Nagasaki d’Éric Faye

Nagasaki d'Eric Faye
Nagasaki d’Eric Faye

Quatrième de couverture :

Clandestine depuis un an Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence.

Thème : japon, société, solitude, exclusion, empathie, intégration

Critique

Je découvre tardivement ce court roman, Grand prix du roman de l’académie Française 2010, Nagasaki est une histoire courte, très courte.
La narration est effectuée par deux protagonistes, à travers leur improbable relation. l’histoire s’effectue tout d’abord du point de vue d’un cinquantenaire seul (célibataire), sans aspérité :  « l’homme des masses » qui habite une maison à Nagasaki. Il a une vie paisible, sans vague, mais une petite contrariété arrive. Il commence à avoir des soupçons : quelqu’un se sert dans sa cuisine ! Pourtant, il part tous les matins au travail en fermant sa porte à clé derrière lui. Il installe une webcam pour débusquer l’intrus.
Et ce qu’il découvrira va le déstabiliser, joie, étonnement, empathie, puis apparaît un soupçon de compassion sur cette inconnue.
Puis c’est l’histoire d’une chômeuse de longue durée, d’une durée si longue qu’elle était arrivée en  fin de droits, et qui avait du tout abandonner, pour se métamorphoser en petite souris.
Cette rencontre qui va avoir lieu entre ces deux personnages est la rencontre de deux solitudes, peut-être même de deux exclusions : une involontaire, une par dépit,  l’autre par une sorte d’évanouissement vis à vis de ses proches, par incompréhension envers ses collègues.
Cette histoire vraie,  ne laisse pas indifférent. Elle commence sur un ton humoristique, mais s’enfonce rapidement dans la réalité, un peu sordide d’une exclue de la société.  Le sujet est intéressant, l’histoire se passe à Nagasaki, mais pourrait se passer dans n’importe quelle autre métropole. J’aurais aimé connaître la suite de ces vies : celle de Shimura Kobo.

Citations

  • La peur de devoir soutenir le regard de ma clandestine. A moins que son absence n’ait accentué le sentiment d’incomplétude qui empoisonne mes jours.
  • Elle vivait chez vous depuis l’automne dernier. Et si, pendant longtemps, vous n’avez rien remarqué, c’est qu’elle avait élevé la discrétion au rang d’art de la survie.
  • Pauvre Tanabe ! Bientôt, tu seras accueilli au nirvana et  tout ira mieux, tu verras: ils ont installé à l’entrée un stand de gambas frites ou tu goinfreras à l’oeil et là, pas trop d’huile. (En parlant du régime du centenaire)
  • Non pas l’oubli de cette pauvre femme qui ne m’était rien. Mais celui de mon existence entière dont se dévoilaient tout d’un coup les dénuement et l’aridité. Aucune ambition n’y poussait plus depuis longtemps, aucune espérance non plus. Cette femme était à maudire. A cause d’elle, le brouillard s’était levé.
  • La femme d’aujourd’hui sait qu’il ne faut pas laisser les souvenirs rebondirs dans le palais des miroirs; ils deviendraient fous, comme une mouette qu’on enferme par mégarde dans une salle.

Lexique :

  • amphigouri : ‘comprenant l’amphigouri que je leur infligeais’ : Production intellectuelle confuse et incompréhensible; éloquence pompeuse et embrouillée.
  • esbigner : ‘la forme que j’avais entrevue s’était esbignée par une fenêtre’, se sauver
  • dextre : ‘comme s’il n’avait pas de dextre’ : le côté droit, par rapport au personnage qui est supposé le porter.
  • kami : Divinité, dans la religion shintoïste

Divers :

  • GRAND PRIX DU ROMAN DE L’ACADEMIE FRANCAISE 2010.
  • Cite Ranpo Edogawa : homme qui vit clandestinement à l’intérieur d’un canapé « La chambre rouge »
  • Ebook, Paru en 08/2010, 2 heures de lectures, 207 pages tournées, 1.7 pages par min environ
  • Note : *****

Une réflexion sur “ Nagasaki d’Éric Faye ”

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