La proie et l’ombre de Rampo Edogawa

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Quatrième de couverture

Dans ce roman, où il est le narrateur, il va « dénouer » les fils d’une intrigue bien complexe et bien pensée. Un auteur de thriller, comme lui, menace de mort son premier et seul amour, épouse d’un riche notable, qui, plusieurs années auparavant, se rendant compte qu’elle ne l’aimait pas, avait fui cet homme qui la harcelait. Edogawa Ranpo va donc accepter d’aider cette femme.

Critique :

Ce court roman est une petite merveille, Ranpo Edogawa nous berne subtilement avec sa narration fluide et détaillée via une enquête à rebondissements multiples, pour se permettre de remettre en cause les propres certitudes du lecteur. La fin du roman nous plonge dans une quête de la recherche de la vérité, d’une autre vérité, et dans la recherche de preuves tangibles qui nous libérerait d’un doute.

La mise en scène de fantasmes et d’obsessions : voyeurisme, sadisme, perversions sexuelles sado-masochiste font de ce petit roman un véritable bijou.  Retrouve-t-on une perversité typiquement japonaise, mais j’ai particulièrement apprécié comment la  belle et jeune veuve donne la cravache au narrateur pour alimenter leurs relations intimes …

Résumé :

1.Le narrateur rencontre au musée impériale de Ueno une magnifique jeune fille, la conversation s’engage maladroitement puis naturellement, elle est amatrice de roman policier. Une relation épistolaire suit alors, des courriers sont échangés ….

2. Le narrateur poursuit des relations pendant plusieurs mois secrètement, mais Shuzuko l’appelle une première fois, elle souhaiterait connaître l’adresse de l’écrivain Oe, puis une autre fois de façon plus pressante, elle court un danger et met dans le secret le narrateur, Ichiro Hirata un ancien ami / amant dont elle avait rompu est en fait Shudei Oe (nom de paille) et lui écrit une lettre de menaces lui parlant de la souffrance qu’il a subit d’être rejeté par Shuzuko et des vengeances qu’il prévoit.

3.Le narrateur se trouve en compétition avec Oe concernant les romans. Oé est marié, il déménage souvent et vit de la façon d’un ermite. Honda qui l’a rencontré le décrit comme un type énorme, bouffi, des yeux vitreux tel ceux d’un noyé. Il croit même l’avoir rencontré, habillé en clown distribuant des publicités, reconnu il s’est sauvé. Le narrateur décidé d’allé visiter le dernier quartier connu de Oe Sakuragi.

4.Le  narrateur visite le quartier, Oe a déménagé aucun des voisins n’a d’informations. Il demande à son ami Honda de rester en a. Shizuko l’appelle, quelque chose de grave est arrivé, elle souhaite que je passe car son mari est absent. Shizuko a reçu une nouvelle lettre de Oe. Une lettre de menace qui met Shizuko dans un état de paranoïa.

5. Shizuko semble avoir entendu un bruit, tel dans un roman de Oe « Le jeu du grenier », il monte vérifier et découvre qu’une personne était bien caché dans le grenier, il découvre également un bouton RK BROS CO. Quelques mesures sont prises Mais deux jous plus tard mourrait Rokuro Oyamada.

6.Le corps ou plutôt la tête est découverte flottante dans le trou d’eau des cabinets, puis il est remonté nu affublé d’une perruque. Une protection est mise en place par la police pour protéger Shizuko.

7.Durant les semaines suivantes, aucune trace de Oe, ni de nouvelles lettres de menace. Honda fait ses recherches et lance ses investigations sur des forains, le spectacle de l’homme sans tête, mais sans succès. Il fait également des recherches sur la perruque, il trouve l’artisan qui l’a fabriqué mais pour protéger la calvitie de Rokuro. Mais Shizuko ne l’avait jamais vu porté de perruque !! Mystère. Les relations du narrateur avec Shizuko se renforcent. Il découvre une cravache, Rokuro avait-il des relations SM avec Shizuko comme le prouve les zébrures qu’elle possède dans le dos ?

8.La cérémonie du premier mois de deuil à lieu, la première étreinte baiser a lieu avec Shizuko, après qu’elle ait sembl » aperçu quleque chose de suspect par la fenêtre. Mais le narrateur rentre quand même en taxi. Il se trouve que le chauffeur porte des gants dont un des boutons manque. Il s’agit du bouton retrouvé dans le grenier. Le chauffeur que c’est justement M Oyamada qui lui ai donné.

9.Le narrateur dénoue peu à peu les mystères, il se rend compte que  Rokuro est au courant des anciens amours de sa femme Shizuko, des parutions et des nouvelles de Oe, et tous les mystères se ramènent à la sombre machination de Rokuro

10.Le narrateur raconte son mémoire des faits à Shuzuko, puis ils tombent dans les bras l’un de l’autre : amant, Shuzuko apporte même la cravache pour être flagellé. Mais les preuves sont trop parfaites,  une différence de date apparaît entre la découverte du bouton du gant et du nettoyage du grenier.

11. et 12. Le narrateur parvient à dénouer le mystère …

Personnages

  • Shudei Oe : Auteur à succès de roman policier, histoires de crimes pervers , nom de plume
  • Ichiro Hirata : Amoureux malheureux de Shizuko, a pris pour nom d’emprunt Shudei Oe
  • Honda : ami du narrateur, travaille pour une émission d’édition, a rencontré Oe
  • Rokuro Oyamada : mort violente
  • Shizuko Oyamada : épouse de l’homme d’affaire, amatrice de roman policier
  • Itosaki : procureur, chargé de l’affaire
  • Hideko Hirayama : romancière spécialisée dans les polars, mais en fait un homme
  • Ranpo Edogawa : Le narrateur lui même

Citations

  •  Aussi incroyable que cela nous puisse paraitre , ce mélange d’apparente vertu et de vice secret dans le cœur d’un même homme n’est pas tellement exceptionnel . Ne dit-on pas d’ailleurs que c’est souvent chez l’homme de bien que le démon s’introduit le plus facilement
  • Je m’explique. Mon intention première était de t’ôter la vie à petit feu en te harcelant et en te terrorisant sans répit. Le spectacle de ton bonheur conjugal m’ donné envie de faire d’abord disparaitre, sous tes yeux, ce mari que tu chéris tant , et de m’occuper de toi qu’après t’avoir fait goûter cette rare douleur. L’efficacité de la démarche m’a séduit. Ma décision est prise.
    J’ai tout mon temps, je ne suis jamais pressé. Il serait dommage de mettre déjà en oeuvre l’opération suivante alors que cette lettre que tu tiens entre tes mains commence à peine à produire ses effets dévastateurs.

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