawa
Tristes revanches de Yoko Ogawa

 

La spécificité de ce recueil de nouvelles, est qu’elles sont interconnectées, puzzle d’atmosphères, étranges et captivantes ; leur point commun : étrangeté et mystère, les femmes se vengent des maris ivrognes, des amants menteurs, de clientes réfractaires à leur art. Tous ces moments de vie sont racontés sont comme des lignes droites qui se coupent .Il y a toujours une présence morbide qui les entoure lors de leur intersection. Ces interconnections pourraient être un fraisier à la crème, une romancière, un train qui prend du retard, une carotte ou une photo, des tâches de sauce tomate   … Ces points communs sont propres à chacun, a sa sensibilité de lecteur.

Une gymnastique de l’esprit, pour ces nouvelles envoutantes qui nous pousse à rechercher tel un enquêteur des indices entre ces nouvelles. Mais c’est peut-être une piste pour lire l’oeuvre de Yoko Ogawa.   N’y aurait-il pas un lien entre le maroquinier de l’annulaire et cette spécialiste de sacs. Ne retrouve-t-on pas ailleurs les maris fourbes, le kiwi ….

Un étrange voyage que ce recueil de nouvelles de Ogawa nous entraîne dans la poésie de l’étrange, parfois à la lisière du morbide et de la culpabilité , sur le souvenir et la nostalgie.

Thème : torture, meurtre, supplices, souvenirs, collections, jalousie, deuil,

Synoptique :

  1. Un après-midi à la patisserie 🙁 17 pages) le mari est triste impuissant devant la folie de sa femme et la quitte. On sent la folie intérieur de la narratrice, qui vit dans un monde parallèle, celui ou son fils est toujours avec elle..Elle prendra deux fraisiers finalement
  2. jus de fruit : ( 16 pages ) La narratrice a sa mère malade en phase terminale, elle se fait accompagné par un ami. La liaison peut-être le dessert qui fut un gâteau à la fraise couvert d’une épaisse couche de crème chantilly. Puis la mère de la narratrice meurt, elle fait une école de cuisine spécialisée dans la pâtisserie occidentale.
  3. La vieille femme J.( 16 pages): La narratrice ( une écrivain) emménage, un appartement au bord d’une colline couvert de Kiwi. Mme J. la propriétaire cultive des légumes . Son époux un ivrogne et joueur. MMe J. lui donne des légumes dont des carottes à 5 doigts, puis lui fait des séances de massage.
  4. L’esprit du sommeil ( 16 pages ): bloqué dans un train plein du à un incident technique, il est en route pour les funérailles de sa mère. Celle-ci était écrivain et avait reçu un prix pour un récit d’une femme cultivant des carottes
  5. Blouses blanches ( 12 pages ) : Son amant était bloqué dans un train, il a des excuses pour ne pas divorcer tout de suite, elle le tue de nombreux coups de C. dans le cou.
  6. Faufilage d’un coeur ( 28 pages ) Elle est maroquinière depuis 24 ans, elle fait des sacs à la commande. Des sacs pour mettre n’importe quel objet. Un jour une femme vient lui passer commande d’un sac pour ranger un coeur ?
  7. Bienvenue au musée des supplices ( 29 pages ) La narratrice : une coiffeuse est la voisine de …., elle est interrogé par un inspecteur. Puis v visiter le musée des supplices tenu par un vieil homme. La collection a été regroupée par deux jumelles célibataires : un corset de maroquinier,
  8. l’homme qui vendait des corsets ( 29 pages ) Son oncle est mort de suffocation, écrasé par les détritus accumulés chez lui
  9. Les derniers instants du tigre du Bengale ( 14 pages ) Elle part voir la maîtresse (secrétaire de l’hôpital universitaire) de son mari. Mais un accident sur la route
  10. Les tomates et la pleine lune ( 29 pages ) une inconnue avec son chien dans la chambre 101, on retrouve la romancière.
  11. Herbes vénéneuses : La romancière rencontre un garçon à une chorale.

Citations :

  • Le jus qui débordait de ses lèvres coulait sur ses joues comme des larmes (jus de fruit)
  • En défaisant le paquet, j’eus un violent haut-le-coeur. Toutes les coquilles (Saint Jacques) étaient pourries. La glace artificielle avait fondu depuis longtemps et ce n’était plus frais. J’en ouvris une avec un couteau, qui laissa échapper un liquide trouble et gluant, mélange de chair et de viscères. (La vieille femme J.)
  • Je dépliais une nouvelle blouse, que je secouais à l’envers. Quelque chose tomba d’une poche et vint se cogner contre une des roue du chariot. C’était une prune. On aurait dit un testicule desséché. ( Blouses blanches P81)
  • C’était la blouse blanche du maître de conférences. Je lai secoué. De la poche est tombée la langue. Celle qui avançait sans arrêt des prétextes. Elle fut suivie des lèvres, des amygdale, des cordes vocales. Elles étaient encore tièdes et souples  (Blouses blanches, p91 )
  • Une femme est arrivée, qui portait un sac en bandoulière. Dans un mouvement inconscient de ses hanches, elle laissait apparaître la fermeture métallique du rabat. La bandoulière, tordue, s’incrustait dans le fin tissu de son corsage. Puis ce fut une femme avec un sac de voyage de style boston bag. Je ne sais pas pourquoi elle serrait très fort la poignée. Il devait sans doute contenir quelque chose de très précieux. On aurait dit que le cuir avait fait fondre la peau pour s’enfuir dans la chair. Le sac tremblait chaque fois qu’il lui frôlait la cuisse. Je craignais que le cuir ne finisse par adhérer à sa cuisse. P98

Divers:

  • Titre original : 寡黙な死骸みだらな弔い Kamoku na shigai, midara na tomurai, 1998
  • Éditeur : Actes Sud
  • (Livre 5472)
  • Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
  • Année de publication : 2004
  • Note : ***** (4,2/5)

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