Une vie de chien de Bui Ngoc Tan

Une  vie de chien de Bui Ngoc Tan
Une vie de chien de Bui Ngoc Tan

Une découverte en fait, car je n’ai lu que peu d’écrivains vietnamien, à part Anna Moï la littérature vietnamienne n’a que peu de promotions. Ici  dans ‘Une vie de chien’, Bui Ngoc Tan nous offre sept nouvelles qui mettent en scène des gens et des vies du quotidien. Certaine se passent pendant la guerre avec les US. Ces nouvelles mettent en scène un gardien de prison,  un propriétaire de chien, des détenus, une fille de joie, … Ces nouvelles sont de longueur inégales, mais écrites dans un style simple.

Beaucoup de sensibilités dans ‘Un grand cœur’ , une femme prostituée pour mendiants qui par altruisme aidera son amie Mme Mit malgré l’imminence du danger. Une vie de Chien: L’amitié entre Trung et le chien Kiki, pendant la guerre…. Dans « Gardien de fourmis », Bui Ngoc Tan nous décrit le retour à la vie normale d’un détenu qui restera traumatisé par son passage en prison ‘Une journée de prison est plus longe qu’un millier d’automne’

Bui Ngoc Tan s’intéresse aux gens simples, de toutes les catégories sociales. De ceux qui n’ont pas eu de chance. Mais malgré leur pauvreté, leur misère, on trouve de la tendresse de l’humanité et un regard altruiste sur le monde qui les entoure. C’est un voyage au Viet-Nâm qui nous est offert dans ces quelques pages. Un auteur que je ne connaissais pas, qui mérite d’être découvert.

Citations :

  • Oui. Tous les matins mon fils emmène sa femme au bureau sur sa moto. Au retour, il bougonne: « On prend une femme, et pour le même prix, on en a trois ! »
    Et il remet ça avec chacune de ses deux filles. (Parents de service, p35)
  • Cette histoire, c’est Cuong lui-même qui me l’a racontée en 1973, lorsque j’étais incarcéré à la prise des P.L. et où j’ai fait sa connaissance. Jamais il ne m’a dit pour quel crime il était condamné. Moi non plus, je ne lui ai rien dit des raisons de mon incarcération. Et pourtant, nous faisions partie du même groupe, nous étions très proches l’un de l’autre, nous partagions tout. Mais en prison, on ne fait confiance à personne, on n’a d’autre confident que soi-même. C’est très dur, mais c’est une règle élémentaire de prudence. « Le nombril doit resté coller au ventre », telle est la devise de la survie. (Une journée interminable, p128)

Quelques mots sur l’auteur :

Né en 1934 à Haiphong, Bui Ngoc Tan a été, à Hanoi, militant de la première résistance, puis journaliste. Il entre très tôt dans le maquis. A combattu dans la guerre de décolonisation en 1954 puis en 1975. Pour ces idées politiques, il a été jeté en prison et au bagne du Poulo Condor. Il est aussi journaliste mais s’adapte mal à la vie car il a vécu l’expérience traumatisante des guerres et est devenu » inapte à la vie ». L’expérience traumatisante des guerres et de l’emprisonnement l’ont empêché d’écrire pendant 25 ans, ce qui donne un étonnant recul à son œuvre littéraire, foisonnante depuis. Il est également l’auteur de ‘la mer et le marin-pêcheur’

Divers :

Auteur : Bùi Ngọc Tấn
Titre : Une vie de chien
Titre originale : Truyên ngan
Traduction : Dang Tran Phuong, Nguyên Ngoc Giao, Vu Van Luan, Janine Gillon
Date de parution :novembre 2011
Éditeur : NOUVELLES EDITIONS DE L’AUBE
Collection : AUBE POCHE
Note : ***** (3.9/5)

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