Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Le meurtre d'O-Tsuya de Junichorô Tanizaki
Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Thème : amour, manipulation, perfidie féminine

Résumé :

  1. L’histoire débute dans la maison d’un prêteur sur gage, Shinsuke tient la maison alors que les patrons sont absents. Il est amoureux de leur fille, mais  la différence de milieux rend la liaison ou un mariage impossible. O-Tsuya le charme, lui propose de fuir ensemble. Shinsuke tente de résister, sachant qu’il doit tout à la famille de O-Tsu. Seiji ami de la famille d’O-Tsuya, qui côtoie les quartiers des plaisirs connaît la très grande beauté O-Tsu, il découvre leur amour et leur propose de jouer l’entremetteur. Le couple se réfugie alors chez Senji  qui leur promet de veiller sur eux jusqu’à ce que leurs familles respectives acceptent de consentir à leur mariage.
  2. Hébergé chez Seiji, Les jours passent bientôt une année, rien ne se passe concernant les prémisses des négociations en vue d’un mariage. O-tsu change auprès des geishas qu’elle côtoie, elle se plait dans ce milieu. Seiji annonce un entretien entre Shin et son père, O-Tsu veut être présente, mais Santa refuse ne voulant pas désobéir aux ordres Seiji. Santa et Sshinsu arrivent en retard au rendez vous. Seiji le saoule puis s’en va prétextant un rendez vous. En rentrant Santa tente de le tuer sur ordre de Seiji, mais il se fait occire par Shinsuke.  Il part à la recherche de O-Tsu, mais il ne trouve que la maîtresse de Seiji, tente d’obtenir des informations, mais celle-ci se moque. Il l’étrangle.
  3. Kinzo héberge Shin celui-ci lui narre ses péripéties, il promet de se livrer aux autorités une fois qu’il aura retrouvé et sauvé O-Tsu.Kinzo fait recherché O-tsu, il la retrouve, elle se fait appeler  Somekichi et travaille comme geisha. Shin parvient à la rencontrer, ils se racontent leurs mésaventures : kidnappé par Seiji, qui la courtise sans succès, puis racheté par Tokubei elle devient Geisha. Shin lui explique qu’il a tué deux personnes. Il souhaite expier ses crimes et que O-Tsu rentre auprès de sa famille, voir son père souffrant. O-Tsu ne désire pas quitter sa vie actuelle, ils se donnent trois jours ensemble avant de se quitter, puis O-Tsu embrouille Shin avec un rendez vous qu’elle doit honorer.
  4. O-Tsu et Tobukei font prévoient d’extorquer une personnalité de haut rang, Shin doit les retrouver déguisé. Il a encore des remords. Le plan ne fonctionne pas, Shin arrive à les sauver. On s’aperçoit alors de la vraie nature de O-Tsu.
  5. Scène finale : Kinzo vient rappeler sa promesse à Shin, Seiji se rapproche de O-Tsu …

Critique

J’ai lu avec plaisir ce petit roman de Tanizaki, qui traîne du désir, de l’amour et de la perfidie féminine. Cet amour porté par le jeune  Shinsuke le mène à commettre les pire méfaits afin de se rapprocher de l’être aimé O-Tsu. Ici l’amour rend bien aveugle, et fait oublier à Shinsuke toutes ses promesses, ses principes, ses valeurs. Naïf et aveuglé par son amour pour celle-ci. Shinsuke multiplie les méfaits, le rythme s’accélère au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture : « Il ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre ».

je m’interrogeais pour savoir jusqu’à quelle ruse peut aller la nature de O-Tsu pour sauvegarder ses intérêts, et manipuler Shinsuke… Bref une histoire d’amour tragique, de trahison et de jalousie, la fin évidemment n’a pas énormément de suspens.

Personnages

  • Harugorô : poissonier
  • Suruga-ya : prêteur sur gage à Tachibana
    • O-Tsuya : (O-Tsu) fille de la maison, très jolie, capricieuse
    • Shinsuke : (Shin) Garçon en apprentissage,
    • O-tami : servante
    • Shôta : commis, s’occupe des clients du magasin

    Seiji : chef d’une entreprise de batellerie, adepte du quartier des plaisirs

    • Santa : homme de main de Seiji (second couteau)
    • O-Ichi : sa troisième femme
  • Tokubei : Tenancier d’un établissement de Geisha
  • Kinzô : Relation du père de Shin, joueur professionnel
  • Serizawa : Guerrier de haut-rang
  • Sunamura : Relation de Tokubei

Citation :

  • Le corps de Santa, qui, à peine quelques instants plus tôt, riait, se fâchait, se démenait, était bizarrement silencieux, échoué là comme un débris de bois, et quand il se mit à tâter le bout des orteils, ce fut à la fois effrayant et ridicule. Ainsi, se dit-il, ce qu’on appelle un être humain peut être aussi pensé comme une ingénieuse machine aux curieux ressorts.
  • Non, il n’y avait rien qui surpassât l’état de geisha! Quoi de plus rafraichissant que de mener en bateau quelque jobard qui se laissaient plumer ! (77)
  • Shinsuke ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre.(112)

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