Le collier rouge de Jean christophe Rufin

 

Le collier rouge de Jean-christophe Rufin
Le collier rouge de Jean-christophe Rufin

Avis :

Déception,  je dois être le seul à mettre un commentaire mitigé, car je n’ai croisé que des critiques élogieuses. L’écriture est agréable, et ce roman se lit vite. L’histoire m’a un peu surpris et je suis resté sur ma faim.

Un soldat décoré de la Légion d’honneur malgré lui se retrouve prisonnier pour outrage dans une prison du bas-Berry. On se saura que dans les dernières pages les raisons de son scandale (sûrement pour entretenir un suspens des plus insoutenable ?). Un juge humaniste ( je le trouve un tantinet trop débordant de cette qualité un peu rare chez les militaires), qui a comme seul objectif de revenir à la vie civile et qui veut en finir au plus vite de ce dernier jugement, égoïstement mais équitablement. Et pour cela, il fera tout ce qu’il peut pour sauver un homme qui est prêt à être fusillé ou déporté pour ses idées.

Avec en toile de fond, les pérégrinations de la vie d’un poilu antimilitariste de la grande guerre de la Somme aux Dardanelles, afin que le juge puisse rendre un semblant de compte-rendu.

Oui, pour un conte philosophique, ou une fable antimilitariste. Mais c’est également le récit d’une fidélité sans borne : celle du chien pour son maître. (…)

A l’est, c’est la révolution bolchevique. Les affrontements sociaux démarrent en France et font présager le front populaire.

Pour moi, un livre simpliste qui effleure en quelques pages une vision de la guerre qui mériterait un approfondissement. C’est la période du centenaire de la première guerre, chacun doit sortir un roman commémoratif.  Allez plutôt lire “Au revoir là-haut” de Pierre Lemaître.

 

PENSER L'EMANCIPATION EMANCIPATORY THOUGHT
PENSER L’EMANCIPATION EMANCIPATORY THOUGHT

Personnages :

  • Raymond Dujeux : Gardien, adjudant, la cinquantaine orignaire de bretagne
  • Perrine : La fille du bar le Marronnier
  • Marcel Morlac : paysan 28 ans, né à Brigny, décoré de la Légion d’honneur
  • Hugues Lantier de Grez : Chef d’escadron, cantonné à Bourges, juge militaire.
  • Valentine : amie de Morlac, habite au hameau de Vallenay avec son fils de trois ans.
  • Gabarre: Gendarme, maréchal des Logis-chef.

Citations :

  • S’ils le condamnent ! Ah, malheureux ! Le bon Dieu ne laissera pas faire une chose pareille, j’espère bien. Pendant quatre ans, ils sont venus chercher nos gamins pour les tuer, mais maintenant, la guerre est finie. Le préfet, les gendarmes et tous les gros planqués qui ont profité, ce serait plutôt à eux de rendre des comptes. S’ils condamnaient ce gars-là, ce serait un grand malheur.
  • L’officier était un homme de la ville. Il était né à Paris et y avait toujours vécu. Il avait souvent remarqué, avec ses hommes, à quel point citadins et paysans voyaient l’arrière différemment. Pour l’homme des villes, l’arrière, c’était le plaisir, le confort, la lâcheté, en somme. Pour celui des campagnes, l’arrière, c’était la terre, le travail, un autre combat.
  • Rien. Il n’a fait que du bien. Il leur a dit leurs quatre vérités, à ces bouchers. Évidemment, ça ne leur a pas plu et ils se vengent. — Les militaires ? — Bien sûr, toute la clique. Les généraux, les politiciens qu’ils servent et les marchands de canons. Tous ceux qui ont envoyé les petits gars de ce pays à la mort.
  • Il était devenu militaire pour être au service des hommes. C’était un malentendu, bien sûr. La guerre n’allait pas tarder à lui faire découvrir que c’est l’inverse, que l’ordre se nourrit des êtres humains, qu’il les consomme et les broie.
  • Le cri d’une femme amoureuse laisse toujours aux hommes l’impression qu’en cette matière ils sont d’une grande faiblesse.
  • Tout ce qui fait monter dans le peuple le dégoût de la guerre est bon pour la cause que je défends, comme vous dites. Si les prétendus héros refusent les honneurs abjects de ceux qui ont organisé cette boucherie, on cessera de célébrer une prétendue victoire. La seule victoire qui vaille est celle qu’il faut gagner contre la guerre et contre les capitalistes qui l’ont voulue.

