La jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira YOSHIMURA

 

la jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira Yoshimura
la jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira Yoshimura

Akira Yoshimura (吉村 昭Yoshimura Akira) est un auteur japonais, né en 1927 à Tokyo. Ses romans s’inspirent de légendes japonaises (Naufrages) ou bien encore de faits divers souvent liés à la seconde guerre mondiale  (La guerre des jours lointains). Son style d’écriture souvent assez sombre est d’une remarquable précision, presque chirurgicale. Il est décédé le 31 juillet 2006. A reçu de très nombreux prix littéraires. Le roman Liberté conditionnelle a servi de base au film L’anguille de Imamura.

Avis :

Premier livre de Akira Yoshimura que je lit et là … une grande découverte. Deux nouvelles, la première est la plus troublante, fascinante. J’ai eu du mal à lâcher le premier des ces deux récits, je me suis senti comme en apnée, ne prenant ma respiration qu’aux derniers mouvements de Mieko.    L’histoire de Mieko Mizuse d’une jeune fille de 16 ans qui vient de rendre son dernier souffle. Ses sens sont accrus « Son ouïe est pure et pénétrante ». Le ton est léger au dessus des actes de dissections, tel l’âme de Mieko, mais la plume est aussi acéré que les scalpels utilisés.

La mère de Mieko a vendu le corps de la jeune fille à un hôpital universitaire. La vie est rythmée des dissections, éviscérations, entourés d’un professeur en admiration devant un squelette. des employés qui ne peuvent se défaire de l’odeur des cadavres et que leur femme quittent. Le manque d’humanité de la mère est étonnant : n’appellera le médecin qu’à la dernière extrémité,  fait travailler sa fille comme strip-teaseuse (Un métier qui rapporte plus)…

On se prend au jeu, et une dose d’empathie envahit, la douleur qui devrait s’en suivre n’existe pas, elle est non ressentie, sauf par le lecteur. Sa plus grande douleur : le rejet et le déni de ses proches.

Quels qualificatifs : Remarquable, Addictif , Envoutant,  pour cette nouvelle. Je ressors troublé de ce premier roman de Yoshimura, Cette lecture m’a donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur. J’attaque le prochain que l’on m’a recommandé : « Le convoi de l’eau », afin d’approfondir cette première rencontre avec Yoshimura.

Thème : Mort, âme, Stérilité, Suicide

Synoptique:

  • Les infirmiers se dépêchent de livrer le corps avant la rigidité cadavérique. Le corps sera incinéré puis rendu dans deux mois.
  • Le jour suivant, le corps abandonné des viscères poursuit sa « vie », on lui retire le cerveau pour le transvaser dans un récipient cylindrique rempli de formol. Puis son corps est plongé dans un grande cuve avec d’autres corps. Son corps commence à prendre une couleur marron. Il est extirpé et mis sur une table en béton. Le médecin avait voulu son corps est présent entouré d’étudiant. une étudiante également ce qui lui provoque un sentiment de honte : »vanité féminine ».
  • On amène une petite boîte, mais son corps tient dedans, on va l’incinérer puis rendre les cendres aux parents. Elle regarde fascinée la couleur des flammes, « L’intérieur du vase était tiède et confortable. Certains os émettaient encore un bruit léger semblable au cri du ver de terre ». l’urne est mise dans une voiture, passe près de chez Tomio. Sa mère ne veut pas l’urne, se plaint de ne pas avoir reçu assez d’argent de l’hôpital, que déposer l’urne dans un temple lui couterait trop cher. Son urne est déposé dans une petite chapelle ou se trouvent les corps non réclamés. Un calme profond règne : Etait ce la tranquillité de la mort ? Soudain un bruit, un insecte ? les vieux os se décomposaient, une succession ininterrompue, « Mes cendres se blottirent au sein de ces résonances effrayantes ».

Citation:

  • A partir du moment où ma respiration s’est arrêtée, j’ai soudain été enveloppée d’air pur, comme si la brume épaisse qui flottait alentour venait de se dissiper pour un temps. Je me sentais aussi fraîche que si l’on m’avait baigné le corps tout entier dans une eau limpide et pure.

Le sourire des pierres:

  1. Eichi étudiant retrouve Sone, ils se souvient de leur enfance. Ils habitent entre le cimetière et la voie ferrée. Il jouent habituellement dans le cimetière. Des rapports à la mort , une femme pendue dans le cimetière, (Le père de Sone et la jeune domestique entretenaient une liaison se sont jetés sous un train en contrebas du cimetière) . Il raconte à sa soeur sa rencontre.
  2. Sone se rend chez Eichi, celui-ci est absent il laisse un mot lui proposant un travail. Mais sans possibilité de refuser, leur voyage a pour but de voler des pierres tombales: « pierres bouddhiques » , Jizos. Ils se font arrêté par la police, Sone avait fait une tentative de suicide avec une femme mais s’en était sortit. Au retour Sone demande à Eichi si il lui louerait une chambre.
  3.  Sone emménage, il vend les Jizos à des antiquaires. Une fille vient le voir Mineko, puis sa mère qui craint un suicide. La soeur de Eichi est stérile et a été renvoyée par sa belle famille.Obsédée elle fabrique des vêtements pour les donner à un orphelinat.

 

Personnages :

  • Eichi Kitaoka: Etudiant, narrateur
  • Sone Kusuo: Effacé

Divers:

  • La jeune fille suppliciée sur une étagère (少女架刑?), 1959. Actes Sud, 2002, ISBN 978-2-7427-3955-4
  • Babel 773
  • Bibliothèque du KB, 29/03/2014
  • Note : ***** (5/5)

Une réflexion sur “ La jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira YOSHIMURA ”

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