Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki

Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki
Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki

Quatrième de couverture :

Ce recueil comprend deux nouvelles, deux histoires d’amour atteignant des profondeurs de tendresse et de cruauté rarement abordées par la littérature occidentale.
 » L’histoire de Shunkin  » relate la vie de Koto Mozuya, dite Shunkin, fille d’une riche famille d’apothicaires d’Osaka, et son histoire d’amour avec Sasuke, qui fut son serviteur, son élève et son amant durant toute sa vie.
« Ashikari  » est l’histoire de Oyu, jeune veuve ayant l’interdiction de se remarier afin d’élever son fils, et de Serizawa, épris l’un de l’autre mais contraints de ne partager qu’un amour platonique. Oyu persuade sa jeune sœur Oshizu d’épouser Serizawa, qu’elle aura au moins comme frère, et, devinant ses sentiments, celle-ci accepte volontiers pour rendre sa sœur heureuse.

Thème : amour, domination, infirmité, aveugle, jalousie

L’histoire nous est contée par une personne qui se rend dans un cimetière à la recherche de la tombe de Koto Mozuya, elle ne se trouve pas avec les autres stèles de la famille Mozuya. Et pour cause : ce narrateur va nous raconter l’histoire de Koto et de Sasuke: Une histoire d’amour cruelle.

A neuf ans, suite à une maladie Shunkin (Koto)  perd la vue. Elle abandonne la danse pour se consacrer aux instruments à corde. Fille préférée de ses parents, elle est particulièrement doué au Shamisen. Un jeune apprenti Sasuke devient son guide attitré. Il deviendra bien plus que son guide. Une relation multiple va s’initier entre ses deux personnes : Domestique/Maître, Elève/Professeur, Amants…. Sasuke supportera toutes les caprices de sa maîtresse par amour.

La seconde nouvelle est « Ashikari : une coupe dans les roseaux », qui se trouve également sous le nom « Le coupeur de roseaux, le traducteur est Daniel Struve, et dans la première édition Kikou Yamata. Ce qui nous donne deux traductions complètement différentes.

C’est en plus avec un grand plaisir que l’on peut lire une préface de Henry Miller qui a un faible pour la littérature japonaise. Je le cite : » Nous suivons ces récits tragiques avec notre coeur, plus qu’avec nos entrailles, car par la conduite des amants elles atteignent à des profondeurs de tendresse et de cruauté que la littérature occidentale n’a presque jamais atteintes ».

  • L’étrange spiritualité de Shunkin aveugle charme Sasuke, un apprenti. Il devient à 14 ans il devient son guide attitré. Plus que son guide : il se plie à une servitude amoureuse.
  • Sasuke est en apprentissage chez les Mozuya, à l’écoute des leçons de Koto ou de Shamisen il se prend à aimer la musique . Il apprend secrètement le shamisen dans un placard (dans l’obscurité pareil à Shunkin).
  • Shinge entend un soir d’hiver le bruit du shamisen, mais ne sait qu’y joue. Sasuke (15 ans)  est finalement découvert et doit jouer devant la famille Mozuya. Shunkin (11 ans) se propose de lui donner des cours contre l’avis de son père. L’apprentissage de Sasuke était sur le commerce et non sur le Shamisen. Des mois puis des années passent. Shunkin qui se montre d’une grande sévérité envers son élève y prend de la satisfaction (un plaisir inavoué).
  • Gratitude, dette de reconnaissance , il supporte la sévérité de Shunkin.
  • Les parents sont témoin de la méchanceté de Shunkin. Elle a maintenant 17 ans, et ils envisagent de la marier à Sasuke ( à cause de sa cécité). Elle refuse tout d’abord puis …. elle tombe enceinte mais ne dévoile pas le nom du père. On interroge Sasuke qui ne sait rien (mais les parents ont des doutes). Ils re questionnent de nouveau Shunkin : »Votre compassion me touche, je n’accepte pas l’humiliation de prendre pour mari un homme de basse condition ».  Shunkin accouche, l’enfant ressemble à Sasuke mais tout le monde nie. Les parents veulent faire adopter l’enfant .
  • Le bébé est adopté. La relation équivoque se poursuit serviteur/maîtresse, condisciple, amants.  Son professeur de musique meurt, elle ouvre alors son école accompagné par son serviteur Sasuke.
  • On insiste sur la propreté, le gout du luxe, de la beauté. Elle ne présente ni honte ni pudeur devant Sasuke qui pourvoit à ses soins.
  • Shinkun le traite comme un esclave , elle a une passion pour les oiseaux, un rossignol. Elle dépense sans compter pour ses plaisirs.
  • Shunkin pu vivre avec abondance grâce à l’affection et l’argent que lui donnait ses parents, mais ceux-ci viennent à mourir. On la trouve plutôt sadique, elle perd ses élèves. ceux qui restent sont surtout là pour sa beauté.
  • Elle se met alors un élève à dos, Ritaro. Etant de nature orgueilleuse et arrogante, elle finit par s’attirer des problèmes.
  • Elle se fait ébouillanter par un voleur, puis Sasuke devient aveugle suite à une cataracte. Maintenant défigurée, elle souhaite que plus personne ne puisse voir sa beauté disparut, même Sasuke.

Personnages :

  • Shunkin : Koto Mozuya, fille d’un apothicaire d’Osaka. Décédée le 14 Octobre 1887 à 58 ans, très belle, très doué dans les arts de la danse
  • Shinyo Kindai Shinshi, Nukui Sasuke dit Kindai décédé le 14 Octobre 1887 à 83 ans. Musicien aveugle
  • Vieille femme de Haginochaya : se rend sur la tombe de Shunkin 1 à 2 fois dans l’année
  • Yasuzaemon : chef de la famille Shunkin, père de Shunkin
  • Shigé sa mère eut 2 fils et 4 filles; Shunkin est la cadette
  • Shunsho : le professeur de musique, meurt l’orsque Shunkin à vingt ans
  • Ritaro : fils d’un marchand, libertin

Citations :

  • En plus de leurs rapports de maîtresse à serviteur, se nouèrent les liens qui unissent l’élève à son professeur.(42)
  • Autrefois, pour former les jeunes artistes, les professeurs se montraient d’une sévérité inimaginable, allant jusqu’au châtiments corporels.
  • « Notre maîtresse prétend que les alouettes et les rossignols lui sont plus dévoués que nous, disaient-ils. Ce n’est pas étonnant : ne les traite-t-elle pas mieux que nous ? « 
  • On assure même que sa méchanceté était intentionnelle et tendait à décourager ceux qui ne songeaient pas à travailler vraiment et que seul poussait chez elle le désir qu’elle leur inspirait… Les coups de la belle aveugle leur procuraient sans doute une étrange volupté ; il devait y avoir du Jean-Jacques Rousseau chez certains….

Divers :

Publié en 1933. Edition Stock, préface de Henry Miller

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