Synoptique :

  1. Dujeux est le gardien d’un prisonnier taciturne Morlac. Il doit supporter les aboiements d’un chien toute la journée, il fait chaud.
  2. Morlac se dit responsable de ses actes et ne regrette rien. Le chien le suit depuis son appel sous les armes en 1915. Il devient la mascotte du régiment. Morlac est d’une sincérité désarmante : un homme de la campagne. Il est difficile à juger par Lantier, c’est un héros mais il vomit la nation.
  3. Morlac interrogé, raconte à Lantier les années de guerre : La Somme, les Dardanelles. Le chien l’accompagne jusqu’à Salonique. Morlac refuse les aides que lui apporte le juge. Lantier souhaiterait l’entendre dire qu’il était ivre, ou que sa passion pour son chien l’a poussé à ce scandale. Lantier va interroger Valentine. Il semble déborder d’humanité.
  4. Lantier continue à instruire le cas du soldat. Il veut le sauver pour finir sa carrière militaire le coeur léger. Le fils de Valentine qui a trois ans est aussi le fils de Morlac.
  5. Le chien a un surnom : Guillaume, Lantier continue l’interrogatoire, son évacuation sur Monastir. Lantier se rapproche de Gabarre pour connaître les commérages.
  6. Valentine passe au village pour rencontrer Lantier, le chien est à bout de force, les villageois s’en occupent.
  7. Louis, un jeune sauvageon est interrogé par Gabarre. Il raconte que Morlac a parlé au fils de Valentine. Morlac raconte qu’ilavait prévu d’arrêter la guerre et de fraterniser avec l’ennemi dans les Dardanelles. Mais que la fraternisation tourne au drame à cause du chien.
  8. Morlac et le chien sont blessés lors de l’attaque, Morlac est décoré pour acte de bravoure.
  9. Lantier invite Valentine au restaurant, elle se confie sur Morlac. Au début, Morlac a appris à lire pour lui faire plaisir, preuve d’amour. Il était paysan naïf mais différent. C’est son chien à elle, elle voulait qu’il emmène quelque chose d’elle à la guerre. Il lui écrit toute les semaines. Il a une permission mais revient changé “arbre sans feuille, dur, tout desséché. Il ne sourait plus. Il parlait beaucoup”. Il se pose des questions sur tout : politique, nations, peuples ….elle lui conseille des livres :”Proudhon, Marx, Kropotkine”, puis il part pour l’armée d’Orient. Elle a peur pour lui et reprend contact avec les amis de son père les utopistes : agitateurs socialistes ami de Jaurès. Elle héberge des camarades, Morlac a une permission et se croit alors trahi par Valentine. Il ne la reverra plus jusqu’à la fin de la guerre.
  10. Lantier rencontre Gabarre le maréchal des logis, puis revoit Morlac et lui dit que son combat est une erreur: pourtant il est prêt a être fusillé ou déporté : il veut faire ouvrir les yeux aux gens de la bêtise de la guerre. Lantier lui explique son erreur.
  11. Lantier rentre à Paris avec un cadeau : Guillaume.

Divers :

  • Collection Blanche, Gallimard Parution : 27-02-2014
  • ebook : 2.8 heures de lecture, 27 minutes par session, 330 pages tournées, 2 Pages par minutes
  • Note : ***** (2,5/5)

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